Archives quotidiennes : 9 décembre 2014

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Au revoir Hampi

Juste avant de quitter pour aller prendre le train qui nous mènera vers Mysore, nous avons fait un dernier tour dans Hampi Bazaar.

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Dans le temple Virupaksh, les pèlerins se préparent à passer la nuit sur place. Nous en sommes à la deuxième journée des célébrations de la pleine lune de décembre et les participants n’ont pas le temps de retourner dans leur village.

 

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Voici pour vous faire vivre l’ambiance du temple

Quant à nous nous poursuivons notre route vers Mysore qui est à 12 heures de train plus au sud.

 

 

La campagne de Hampi

« Demain vous voulez voir les temples de l’autre côté de la rivière? » « Non Vinay, nous avons déjà vu beaucoup de temples. Nous voulons voir des villages, tu peux nous emmener en rickshaw? »

Et il nous a invité chez son grand-père dans un joli petit village. La famille habite dans une maison solide, avec un petit jardin en avant. Ils sont plusieurs: les grands-parents, deux frères de son père et l’épouse de l’un d’eux. La tante a permis à Robert de photographier la cuisine pendant qu’elle nous préparait le thé.

L’oncle a une formation paramédicale et il soigne les gens pour des maux qui ne nécessitent pas d’intervention chirurgicale. Des infections, les grippes et parfois la malaria, l’été. Il soigne et prescrit des médicaments au besoin. Il a essayé de m’expliquer davantage ce qu’il faisait mais son anglais ne suffisait pas. « Vous devriez apprendre le Kanara, je pourrais mieux vous expliquer. C’est une langue facile, vous devriez apprendre. » Il avait raison mais il ne sait pas que nous visitons plusieurs états et il avait oublié qu’il y a tant de langues parlées en Inde!

Puis l’oncle a sorti l’album de photo de son mariage et là il a trouvé les mots pour m’expliquer le sens de la cérémonie. La mariée était belle et je lui ai dit ce qui nous a valu un sourire radieux de sa part! Le thé était bon et nous étions bien.

L’oncle a demandé à Vinay d’aller lui chercher quelque chose. Celui-ci est revenu avec un autre album. Je ne comprenais pas…un autre mariage? Et l’oncle qui insistait en me montrant les deux mariés. C’était lui mais pas avec la même femme! Tout le monde riait en voyant ma tête. « Vous avez deux femmes? » « Oui » me dit-il en riant. C’est là que la tante lui a donné une petite tape sur l’épaule en fronçant les sourcils. Elle nous a expliqué que la première femme est tombée malade et que son mari a pu avoir la permission de se remarier car il voulait des enfants. Il a donc épousé la sœur!

Vinay a nous dit que sa tante n’était pas trop contente que son mari nous montre le deuxième recueil de photos et nous avons tous choisi de taquiner l’oncle d’avoir fait fâcher sa femme. Le rire est de nouveau au rendez-vous. Mais j’ai bien vu que l’oncle regardait les photos de sa première épouse avec beaucoup de tendresse…Vinay nous a expliqué plus tard que la première femme a eu une attaque de polio et qu’elle ne pouvait plus avoir d’enfant, elle est donc retournée vivre chez ses parents. Ce qui a expliqué la permission spéciale de se remarier.

Puis nous avons repris la route après avoir remercié le grand-père de nous avoir reçus…

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Sur le chemin du retour nous avons vu des paysages magnifiques, des rizières, des bananeraies, des champs de canne à sucre.

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Vinay nous a montré des campements de personnes dont le métier est la récolte de la canne à sucre.

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Ils installent des camps rudimentaires le temps de la récolte et ils repartent ailleurs vers un autre cultivateur lorsque le travail est terminé.

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Nous avons chaudement remercié notre chauffeur de rickshaw pour ce qu’il nous a fait fait voir lors de notre escapade à la campagne. Encore une fois, nous nous sommes sentis privilégiés.

Histoire de Hampi Bazaar

Vinay, notre chauffeur de richshaw nous a fait faux bond pendant quelques heures pour aller manifester à Hospet la ville voisine, devant les édifices gouvernementaux. Une partie de la population dont les chauffeurs de richshaws veulent interdire les motocyclettes à Hampi. La raison qu’il m’a donnée est le nombre d’accidents causés entre autres par les touristes. Plusieurs d’entre eux décèdent ou sont blessés sévèrement. Les chauffeurs de richshaws ont très certainement d’autres raisons plus mercantiles mais bon, il est vrai que les routes sont très accidentées et dangereuses. La conduite en Inde est très hasardeuse alors imaginez lorsqu’un chauffeur oublie qu’en Inde la conduite est à gauche de la route!

Qu’elle ne fut pas notre surprise lorsque nous sommes revenus de nos visites des temples d’être arrêtés par un policier pas souriant du tout et de ne pouvoir entrer dans la ville en richshaw! Celui-ci a dû être stationné à la porte d’entrée du village et nous avons dû rentrer à pied. Ce n’est pas grave pour nous car Hampi est très petit mais Vinay nous a expliqué que certains policiers prennent le parti des motocyclistes et interdisent l’entrée de richshaw par représailles à la manifestation à Hospet. Il ajoute le sourire en coin qu’il attendra quelques jours et qu’il fera une autre manifestation pour permettre le passage des richshaws dans Hampi! Pour l’instant je le soupçonne de faire des contacts avec d’autres policiers que supportent la cause des chauffeurs.

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Le village de Hampi Bazaar a une histoire un peu spéciale…Suite à la destruction du royaume des rois Indous, la cité a été abandonnée. Graduellement les descendants se sont construit des maisons sur les lieux des temples. En 2012 une partie des maisons construites près du temple Virupaksh ont  tout simplement été rasées pour permettre de rėnover celui-ci. Des centaines de familles ont donc dû se relocaliser très rapidement. L’histoire ne me dit pas si les indemnisations promises ont été versées les barrières de la langue ne me permettant pas ces précisions.

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Aujourd’hui encore plusieurs familles habitent toujours Hampi Bazaar et vivent entre autre du tourisme. Vinay nous a expliqué que plusieurs commerçants qui ont pignon sur rue ne tiennent que des commerces saisonniers. Ils viennent à Hampi pendant la haute saison puis repartent vers d’autres régions où le commerce sera plus profitables pour eux. C’est leur mode de vie et leur façon de gagner leur pain. Nous pouvons donc penser que les produits que nous voyons ici sont destinés aux touristes, qu’ils ne proviennent pas de la région et qu’ils coûtent plus cher.

Vinay a ri devant mon hypothèse et a fait son petit signe de tête…j’avais raison.