Archives quotidiennes : 9 décembre 2015

Ho Chi Minh la mal aimée

« Il n’y a rien à faire à Ho Chi Minh! Il n’y a pas grand chose à voir. » Je peux comprendre dans le cas où une personne n’a pas beaucoup de temps ou qu’elle n’aime pas les grandes villes. Ho Chi Minh demande à être apprivoisée.

Juste le nom stimule l’imagination et nous tenons à visiter cette ville. Nous prenons donc l’avion de Da Nang vers Saïgon, l’ancien nom de la ville d’Ho Chi Minh appelé aussi HCMC. Plusieurs Vietnamiens utilisent encore l’ancien nom à ma grande surprise.

Bien sûr, elle est très différente de Hanoï la capitale nationale qui elle, a gardé son caractère plus traditionnel, voire romantique, avec ses anciens quartiers malgré la modernité de ses services et son économie florissante. Un beau contraste, vous l’avez senti dans nos propos.

Ho Chi Minh elle? Bien difficile à décrire. Bruyante, certes. Chaotique, agitée, effervescente. Elle a vu son économie augmenter considérablement depuis les dernières années. La circulation y est extrêmement dense. Je n’ai jamais vu autant de motos arrêtées à un feu rouge. Une mer de motos! Conduites par des personnes qui portent un masque de tissu et parfois un chandail malgré la chaleur pour se protéger du soleil et de la poussière. Et oui, j’ai bien dit feu rouge. Il arrive que la circulation arrête aux feux rouges, pas immédiatement mais une partie du flot de motos, de vélos et d’automobiles s’arrête, sauf ceux qui tournent et les autres…Il faut donc bien regarder avant de mettre le pied dans la rue même si un signe lumineux nous dit que c’est le tour des piétons. Ici, le piéton n’est pas le roi, des motos circulent souvent sur les trottoirs, principalement à l’heure de pointe alors que des milliers d’autres motocyclistes attendent leur tour au feu rouge…En empruntant le trottoir, parfois spacieux, il faut se déplacer à travers les milliers d’autres motos stationnées devant les commerces. En fait, en raison de la densité de sa population, Saïgon est la ville de la moto. Plus de 8 millions d’habitants qui doivent se déplacer…c’est à considérer.

Nous n’avons pas le temps de faire le tour de tous les quartiers et nous nous limitons au quartier 3 au nord du centre-ville, au quartier Pham Ngu Lao, le quartier des routards et du marché Ben Thanh et au centre-ville avec ses grands boulevards et son architecture coloniale. Nous longeons de grands parcs avec une verdure luxuriante et fleurie. Vous avez compris que circuler à pied est un peu ardu mais nous marchons quand même. Il y a tant de choses à voir en déambulant les rues! Nous acceptons d’aller moins vite mais avec prudence. Quant aux visites, nous nous limitons à la Pagode de Jade, au bureau de la poste centrale et au musée de la ville de Ho Chi Minh.

Je dois bien vous l’avouer, HCMC est extrêmement chaude et nous en profitons pour visiter quelques Cafés pour échantillonner le goût du café Vietnamien, que j’adore en passant, et regarder vivre les gens. Robert choisit toujours un cappucino. Un bon café noir glacé avec juste un peu de sucre me convient très bien par un bel après-midi chaud du sud du Vietnam. Je m’y sens très bien pour écrire. Nous y retrouvons un clientèle jeune et dynamique. Allumée, de plus en plus instruite et munie d’appareil électroniques qu’elle utilise abondamment. Je dois préciser que depuis notre arrivée au Vietnam, nous sommes impressionnés par la qualité et la vitesse du système Wi Fi. Il y en a partout et même dans la rue de certains quartiers de Saïgon.
Au centre-ville, nous observons une population plus à l’aise, qui fréquente des centres d’achats modernes établis dans des maisons anciennes rénovées pour la cause. Les jeunes filles au Vietnam sont jolies, minces et bien habillées. Elles portent souvent de belles robes, simples mais qui leur vont tellement bien. Fières, elles les portent même à moto avec des talons hauts! Je n’en reviens pas des vêtements dans les boutiques. D’une belle coupe et bien confectionnés.. Cela m’aurait donné le goût de magasiner si je n’avais traîné ma garde-robe de ville en ville. Nous regardons toute cette belle jeunesse animée, souriante et pleine de promesses d’avenir, nous leur souhaitons le meilleur.

Bien sûr au marché ou sur la rue c’est différent. Ils s’adressent à une autre clientèle. À Saïgon, il existe toujours des classes sociales pour qui se nourrir et se loger demeurent de grands défis. Pour plusieurs, le salaire moyen mensuel est peu élevé malgré les longues heures de travail. Nous savons bien que Saïgon a bien d’autres visages et que la pauvreté est au rendez-vous…nous le voyons bien lors de notre trajet en autobus en traversant d’autres quartiers. Je suis très impressionnée par cette population qui travaille fort et qui se déplace avec beaucoup d’énergie malgré la chaleur. Personne n’est inactif derrière son comptoir. Il faut replacer les objets déplacés, épousseter, ranger le nouveau matériel, balayer devant le commerce…Il nous est très rarement arrivé d’avoir un mauvais service parce que l’employé était occupé avec son cellulaire.

À Ho Chi Minh, nous prenons notre temps et planifions le reste de notre voyage au Vietnam et notre entrée au Cambodge. Et nous prenons aussi le temps d’essayer de beaux restaurants où nous mangeons super bien à des coûts bien raisonnables et parmi une population Vietnamienne, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Nous aimons ce peuple.