Archives quotidiennes : 30 décembre 2015

Les temples d’Angkor, se laisser apprivoiser

 

C’est avec un peu d’appréhension que nous entreprenons la visite des temples d’Angkor. Pourquoi? Bien sûr, voir Angkor fait partie de mes rêves et de mes souhaits depuis un bon moment déjà. Mais nous avons visité tant de beaux sites archéologiques depuis que nous voyageons Robert et moi! Les vieilles pierres et leur histoire nous fascinent. Les travaux des grandes civilisations ne cessent de nous épater. Est-ce que les temples de Angkor seront à la hauteur de ceux d’Ayuthaya en Thaïlande, des ruines du Mexique et de l’Amérique centrale ou des temples à couper le souffle du Tamil Nadu?

Nous décidons cependant de garder l’esprit bien ouvert, d’effectuer nos lectures et de nous laisser bercer par la découverte de ces temples, certains lovés en pleine jungle. Préparés à avoir chaud et à faire les visites parmi une mer de touristes, nous louons les services d’un chauffeur de tuk tuk par le biais de notre hôtel à Siem Reap. Si nous l’aimons, nous le reprendrons les jours suivants.

Le coeur me débat un peu en achetant nos billets pour trois jours. Prévoyant attendre en file, je suis surprise de la rapidité avec laquelle notre photo est prise et le billet imprimé. Monsieur Kong, notre chauffeur, nous prête une petite protection plastifiée pour nos billets. Nous la passons autour de notre cou.  La validité de nos billets sera vérifiée à l’entrée de chacun des temples ainsi que notre habillement qui doit nous recouvrir suffisamment. En effet, plusieurs de ces temples sont toujours utilisés comme lieux de culte. Respect oblige.

Le premier jour, nous visitons de plus petits temples. Nous sommes heureux et reconnaissants de découvrir Angkor mais la magie ne monte que lentement. Angkor prend son temps pour nous apprivoiser. C’est au fil des lectures que nous comprenons que plusieurs temples sont en fait des nécropoles. Pre Rup par exemple.

C’est au dernier temple de la journée, le Preah Khan, que la magie nous emporte. Plus grand, plus majestueux il nous séduit.

La cité abritait un monastère, une université bouddhique et des résidences de villageois tout autour. Les restes des maisons de bois et de bambou ont depuis longtemps disparu mais une bonne partie des constructions de pierre demeurent. Nous pouvons même encore arpenter les couloirs et imaginer la vie à cette époque où presque 100,000 personnes vivaient autour de cette immense cité. Imaginez le nombre de serviteurs requis pour l’entretien!

Même si la plupart des statues ont ėté volées ou placées dans des musées et que la végétation a repris ses droits, Preah Khan est très impressionnante. Des amoncellements de pierres disséminées dans les galeries laissent présager un immense casse-tête pour les travaux qui restent à accomplir.

Nous commençons à mieux connaître cette civilisation et je réalise que les jours de fête, les statues des divinités étaient décorées d’étoffes soyeuses et de bijoux. Assis dans un coin tranquille nous rêvons à toute cette population qui y vivait et les activités qui devaient animer les recoins de cette cité antique. Notre coeur vibre…

En fin de journée, nous observons le coucher de soleil du haut du Phnom Bakhèng en compagnie de plusieurs centaines de personnes. Notre chauffeur de tuk tuk nous a bien guidés. Arrivés tôt, après vingt minutes de marche dans un sentier qui mène au sommet de la montagne, nous n’avons aucune difficulté à obtenir un laisser-passer spécial et à monter la volée d’escaliers pour accéder au temple. Seulement 300 de ces permissions seront délivrées et à notre descente, au coucher du soleil, des centaines de personnes attendent leur tour. Nous remettons notre laisser-passer qui est immédiatement assigné à quelqu’un d’autre. Pour plusieurs d’entre eux il sera trop tard. Encore une fois, nous sommes chanceux. Merci monsieur Kong!

Sur le chemin du retour vers l’hôtel, notre chauffeur pointe de grandes structures en passant. « Tomorrow » dit-il à plusieurs reprises en riant. Il sait comment nous mettre en appétit! Et cela fonctionne. Nous sommes fourbus, les vêtements collés au corps mais heureux d’être à Angkor. La cité antique a gagné notre coeur et nous a apprivoisés.