Flores, ville du Petén.

Flores assure un point de chute intéressant pour visiter Tikal et les autres sites archéologiques du Petén. Elle est divisée en deux sections, l’île de Flores et Santa Elena. La plupart des touristes choisissent de séjourner sur l’île. Les commerces, l’hébergement et les restaurants n’y manquent pas. Le soir, les tuk tuk n’ont plus accès aux rues. Seuls les taxis peuvent y circuler. Mis à part les bars situés près du pont qui sépare l’île de Santa Elena, les rues sont paisibles. L’île est très jolie.

Santa Elena, quant à elle, n’offre rien de particulier, elle n’est pas prévue pour recevoir les touristes. C’est là que nous avons choisi de séjourner.Voyager avec notre sac au dos n’est pas toujours facile, mais c’est la façon que nous choisissons pour nous déplacer afin de goûter à  l’essence du pays et d’en voir différentes facettes. Nous avons pleine liberté de nos choix. C’est extrêmement enrichissant, mais parfois plus compliqué. Les longs trajets en autobus nous laissent toujours fatigués, mais ce n’est rien à comparer aux bénéfices que nous en retirons.

Après notre journée de bus entre Puerto Barrios et Antigua, je m’étais bien promis de ne plus faire d’aussi longs trajets la même journée. Puisque nous partons d’Antigua vers Flores, j’ai bien peur de ne pas respecter cette décision.

Les autobus en direction du Petén partent de la Ciudad Guatemala. Il nous faut donc prendre un microbus très tôt d’Antigua afin d’arriver à la capitale à l’heure prévue pour le départ de notre transport. Nous avons un bon siège en avant, la vue est dégagée, avec un peu plus de place pour nos pieds. Parfait pour mon amoureux. Lors de l’achat du billet d’autobus, nous connaissions la durée approximative du trajet. Mais il ne me serait pas venu à l’idée que nous allions parcourir presque entièrement, dans le sens inverse, le chemin effectué lors de notre arrivée à Antigua. Nous allons en direction est, jusqu’à la ville de Rio Dulce pour traverser le fleuve du même nom, pour nous orienter ensuite vers le nord. Je comprends peu à peu que la journée se terminera tard.

La noirceur tombe graduellement et je suis le parcours à l’aide d’une carte Google sur mon cellulaire. Heureusement que nous avons acheté une carte SIM avec internet, cela permet de nous repérer. Nous avançons lentement à travers les ralentissements dûs aux travaux sur la route. Le Guatemala est reconnu pour ses embouteillages et ses retards imprévisibles.

Alors que la route devient de plus en plus sinueuse et que la pénombre s’installe, mon amoureux réalise que le conducteur parle au cellulaire. Son inquiétude monte d’un cran lorsque l’assistant du chauffeur lui montre des photos sur son cellulaire et que le conducteur semble très intéressé! Encore plus lorsque l’homme qui tient notre sort entre ses mains, tient son téléphone d’une main et salue de l’autre un autre chauffeur d’autobus croisé en sens inverse.

Puis le conducteur range son cellulaire, mon amoureux retrouve son calme.

Nous arrivons enfin à Santa Elena. Nous respirons.

Le bus s’arrête sur le bord d’une rue sans éclairage. Un microbus y est stationné. Les lumières à l’intérieur de l’autobus s’allument. Un homme, un peu dodu et vêtu d’une chemise blanche, fait son apparition et affirme que le voyage est terminé, le reste se fera en microbus. Ce n’est pas inhabituel, les autobus ont interdiction d’entrer sur l’ile de Flores et la majeure partie des touristes y séjournent. J’annonce que nous restons à Santa Elena. L’homme se tourne vers moi. Pas de problème, je vous laisse en passant, cela fait partie de votre billet. Je travaille avec la compagnie d’autobus.

Comme presque tous des passagers, nous prenons nos bagages et montons dans le microbus. Dès le début du trajet, l’homme un peu dodu commence à questionner:

Qui cherche une chambre? Qui veut un billet pour Tikal demain?

Le chauffeur du microbus passe tout droit à notre hôtel. Je réagis. L’homme à la chemise blanche me dit qu’il nous ramène, de ne pas m’inquiéter. Je proteste. Le microbus continue sa route sans que nous puissions descendre. Vous nous direz que nous aurions dû insister pour sortir? Oui, sans aucun doute. Mais nous sommes fatigués et ralentis. Nous ne sommes pas contents, il nous apparaît clairement que le chauffeur va faire le tour de l’île pour faire descendre des gens. Finalement, le microbus arrête devant un bureau et l’homme encourage les passagers à entrer pour acheter des billets pour Tikal. Une attente interminable s’installe. Je comprends, c’était un prétexte pour nous amener à une agence de voyage. Certains d’entre nous prennent leurs bagages et quittent, l’air aussi mécontents que nous. Nous ferions bien la même chose, mais avec nos sacs à dos, cela nous ferait un longue route pour nous rendre à Santa Elena. Je n’aime pas la tournure des évènements. Nous demandons à être ramenés à l’hôtel tel que prévu.

Vous n’achetez pas de billet pour Tikal?

Non.

Vous n’allez pas à Tikal?

Non.

Marchez alors!

Et là, j’ai dû tempérer mon amoureux. S’il y a une chose qui le met hors de lui, c’est la tromperie. Et là, nous étions servis.

Dans la bouche de mon chum, si doux et si bien élevé, se succèdent des mots en anglais, en français et en espagnol. Tous mélangés, mais formulés sur un ton sans équivoque. Avec un timbre de voix que je ne lui connaissais pas. Mais l’homme à la chemise blanche est bien décidé à nous laisser sur le bord de la rue. Le chauffeur a justement stationné le microbus. Jugeant que la situation ne mènerait à rien, j’insiste auprès de Robert pour que nous prenions nos bagages et que nous partions. Il accepte, à contrecœur, le visage d’un blanc de colère. L’homme un peu dodu s’avance pour m’aider à prendre mon sac à dos. Je lui décroche un regard dont j’ai le secret. Il recule. Silencieux.

La soirée est trop avancée et les tuk tuk ne peuvent plus circuler sur l’île à cette heure-ci. Flores n’est pas très grande, mais il est difficile de nous orienter dans la pénombre. Après avoir demandé notre chemin, nous marchons jusqu’à l’entrée du pont qui relie l’île à la terre ferme, vers le stationnement des taxis. Nous négocions à peine le prix de la course. Il nous tarde d’arriver.

Mais la soirée n’est pas terminée. À l’hôtel, nous avons la dernière chambre disponible. Elle sent la fumée de cigarette et elle est infestée de grosses fourmis. Nous partons donc à la chasse aux fourmis. Un peu découragé pour nous, le surveillant de nuit promet de laisser une note afin que nous soyons changés de chambre dès le lendemain matin. Ce qui est fait, rassurez-vous. Nous serons bien le reste de notre séjour. Le personnel est, là aussi, d’une grande gentillesse.

Mais notre aventure du microbus laisse un goût amer. Malgré une longue expérience de voyage, nous nous sommes fait arnaquer! En dépit de cela, nous décidons de profiter de notre séjour au maximum.

 

 

 

Le lendemain, nous parcourons l’ile de Flores à la recherche d’un moyen pour aller à Aguateca, un site archéologique dans la région de Sayaxche. Ce n’est pas une destination populaire et les prix sont exorbitants. Ils varient énormément d’une agence à l’autre. Le prix de l’une d’elles est tellement plus bas que ses concurrentes que c’est suspicieux. Malgré nos efforts, nous n’arrivons pas à trouver comment nous rendre près du site en utilisant les transports en commun. En passant devant un bureau Inguat, l’institut du Tourisme du Guatemala, nous arrêtons. Ce bureau du tourisme est habituellement d’une grande aide.

 

 

 

Cela s’avère une excellente idée. On nous remet un horaire des autobus locaux. Nous pourrons donc nous rendre à Sayaxché en autobus et négocier directement avec les propriétaires des lanchas. Puis, j’ose poser une question sur la pratique des chauffeurs d’autobus et notre aventure de la veille. Le visage de la préposée change au fur et à mesure que j’avance dans mon récit. Elle me demande poliment d’attendre un moment et revient avec une jeune femme. Kathleen Aquart Orellana est en charge du bureau et parle un anglais impeccable. Je lui relate de nouveau notre aventure de la veille. Elle nous informe qu’ils sont au courant de cette pratique depuis un moment, mais qu’ils ne réussissent pas à l’enrayer. Nous acceptons de remplir un formulaire de plainte qui sera acheminé à qui de droit. Je me sens déjà mieux. Rien ne garantit le succès de l’opération, l’homme semble avoir plein de moyens pour déjouer le système, mais si pouvons contribuer à faire avancer les choses, cela sera au moins un pas en avant.

Robert questionne sur les pratiques concernant le cellulaire au volant. Finalement, nous signons aussi une plainte concernant le chauffeur d’autobus qui parlait au téléphone en conduisant. Sachez que c’est interdit au Guatemala. Une copie de notre billet d’autobus fera foi de notre présence sur cet autobus.

J’ai promis à Kathleen Aquart de vous raconter cette histoire et de vous dire que si vous prenez un bus en direction de Flores, refusez d’aller dans le microbus, ne sortez pas avant d’être arrivés au terminus d’autobus. Nous étions tout près d’ailleurs. De là, vous aurez un transport pour vous rendre dans l’île. Un tuk tuk le jour ou un taxi le soir. Il vous suffira de négocier le prix. Ne croyez pas que le trajet soit terminé, il ne l’est pas.

Les informations recueillies au bureau d’Inguat nous ont été d’un grand secours et c’est tôt le lendemain matin que nous partons pour Sayaxché, une ville située plus au sud. Nous y prendrons une lancha pour aller à Aguateca. Juste le trajet est une aventure! Nous prenons le bus au terminal. Celui-ci s’arrête au marché pour quelques minutes. Le préposé sort pour crier notre destination.

Sayasayasayaxché!

D’autres passagers s’ajoutent et nous repartons. Une surprise nous attend à la sortie du marché. C’est la première fois que je vois un autobus passer à l’intérieur d’un marché, à travers les étals. Nous passons si près que je pourrais tendre le bras et choisir une paire de souliers! C’est spectaculaire.

 

 

 

Le reste du voyage se déroule bien et je suis toujours impressionnée par la gentillesse des préposés dans l’autobus. Comme au Bélize, en plus de recueillir le prix de la course, ils aident ceux qui en ont besoin. Les relations tellement différentes des autobus où il y a plus de touristes. Nous nous y sentons souvent traités comme de la marchandise. Une marchandise qui sera remplacée par une autre demain.

C’est à Sayaxché que mon amoureux s’amuse le plus. Il adore négocier et il s’en tire habituellement bien. Une fois la transaction conclue, un long trajet en lancha nous attend. Qu’à cela ne tienne, nous adorons cela et une heure trente minutes de bateau ne nous font pas peur. Heureusement, nous avions prévu le coup et nous avons des vêtements chauds, le vent est frais, très frais.

 

 

 

À notre arrivée à Aguateca, nous devons grimper jusqu’à l’entrée du site. À la recommandation du conducteur de la lancha, avant de commencer l’escalade, nous prenons des bâtons de marche laissés par d’autres voyageurs. Une bonne suggestion, ils nous serviront pendant toute la visite. Robert doit m’aider car c’est glissant. Cela donne un peu le ton de la visite. Nous sommes bien chaussés, heureusement. À l’entrée, nous demandons les services de l’un des gardes forestiers tel que recommandé. Et c’est une bonne idée. Le site est construit dans la jungle, tout en haut d’une falaise et une longue crevasse, appelée la Grieta, la sépare en deux. Les deux parties sont reliées par un pont de pierre qui enjambe le précipice.

 

 

 

Notre guide nous conduit dans des endroits où nous n’aurions jamais osé nous aventurer seuls. Nous avançons lentement, car non seulement la forêt est humide,  une couche de mousse recouvre les pierres et les rend extrêmement glissantes. Lorsque nous atteignons le Mirador, le spectacle est à couper le souffle. Nous avons vue sur la forêt avoisinante et sur les canaux qui sillonnnent la mangrove. Nous terminons la visite en visitant les ruines des constructions ingénieuses de la cité, dans un milieu difficile d’accès, avec une histoire un peu mystérieuse.

 

 

 

En fin d’après-midi, nous reprenons la lancha à travers la mangrove et le bus vers Santa Elena, ravis de notre journée et encore une fois émerveillés par le savoir-faire des mayas des temps anciens.

Nous aurions pu rester dans la région quelques jours de plus et découvrir les villages environnants. Ils sont tous accesssibles par le biais du transport en commun. Certains d’entre-eux sont construit juste à côté de ruines mayas. Mais nous devons partir, nous avons réservé un hôtel à El Remate.

Flores était une bonne idée finalement!

3 réponses à “Flores, ville du Petén.

  1. Bonjour et merci pour cet article. Nous prevoyons nous aussi de nous rendre a Sayaxche pour visiter Aguateca et El Ceibal. Nous aurions juste besoin de vos bons conseils : Comment vous êtes vous rendu de Flores à Sayaxche ? A quel prix ? De même combien vous a couté votre aventure jusqu’a aguateca en lancha et comment vous y êtes-vous pris ? Merci d’avance pour vos réponses.

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  2. amaotourdumonde

    Bonjour et merci pour cet article. Nous prevoyons nous aussi de nous rendre a Sayaxche pour visiter Aguateca et El Ceibal. Nous aurions juste besoin de vos bons conseils : Comment vous êtes vous rendu de Flores à Sayaxche ? A quel prix ? De même combien vous a couté votre aventure jusqu’a aguateca en lancha et comment vous y êtes-vous pris ? Merci d’avance pour vos réponses.

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    • Bonjour amaotourdumonde, je suis désolée d’avoir mis autant de temps avant de vous répondre, je n’étais pas disponible. Nous sommes partis de Florès vers Sayaxche à partir du terminus d’autobus de Santa Elena. Nous avons pris le bus régulier, avec les Guatémaltèques. Le bus s’arrête ensuite au marché de Santa Elena avant de prendre la route. Je ne me souviens plus du prix mais ce n’était vraiment pas cher. N’importe lequel tuk tuk vous amènera à l’un ou a l’autre. À Sayaxche nous avons négocié avec les conducteurs de bateaux, sur la plage. Nous en avons rencontré plusieurs avant de faire notre choix. Je ne me souviens plus du prix non plus, mais si vous êtes plusieurs, cela serait moins dispendieux. Je n’ai pas de reçu car nous avons payé en argent comptant. Si vous voulez faire les deux sites la même journée il vous faudra partir tôt car ils ne sont pas dans la même direction. Certaines agences de voyage de Florès font les deux sites la même journée, mais nous avons trouvé cela un peu cher. De plus, nous aimons bien vivre avec les gens du pays visité, ce n’est pas seulement moins cher, c’est tellement plus intéressant! Aguacate nous a vraiment plû. Au retour, vérifiez à quelle heure est le dernier bus en direction de Santa Elena car il n’y en a plus en soirée. Si vous allez au bureau touristique Inguat à Florès, ils pourront vous donneront l’horaire de l’ensemble des autobus de la région. J’ai gardé le mien, mais l’horaire vers Sayaxche n’y figure pas. Ils ont dû me le donner verbalement. Le bureau est au 2, Calle Oriente sur l’île de Florès. J’ai aussi compris que plusieurs agences qui offrent des tours appartiennent à l’homme avec qui nous avons eu des problèmes en arrivant et si vous désirez utiliser une agence, Inguat peut vous dire lesquelles sont sécuritaires. J’aurais d’autres informations à vous transmettre, mais l’espace de discussion serait plus grand si vous m’écriviez à travers la section Nous joindre du blogue. Vous serez dirigés vers notre adresse courriel et cela sera plus facile de répondre de façon plus pointue à vos questions. Irez-vous à Coban? Il est aussi possible d’aller à Sayaxché à partir de Coban. Écrivez-moi! Et surtout, bon voyage.

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