Uruguay

Cette année, nous commençons nos aventures dans un petit pays d’Amérique du Sud, situé entre l’Argentine et le Brésil, bordé au sud par l’océan Atlantique. Niché entre deux géants et une mer infinie, il nous apparait intrigant, mystérieux et accueillant.

L’Uruguay a tout ce qu’il faut pour nous attirer et il nous rêvons d’en découvrir toutes les richesses.

Lors de notre voyage en Argentine l’an dernier, la curiosité nous a poussés à traverser le Rio de la Plata pour visiter Colonia de Sacramento, une petite ville de l’Uruguay située sur l’autre rive, juste en face de Buenos Aires. C’était une visite éclair, seulement pour une journée, mais elle a été mémorable.

Ce passage d’une rive à l’autre est très populaire et bien desservi par deux compagnies de ferry. Chaque jour, plusieurs centaines de personnes font la traversée. C’est facile, il suffit d’acheter nos billets en ligne, de se rendre au port, de s’installer confortablement sur le ferry pour quelques heures, le temps d’atteindre l’autre rive. Les fauteuils sont confortables, un petit restaurant accommode ceux qui ont une fringale et une boutique hors taxe est disponible. L’atmosphère est détendue, presque à la fête.

Les formalités du passage à la frontière se font du côté de l’Uruguay et s’effectuent facilement, malgré un achalandage plus important à certaines heures. Nous devons faire la file dans une salle immense et plutôt bruyante, présenter nos passeports et répondre aux questions d’usage. Les douaniers des deux pays sont assis presque l’un à côté de l’autre, il suffit de passer au guichet suivant. C’est simple, il faut juste être patients.

Et le voyage en vaut la peine.

Pourquoi se rendre à Colonia del Sacramento? Parce que cette petite ville est tout à fait charmante avec son allure coloniale et sa verdure qui nous en met plein la vue. Fondée par les Portugais en 1680, son quartier historique est très bien conservé et fait partie du Patrimoine de l’humanité. Nous avons adoré ses maisons ancestrales, ses petites rues couvertes de pavés, ses grands arbres et ses petits cafés disséminés le long de ses rues étroites. Après une journée passée à Colonia, nous avions le goût de connaitre le reste du pays. De plus, nous avions entendu beaucoup de bien de ses habitants, alors pourquoi pas?

Nous avons tout d’abord atterri à Buenos Aires, pour ensuite traverser en Uruguay pour les deux premières semaines de notre séjour en Amérique du Sud. Nous souhaitons revenir à Buenos Aires pour Noël et le Nouvel An. Cette décision tient à peu de choses. J’avais lu que les Uruguayens fêtent en famille et qu’ils sont plus discrets, mais que les plages sont envahies par les touristes en vacances. C’est bien normal, il fait si beau! Mes recherches pour un hébergement dans les villages au bord de la mer pendant le temps des fêtes étant restées infructueuses, nous avons décidé de visiter une partie de l’Uruguay au début de notre séjour en Amérique du sud et de retourner à Buenos Aires pour Noël. J’espérais alors éviter la cohue des vacanciers.

Nous ne saurons jamais si j’avais raison, mais il nous fallait décider avec le peu d’info que nous avions.

Car peu d’info nous avions…Lors de la préparation du voyage, j’ai eu du mal à trouver des guides de voyage récents sur l’Uruguay. Aucun des guides que j’utilise habituellement n’a publié sur ce pays récemment et j’ai dû me rabattre sur un bannière que je ne connais pas. J’ai toujours évité de l’acheter, justement parce que le contenu me semble incomplet. Je n’y retrouve pas toute l’information dont j’ai besoin et cela multiplie mes recherches pour obtenir un résultat satisfaisant.

En voici un exemple.

Je dois vous préciser qu’au moment de vous écrire ces lignes, nous sommes de retour en Uruguay, à Paysandú pour être plus précis, une ville érigée sur la rive du Rio Uruguay. Nous avons eu une surprise lorsque nous avons décidé de traverser la frontière à partir de Colôn pour quitter l’Argentine et nous rendre à Paysandú, située juste en face. Depuis plusieurs années, un très long pont a remplacé les traversiers et permet aujourd’hui de franchir la frontière. Dans mon guide, il est bien indiqué la possibilité d’atteindre l’autre rive en traversant le pont, mais il nous manque des précisions. Des recherches sur le net ne nous éclairent pas davantage. Nous voyageons sans voiture et nous devons trouver une façon de traverser la frontière. Même sur place, les avis des habitants de la région se contredisent et leurs informations sont incomplètes. Une compagnie de taxi nous propose un prix pour nous y rendre, mais le chauffeur me dit qu’il n’a pas le droit parce que nous sommes des étrangers. Il semblerait que le seul bus qui fait le trajet quitte le terminal à 1h15 du matin. Il y a quelques semaines, nous avions acheté nos billets pour prendre ce bus, mais n’avons pu nous résoudre à les utiliser, en raison de l’heure peu opportune du départ, mais surtout celle de l’arrivée à Paysandú. J’ai compris que ce bus se dirige vers les plages du sud, mais prévoit un arrêt à Paysandú, ce qui explique l’heure matinale de son passage.

Le jour prévu de notre départ, à une heure qui nous convient mieux, nous prenons finalement un taxi jusqu’à la frontière où nous attend un taxi de l’Uruguay qui lui, nous amène à bon port. Il existe peut-être une autre façon de s’y prendre, ce serait logique, mais je n’ai pas trouvé l’information, malgré nos recherches. Tout s’est bien terminé, mais nous avons travaillé fort pour y arriver, d’où l’importance d’avoir accès à de l’information juste.

J’avoue que j’utilise encore les guides de voyage pour commencer la préparation de nos voyages. J’aime lire et ces livres me donnent une idée générale de ce que le pays peut nous offrir. Ils regroupent en un seul endroit les principales informations sur les lieux qui se démarquent, leurs heures d’ouverture, les moyens de transport ainsi que les habitudes du pays. Et plus encore, avec une précision parfois surprenante. Je complète nos préparatifs en faisant mes recherches sur le net, parfois avec IA. J’utilise des applications pour les réservations.

Comme vous le savez, nous n’organisons jamais nos voyages dans les moindres détails, même si je sais que d’autres amis voyageurs en décident autrement. Je ne peux m’y résoudre, j’aime trop laisser de la place à la spontanéité. Cela nous donne une plus grande liberté, ce que nous apprécions beaucoup. Par le passé, ces moments impromptus nous ont offerts de merveilleuses surprises et de belles amitiés qui traversent le temps. Bien sûr, cela nous oblige parfois à utiliser nos capacités d’adaptation et de puiser dans nos ressources personnelles, mais nous y tenons vraiment.

Nos petites aventures font partie du voyage, il y a plus d’une façon de voyager, il faut trouver celle qui nous convient.

Revenons maintenant à notre arrivée en Uruguay, en décembre dernier.

Cette année, étant donné du temps limité que nous avions avant Noël, nous avons décidé de visiter seulement deux villes du côté des plages: la capitale Montevideo et une ville balnéaire, Punta del Este. Mais puisque nous sommes en Amérique du Sud pour plusieurs mois, je souhaite revenir dans ce pays pour visiter d’autres villes plus au nord, le long du Rio Uruguay.

Montevideo est décrite comme une cité vivante et festive, où l’action se passe surtout la fin de semaine. En nous basant sur cette information, nous avons divisé notre temps entre les deux villes. La première fin de semaine dans la capitale, 4 jours à Punta del Este et une autre fin de semaine à Montevideo. J’avais vérifié les journées d’ouverture des musées que nous voulions visiter à Montevideo et en s’organisant bien, c’était faisable. Nous avons donc fait nos réservations.

Aujourd’hui, à notre sortie du ferry, tout de suite après notre passage à la douane, un bus nous attend pour nous amener à Montevideo, c’est compris dans le prix du billet. Aussitôt sortis de Colonia del Sacramento, une campagne verdoyante s’étire langoureusement devant nos yeux, exhibant ses champs à perte de vue, des animaux qui broutent, des coquettes maisons basses, des palmiers qui pointent fièrement vers le ciel et un soleil plus que radieux. Je ne sais trop pourquoi, mais c’est un peu dépaysant après l’effervescente et majestueuse Buenos Aires.

Est-ce que j’ai un coup de coeur pour Montevideo? Je n’en suis pas certaine. Pas tout de suite, pas au début. Pas vraiment désappointée non plus. Mais tout à fait prête à me laisser charmer. J’adore ce mode découverte. J’ai bien l’intention de prendre mon temps pour découvrir les richesses de ce pays, pour mieux ressentir et comprendre ce qu’il peut nous apprendre.

Pour notre première fin de semaine à Montevideo, nous avons loué une chambre dans un vieil hôtel de charme situé dans la vieille ville. L’hôtel Colonial porte bien son nom, tout est ancien et il a tout pour nous plaire! Un ascenseur d’un autre siècle nous attend à notre arrivée, nous épargnant la pénible tâche de monter nos valises par l’escalier. À l’étage, l’accueil de la réceptionniste nous met tout de suite à l’aise alors qu’avec un grand sourire, elle multiplie les recommandations pour notre séjour. Malgré ma demande, elle ralentit à peine le débit, même lorsque que je fronçe les sourcils, peinant à tout comprendre. C’est les mains pleines de dépliants et la tête qui tourne que nous entrons dans notre chambre.

D’un seul coup d’oeil, nous découvrons une pièce bien éclairée, garnie de meubles antiques. Le plancher d’un bois patiné par le temps craque sous chacun de nos pas. Un petit balcon donne sur une petite place. Nous sommes heureux, nous y serons bien.

Nous commençons notre exploration sans attendre et je suis tout de suite soufflée par l’architecture. Partout où notre regard se porte, de belles maisons se dressent fièrement avec leur allure d’un autre temps. Il y a des palmiers et de grands arbres partout. Des platanes pour être plus précise. Elles sont tellement belles ces rues ombragées! Elles me plaisent.

Je dois vous avouer que, contrairement à ce que nous pensions, le vieux Montevideo est pratiquement désert la fin de semaine. Presque tous les commerces sont fermés le samedi et c’est encore plus difficile de trouver un restaurant ouvert le dimanche. Heureusement, certains musées sont ouverts. Nous en profitons pour en apprendre davantage sur cette ville et sur ce pays, mais après nos visites, nous nous retrouvons dans des rues désertes. C’est un peu tristounet.

En fin d’après-midi, nous nous dirigeons vers la rambla, une longue promenade aménagée sur le bord de la mer. Le soleil tape moins à cette heure-ci et même s’il y a peu d’arbres pour nous protéger, c’est confortable. Nous avons nos casquettes, nos verres fumés et de la crème solaire. Tout va bien.

Tout au long de notre longue marche, mon attention est attirée par des personnes assises sur le bord de la promenade, confortablement installées pour lire, sans porter attention à ce qui se passe autour d’elles tant elles sont concentrées sur leur lecture. La veille, j’avais eu le même constat en traversant un parc. Cet art de vivre me touche.

En plus de nous dégourdir les jambes, nous découvrons d’autres parties de la ville. Non seulement la rambla s’étend sur plusieurs kilomètres et donne accès à plusieurs plages, elle est un endroit de choix pour observer le coucher du soleil. Toute une population, venue profiter du dimanche pour respirer de l’air de la mer ou pour se baigner, s’est installée sur le sable ou sur les murets. Lorsque le soleil se couche, nous sommes nombreux à l’admirer, presque en silence. C’est émouvant.

La vie reprend le lundi matin, tous les commerces sont ouverts et les rues sont de nouveau animées. Mais nous devons partir, le bus pour Punta del Este ne nous attendra pas.

Que dire de notre arrivée à Punta en apercevant toutes ces immenses tours d’habitation, sans trop de verdure, avec peu de commerces de proximité? Cela renforce certaines lectures qui nous décourageaient d’aller dans cette ville et proposaient plutôt de visiter les villages de bord de mer, situés en retrait de cette ville tentaculaire. Puisque le temps nous manque, j’ai plutôt pensé que Punta del Este nous servirait de base, que nous pourrions prendre le bus pour aller visiter d’autres villages et revenir à Punta le soir. Les distances ne sont pas si longues et le service d’autobus est fiable.

Allons regretter cette décision? Peut-être, mais nous savons déjà que nous allons nous adapter.

Lorsque notre Uber nous dépose devant notre petit hôtel, tous mes doutes s’envolent instantanément, comme s’ils n’avaient jamais existés. Mon amoureux a vu juste, il a trouvé l’hôtel parfait et nous allons être bien. Une ambiance bord de mer, tout près d’une rambla qui longue la pointe la plus au sud de l’Uruguay avec un vent du large et une odeur de varech qui flotte dans l’air. Aussitôt nos bagages déposés, nous partons en exploration vers la mer et ses jolies maisons qui la bordent. Je ne veux plus rentrer, l’air de la mer me séduit, comme toujours. Et je tiens à observer le coucher du soleil.

Notre premier coucher de soleil à Punta me remplit d’une émotion intense. Nous ne sommes pas les seuls à nous asseoir pour mieux admirer ce phénomène qui se produit pourtant tous les jours. Nous ne nous connaissons pas les autres personnes qui nous entourent, nous venons d’endroits différents et nous ne parlons pas tous le même langage, mais nous sommes réunis par une même fascination, le spectaculaire coucher du soleil. Plus l’astre lumineux descend, plus il s’enflamme, plus nous sommes nombreux à le regarder s’étendre sur cette mer infinie, silencieux et paisibles.

Nous allions bien nous reposer ici, loin de ces tours d’habitation qui ne veillissent pas tellement bien.

Les jours suivants sont ponctués de longues marches, de visites d’un musée, de lecture et d’écriture. Nous prenons le temps de vivre. Nous décidons de ne pas explorer d’autres villages même s’ils en valent certainement la peine, nous sommes bien ici.

Par contre, nous trouvons l’offre culinaire plus difficile, avec les portions parfois immenses et presque dépourvues de légumes. Nous essayons plusieurs restaurants, mais nous n’avons aucun coup de coeur. Est-ce que nous n’avons pas commandé les bons plats ou choisi les bons restaurants? Je ne sais pas, probablement. Je me dis que nous sommes en train de faire connaissance avec ce pays.

Heureusement notre hôtel offre des petits déjeuners exceptionnels où nous pouvons consommer une nourriture variée, dont des fruits frais. Le café est délicieux, ce qui fait notre bonheur.

En explorant la ville, notre attention est attirée par un plat annoncé sur des petits tabeaux noirs, placés sur le trottoir, devant plusieurs restaurants: le chivito. À certains endroits, un chivito canadiense est même mis en évidence sur les panneaux publicitaires. Nous avons fini par comprendre qu’un chivito est le sandwich emblématique de l’Uruguay. Il contient boeuf, tomates, laitue, poivrons, fromage, oeuf au plat et mayonnaise, tout cela sur un pain brioché et servi avec frites. Ce sandwich est tellement gros et spectaculaires que même en se le partageant, mon amoureux et moi, nous ne pourrions en venir à bout. Quant à lui, le chivito canadiense contient, en plus des autres ingrédients, du jambon et du bacon. Il faut bien noter que le chivito, qui veut dire petite chèvre en espagnol, ne contient aucune viande de chèvre. Nous ne savons pas non plus pourquoi le chivito qui contient jambon et bacon est identifié comme étant canadien. Cela nous a fait sourire et surtout, piqué notre curiosité!

Nous repartons quelques jours plus tard, heureux de notre expérience à Punta et plus reposés, prêts à visiter une autre partie de la capitale.

Pour notre deuxième fin de semaine à Montevideo nous avons réservé un hôtel dans le quartier du centre où l’offre de service et la proximité des lieux d’intérêt nous semblent intéressants. Nous sommes quand même près du vieux quartier et nous pouvons y retourner facilement si nous le voulons.

Nous reprenons nos longues marches et les visites des musées. Pour faire la pause, nous faisons un arrêt dans un des petits cafés de la ville. Il y en a beaucoup, ils sont accueillants et le café est délicieux.

Par un bel après-midi, mon amoureux et moi sommes justement attablés dans un mignon petit café, avec des jolies petites tables placées sous les platanes, sur le trottoir. Alors que nous dégustons notre café, presque seuls dans le resto, de nouveaux clients arrivent, les uns après les autres. Des couples, des groupes d’amis et des familles viennent prendre leur collation de 17 heures, en attendant le repas du soir qui se prend tard ici. En peu de temps, le café se remplit de rires et de bavardages. Je regarde tous ces gens sourire et blaguer, tout en choisissant des plats sucrés extravagants par leur dimension, mais aussi par leur présentation. Une fête et un plaisir pour les yeux. Le restaurant est petit et les tables sont proches. Plusieurs nouveaux arrivés tendent le cou pour s’inspirer des gâteries choisis par les occupants des tables voisines, ce qui provoque un fou de rire général quand ils sont pris en flagrant délit! Moi je déguste un délicieux cappuccino au lait d’avoine alors que mon amoureux s’est offert un petit gâteau que je ne saurais vous décrire. Je vais plutôt vous mettre une photo de l’une de ses gâteries qu’il s’est offerte pendant notre séjour.

Nous sommes heureux de prendre le temps de vivre aussi bien entourés. Il ne manque que vous, mes amis.

Qu’est-ce qui me touche de cette ville? La gentillesse des gens, le calme de la population et une impressionnante architecture d’un autre temps. J’avais lu que le Uruguayens sont à la fois calmes et joyeux, nous l’observons tous les jours.

Nous avons vite réalisé que la vie est chère en Uruguay, mais que le pays est stable politiquement et que, selon nos lectures, le niveau de vie de ses habitants serait un des plus intéressant de l’Amérique du Sud, avec un des salaires minimums les plus élevés de cette région du globe.

Ce qui me touche aussi, en plus de la vie douce, ce sont toutes ces gentillesses qui nous font aimer un pays. Un accueil chaleureux dans un musée, une serveuse de Montevideo qui nous donne une liste de ses coups de coeurs culinaires à Buenos Aires, quelqu’un qui ralentit le rythme afin que mon espagnol naissant puisse suivre ses propos et toutes ces personnes qui nous aident quand nous en avons besoin. C’est chaleureux, aimable et, avouons-le, très confortable. Peu à peu, nous réalisons la fierté de ce peuple pour leur histoire, leurs musées nous l’illustrent bien. Plusieurs d’entre eux sont situés dans les maisons ancestrales où résidaient des personnalités influentes, soit en politique ou en commerce, qui ont joué un rôle important dans le développement de la ville. Les artistes peintres y sont largement représentés, leur oeuvre servant parfois à illustrer un fait marquant de l’histoire.

Lors de l’une de nos promenades le long de la rambla, nous nous arrêtons dans un grand parc pour nous reposer et pour lire, assis sur un banc à l’ombre d’un grand arbre. Notre attention est attirée par un groupe de personnes qui partagent un repas sur la pelouse, pas très loin derrière nous. Une douce musique parvient à nos oreilles, puis des voix s’élèvent, portées par le vent. Nous sommes subjugués par ces voix qui accompagnent si joliment nos lectures. Un homme se dirige vers nous avec un grand sourire et un verre à la main, il veut vérifier si leur musique nous dérange. Il nous explique que sa chorale est en pique-nique et que si nous le désirons, nous pouvons nous joindre à eux. Il ajoute que cette chorale est composée de personnes de différents pays et qu’elles se réussissent régulièrement pour chanter des chansons de leurs pays respectifs. Nous le remercions de son invitation et nous insistons sur le plaisir que nous avons à écouter toutes ces belles voix.

C’est un petit cadeau de la vie.

Fan de lecture, j’aime bien visiter les librairies d’un pays pour connaitre la littérature locale. Elle reflète habituellement les principales préoccupations de la population. Cette fois-ci, nous avons peu de temps pour le faire, notre séjour est court et il y a beaucoup à voir. La seule librairie où j’ai voulu m’attarder est assez petite et plutôt bondée. La circulation y est difficile dans ses allées étroites et je décide de laisser la place aux gens du pays qui viennent compléter leurs emplettes de Noël. Je suis un peu déçue. Par contre, je tiens à préciser qu’en sortant, mon regard tombe sur un livre de Margaret Atwood traduit en espagnol!

En poursuivant notre promenade, nous entrons dans une autre librairie, la Librairia Linardi y Risso, établie depuis 1944 dans une maison ancienne appelée à l’époque, la Casa del Vicario. Elle se spécialise dans les livres latinoamericains. Elle est considérée comme une des plus vieilles de la ville avec ses rayons interminables remplis de livres anciens et usagés, alors que certains m’apparaissent plus neufs et plus récents. Elle est presque déserte pour l’instant, nous profitons de l’ambiance feutrée et de la beauté des lieux.

Au fil des jours, je me fais un peu plus à l’accent et au débit de parole qui donne parfois des étourdissements. Mais j’adore ça!

Tous les jours, nous arpentons les rues en levant les yeux vers les étapes supérieurs des édifices pour ne rien manquer. Même les dessous des balcons sont joliment décorés! Beaucoup de commerces logent au rez-de-chaussé des immeubles alors que les appartements privés sont au-dessus. J’ai toujours trouvé cela triste que les commerces s’approprient ces beaux espaces avec leurs affiches publicitaires et nous font oublier les étages supérieurs des beaux édifices qui les abritent, mais j’ai compris en visitant les musées situés dans des maisons ancestrales que c’était la norme il y a très longtemps. Le commerce de la famille était au rez-de-chaussée alors que les espaces de vie privée se trouvaient à l’étage.

Il faut bien avouer que ce ne sont pas tous les édifices qui sont en bon état, nous imaginons que cela doit demander un bon investissement de temps et d’argent. Un des immeubles que nous avons observés arbore une rampe de balcon dont les poteaux sont en verre de Murano! Malheureusement, la rampe, le balcon et l’ensemble de la maison ont besoin d’amour, c’est un peu triste. Ils font pourtant partie du patrimoine de la ville.

Les journées se passent à la fois doucement, mais aussi trop vite, pendant que nous essayons de mieux comprendre ce pays. Nous avons finalement trouvé des restos qui servent des légumes avec le plat principal et nous en profitons. Les portions sont grandes alors il nous arrive de partager les plats.

Pas très loin de notre hôtel, près des restos que nous aimons, une fontaine occupe presque tout un coin de rue. Elle est presque couverte de cadenas de toutes les sortes! Elle croule pratiquement sous le poids. La légende raconte que si un cadenas y est placé avec les initiales des deux personnes qui s’aiment, elles y reviendront ensemble et leur amour durera toujours. C’est romantique, non?

Alors que nous songeons à notre départ, les décorations de Noël commencent à se faire plus nombreuses, mais aussi plus discrètes que celles que nous observons en Amérique du Nord. Mais ce n’est pas moins joli!

C’est un peu à regret que nous quittons l’Uruguay. C’est un beau pays qui se laisse apprivoiser, lentement, au fil des jours. Mieux vaut prendre son temps et croyez-moi, ça vaut la peine.

J’ai adoré ce pays…et j’aimerais y revenir.

Affectueusement

Jocelyne

Xxx

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Avant de vous quitter

* En Uruguay, nous avons payé tous nos achats avec une carte de crédit. C’est accepté presque partout, souvent même chez les petits commerçants. J’ai compris que notre carte de crédit étrangère nous permet une remise d’une taxe et que cela vaut souvent la peine. Les commerçants se font un plaisir de nous l’indiquer sur la facture, fiers de nous faire épargner. Une belle façon d’accueillir le tourisme. Donc, en Uruguay nous n’avons pas eu besoin de nous munir de monnaie locale comme nous le faisons d’habitude. Par contre, nous avons dû en comprendre la valeur pour mieux évaluer les prix affichés.

** Un autre point à considérer: nous ne sortons pas dans la rue sans mettre de la crème solaire. Les dermatologues nous encouragent à le faire depuis un bon moment, même chez nous. Par contre, c’est encore plus important ici en Uruguay. La couche d’ozone est très amincie dans la région en raison d’un trou qui se situe à la hauteur de l’Antarctique et qui affecte particulièrement l’Uruguay. Même si cette situation est actuellement en réparation grâce, entre autres à l’Accord de Montréal, l’Uruguay est durement touché et le soleil brûle même en journée nuageuse. Nous sommes prudents et nous le serons tout au long du voyage. Après tout, les méfaits de l’amincissement de la couche d’ozone ne connaissent pas de frontières.

4 réponses à “Uruguay

  1. C’est avec plaisir que je t’ai lue, tes descriptions sont très élaborées et m’ont permis de continuer mon voyage en Uruguay .

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  2. Salut les globes trotteurs bravo pour les commentaires ils sont pertinents et bien écrit vous donnez l’envie d’aller en Amérique du Sud au plaisir de se croiser à Montréal bientôt 🎶🎼☘️

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