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Revoir Phnom Penh

Pourquoi c’est Phnom Penh qui nous est venu en tête alors que nous cherchions un endroit pour bien débuter notre voyage en Asie?

Probablement parce qu’il y a quelques années, notre premier séjour dans la capitale du Cambodge nous a séduits, particulièrement après que nous ayons découvert l’hôtel Anise. Nous avions le désir de revenir dans cet endroit au charme presque surrané, avec son personnel accueillant et son décor absolument dépaysant. L’établissement est tenu par une charmante dame que nous retrouvons avec plaisir. À ma grande surprise, elle nous reconnaît et vient nous saluer avec ses yeux brillants et son sourire irrésistible.

Lors de notre première rencontre, il y a trois ans, elle m’avait expliqué qu’elle a dû fuir son pays lors de la guerre. Cette gentille dame m’a dit: surtout expliquez bien à vos lecteurs que j’ai dû recommencer à zéro, je n’avais plus rien! Je crois me souvenir qu’elle m’avait parlé de plusieurs emplois à la fois pour arriver à joindre les deux bouts et à élever sa famille. Elle est de retour dans son pays depuis quelques années et participe activement à l’économie de sa ville en employant des jeunes.

L’hôtel est un vrai oasis de paix dans une ville exubérante, en pleine expansion. Un peu partout dans la capitale, d’immenses gratte-ciel sont en construction à travers les maisons coloniales, fiers vestiges d’un passé qui n’existe plus. Dans certains quartiers, ces résidences sont un peu prises en étau entre des édifices modernes, construits tout en hauteur. Lors de nos promenades dans les rues, il faut lever la tête pour les apercevoir, car leur rez-de-chaussée est souvent occupé par des commerces ou simplement masqués par des grilles. Comme toutes les grandes villes, le meilleur et le pire se côtoient, la pauvreté et l’opulence, la propreté et l’insalubrité. Les parfums d’une cuisine succulente et les odeurs d’égouts.

Nous avons l’impression que le nombre de scooters et de motos a considérablement augmenté depuis notre première visite. Déjà qu’il n’était pas évident de circuler à pied le long des rues, les trottoirs devant les commerces sont devenus des stationnements pour les véhicules à deux ou à quatre roues. Pour louer un emplacement, il suffit de payer au préposé. Il replace les motos au besoin, il aide le conducteur des voitures à reculer en toute sécurité et il n’hésite pas à arrêter le traffic si nécessaire! Un nouveau négoce est né, à un point tel qu’il est parfois difficile d’entrer dans un commerce. Se faufiler entre les motos stationnées, devient un art et en faire tomber une pourrait avoir un effet domino que je souhaite éviter à tout prix. Croyez-moi, je suis tout à fait capable de cette maladresse!

Pour nous déplacer à pied, nous en sommes réduits à contourner les autos stationnées dans tous les sens, en longeant ce qui reste de trottoir. Mieux vaut marcher face à la circulation pour voir venir les vélos, les tuk tuk, les motos et les voitures, sans oublier de regarder de tous les côtés. Nous partageons le bord de la route et à certaines heures, la circulation devient un heureux chaos où chacun réussit à se faufiler. Parfois, des familles complètes prennent place sur une moto. Souvent le conducteur ne porte que de simples gougounes…

Pour traverser, la règle reste simple. Cela ne sert pas à grand chose d’attendre son tour. Il ne vient pas. La ville n’est pas conçue pour les marcheurs. Mieux vaut s’avancer doucement, d’un pas régulier en s’assurant le plus possible d’avoir un contact visuel avec les chauffeurs que nous croisons. Un motocycliste qui discute au téléphone n’est pas plus rassurant ici que chez nous.

Malgré tout cela Phnom Penh demeure une ville paisible, ses habitants aussi. Il suffit d’un simple sourire qui vient du coeur pour qu’un visage s’éclaire en retour et que la barrière de la langue s’estompe.

Il n’y a pas beaucoup de visites à effectuer à Phnom Penh. Nous avons vu le Palais royal, le Musée National ainsi que les marchés et c’est avec plaisir que nous retrouvons la jetée le long du Tonlé Sap, le resto Friends, la librairie Books Monument et bien sûr, l’hôtel Anise. Nous avons décidé de ne pas visiter les Killing fields, ni le Musée du génocide. Après avoir beaucoup lu sur ce génocide, nous ne souhaitons pas nous y retremper. Cela nous rappelle trop qu’encore aujourd’hui, de vastes crimes sont commis envers l’humanité, juste devant nos yeux.

Quarante ans après la libération du pays du joug des Khmers rouges, nous observons une jeunesse vivante, un peuple travailleur. Le pays continue à se reconstruire, jour après jour. Dans plusieurs villes du Cambodge, il est possible de contribuer à une cause pour aider la population à risque. Soit en fréquentant un restaurant qui emploie des jeunes en difficulté et leur enseigne un métier, soit en achetant dans un magasin qui vend des produits confectionnés par des personnes handicapées ou par des femmes sorties de la prostitution. Pour vraiment aider, il suffit d’ouvrir l’oeil et de se renseigner sur la légitimité de la cause.

Le Cambodge essaie aussi de prendre soin de ses enfants. Le ChildSafe Movement dont le mandat est de protéger les enfants de la prostitution, en est un bon exemple.

Une autre bonne façon d’aider l’endroit que nous visitons est d’acheter et de consommer des produits locaux afin de permettre à la population de gagner sa vie. Loger dans de petits hôtels et manger au restaurant du coin alimente l’économie locale. C’est une règle que nous essayons de respecter peu importe le pays où nous sommes. C’est encore plus vrai au Cambodge.

En nous promenant dans la ville, je ne peux oublier qu’à l’arrivée des Khmers rouges, elle a été pratiquement vidée en l’espace d’une journée et qu’aujourd’hui, elle revit de son mieux, au fil des jours. Nous avons encore tant de questions sur la façon dont les survivants se sont réorganisés!

C’est un hasard de la vie qui se charge de fournir les réponses, par le biais d’un chauffeur de taxi.

Nous quittons le Cambodge le 7 janvier, exactement quarante ans après la libération des Khmers rouges. La ville est très calme, la plupart des commerces et des services sont fermés. La population se souvient. En circulant dans les rues anormalement calmes, notre chauffeur de taxi nous raconte ce que sa famille a vécu, ce que son peuple a subi. Il nous raconte le retour de sa famille dans cette ville vidée de ses habitants, quatre ans plus tôt. Nous lui demandons la question qui nous brûle les lèvres depuis quelques jours: est-ce que les gens ont pu retrouver leur maison? Non, ceux qui revenaient avaient le droit de s’installer dans une maison à la condition qu’ils soient les premiers à occuper. Elle leur appartenait dorénavant. Vous comprenez alors que la plupart des propiétaires étaient probablement décédés. Comment savoir? Il fallait faire vite pour avoir un toit pour la famille, c’est ce que ses parents ont fait. La ville a été rebâtie peu à peu, sans eau, ni électricité. Sans hôpitaux, sans écoles non plus. Toute une génération de gens instruits avait été décimée, ceux qui pouvaient soigner ou enseigner avaient été considérés des intellectuels, donc éliminés.

C’est avec fierté que le chauffeur regarde autour de lui, qu’il nous montre d’un geste à quel point cette ville a évolué depuis 40 ans. Il nous décrit la résilience de son peuple, avec l’aide reçue de certains pays. Il nous dit, presque ému: vous êtes chanceux que je vous raconte tout cela. Vous savez maintenant.

Oui, nous savons maintenant et nous écoutons, avec respect.

Nous aimons Phnom Penh, profondément. C’est avec un peu de tristesse que nous quittons le pays et ses habitants si chaleureux.

Bangkok nous attend.

Retour à Siem Reap

Les fêtes de Noël et du premier de l’An sont toujours un peu délicates à vivre lorsque nous sommes en voyage. Est-ce parce que les fêtes habituelles de notre pays, nous manquent? Pas du tout. Nous pensons souvent à notre famille et à nos amis, mais les communications sont si faciles de nos jours que la distance n’a plus beaucoup d’importance. C’est pour une autre raison que nous devons porter attention à ces périodes de l’année: la montée des prix de l’hébergement. Même si Noël n’est pas une fête Cambodgienne, la saison touristique bat son plein, plus de visiteurs profitent de leur congé pour visiter le pays et les prix augmentent de façon vertigineuse, pour redescendre dès le lendemain du Jour de l’An. Il devient difficile de se trouver un hébergement convenable, à un prix abordable. À chaque année, nous essayons de prévoir le coup et de choisir d’avance un endroit où nous serons bien.

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La vie rurale de Kratie

Il fait beau, il fait chaud, c’est la saison sèche au Cambodge. Nous dormons à Kratie, une petite ville située plusieurs heures au nord de Phnom Penh. Un peu perdue dans les rizières, elle longe le Mékong, ce fleuve mythique qui alimente mes rêves de voyage depuis si longtemps.

Les attractions principales de la ville sont les dauphins d’eau douce, le temple Phnom Sombok ainsi que le tour de l’île de Koh Trong en vélo. Ces visites sont certainement intéressantes, mais ce n’est pas ce qui nous attire aujourd’hui. Même en faisant le tour de l’île en bicyclette, il nous manquerait des explications que seul un habitant de la région peut nous offrir. Une personne qui parle la langue du pays et qui nous aiderait à comprendre la vie quotidienne des habitants de la région, sans que nous nous sentions des intrus ou des voyeurs. Après avoir refusé les excursions habituelles à l’agence de voyage du guesthouse où nous logeons, nous demandons des références pour un chauffeur de tuk tuk qui parle un peu l’anglais. Tous les conducteurs habituels semblent déjà occupés, mais nous gardons confiance. Quelques coups de fil plus tard, nous avons notre guide. Il ne sera pas libre avant une heure, mais cela nous importe peu. Nous voulons aller dans une petite ville appelée Chhlong et il nous y amènera. C’est parfait pour nous.

Sokcheat arrive un peu à l’avance et descend d’un tuk tuk tout neuf. Il arrive tout juste d’une autre sortie avec d’autres touristes. Il nous emmènera à Chhlong mais nous devons aller chercher sa remorque, munie de sièges bien rembourrés, tirée par une moto. Ce sera plus confortable et plus rapide. Elle est garée chez lui. Parfait, cela nous convient. Vous venez?

En chemin vers sa maison, notre guide nous indique un petit resto tout propre. Il s’arrête brièvement pour parler avec sa femme et taquiner sa petite fille. C’est leur nouveau restaurant, il reviendra y travailler à notre retour, en fin d’après-midi. Sa femme nous suit en moto pour aider son mari à sortir le tuk tuk-remorque du fond de la cour. Et voilà, nous sommes prêts! Ils font une bonne équipe ces deux-là.

Le coeur battant, nous prenons la route à travers les rizières et les champs de maïs, émerveillés par la campagne qui nous entoure. Mon compagnon a le sourire aux lèvres, moi aussi. Ces aventures nous plaisent tellement! Nous en avons plein les yeux, habités par un grand sentiment de liberté. C’est le bonheur du vagabondage, le sentiment indescriptible de ne pas savoir ce qui nous attend et d’en être heureux.

Des maisons sur pilotis bordent la route, au détour d’une rizière nous apercevons d’autres maisons au loin, construites autour d’un potager. Comment vous décrire ces maisons? J’essaie de les prendre en photo au passage, mais la route est cahoteuse et je photographie tantôt le ciel, tantôt la terre. Alors je m’essaie avec les mots.

Construites de bois devenu grisâtre avec le temps, ces maisons sont érigées sur de hauts pilotis. Pourquoi sur pilotis? Parce que le Mékong gonfle considérablement pendant la saison des pluies et qu’il envahit les terres. La famille vit dans la partie haute. Dans les maisons plus anciennes, le plancher est construit de lattes de bois, un ingénieux procédé qui laisse passer l’air ainsi qu’un peu de fraîcheur. Le dessous des maisons est ouvert, à même la terre battue. L’arrangement de ces espaces dépend des besoins et des intérêts de la famille. Parfois ils sont le domaine des poules et des coqs, parfois ils servent de rangement pour des outils de toutes sortes et à l’occasion, ils sont d’un fouillis indescriptible. Pour certaines familles, c’est un refuge protégé par l’ombre de la maison, un royaume de la saison sèche, aménagé avec table et chaises, hamacs et articles de cuisine. Un endroit où il fait bon se reposer, un endroit où il fait bon recevoir des amis et des voisins.

Devant les maisons, des structures de bois sont installées, ressemblant à de grandes tables un peu basses. Les familles semblent les utiliser à différents usages. Les femmes s’y installent pour exécuter des travaux, assises sur la structure. Elles s’y retrouvent pour discuter entre elles, pour déposer leurs instruments de cuisine et préparer la nourriture ou encore pour vendre leurs productions. Cela semble un lieu pour le travail, un lieu de partage et aussi un lieu de repos à l’heure de la sieste.

Plusieurs habitants ont installé un petit commerce devant leur maison, souvent près de la route. Cela leur permet de gagner leur vie ou simplement d’ajouter à leurs revenus. Pour chaque communauté, il est possible d’acheter presque tout à proximité:  des  sucreries, des légumes ou de l’essence. Il n’y a pas de poste d’essence à la campagne et les habitants ont trouvé un autre moyen de s’approvisionner. Cela ressemble à une petite pompe installée sur un grand baril. Très ingénieux et surtout, très utile!

Dans la ville de Chhlong, de magnifiques anciennes maisons coloniales de l’époque française bordent le Mékong. Témoins de l’ancienne Indochine, elles ont été abandonnées puis habitées par des Cambodgiens qui n’ont pas nécessairement les moyens d’entretenir ces grandes maisons. Des commerces se sont installés au rez-de-chaussée et forment maintenant un marché.

Avant de partir pour la journée, nous avons lu un article au sujet de l’une de ces maisons qui a été restaurée et qui est devenue un gîte appelé le Relais de Chhlong. Sokcheat ne connaît pas l’endroit, mais en peu de temps il le trouve et nous obtient la permission de visiter. C’est tellement beau et bien rénové! J’y passerais volontiers plusieurs mois pour y écrire!

Nous visitons ensuite deux familles qui produisent des nouilles de riz. La technique de la première se rapproche une peu d’un travail à la chaîne, même si les instruments utilisés nous semblent un peu rudimentaires. Mon amoureux ne tarde pas à s’impliquer pour aider les femmes à presser sur la pâte afin que les nouilles ressortent du contenant prévu à cette fin. C’était bien aimable de sa part, mais les femmes lui ont démontré qu’elles ont trouvé leurs propres trucs pour bien fonctionner. Mais je crois qu’il a aimé l’expérience!

Un peu plus loin, une autre famille prépare leurs nouilles de riz avec des moyens plus près des habitudes ancestrales. Elles vendent leur production aux habitants de la région.

Tout le reste de l’après-midi nous rencontrons d’autres femmes. Certaines opèrent des appareils pour émonder le riz, d’autres préparent des sucreries au lait de coco. Une de ces femmes cuisine des collations au riz qu’elle vend à l’entrée du temple tout près. Nous y avons goûté et c’est délicieux. Cette femme nous a raconté son histoire. Elle a perdu son mari dans les bras du Mékong alors que ses trois fils étaient en bas âge. Elle les a élevés seule. Aujourd’hui, ses enfants sont grands et gagnent leur vie, mais elle tient à travailler pour ne pas vivre à leurs crochets. Une femme d’une beauté touchante, d’un air calme et digne.

Tout au long de notre périple, à tous les endroits où nous arrêtons, Sokcheat nous présente et demande la permission de nous arrêter. Jamais nous avons l’impression de déranger ou de ne pas être à notre place. Les discussions se déroulent simplement et notre guide traduit facilement les propos ou les questions. Il s’amuse avec les enfants, goûte les plats cuisinés, s’intéresse aux personnes visitées. Il connaît presque tout le monde! Il est content de nous faire découvrir son univers et nous sommes heureux de nous sentir si bienvenus.

De retour au guesthouse, ravis de notre journée, nous demandons à notre chauffeur s’il a des suggestions pour le lendemain. Nous prenons entente pour un trajet dans une autre région.

Le lendemain matin, Sokcheat nous retrouve, le sourire aux lèvres, il fait ce qu’il aime. Pourtant, sa nuit a été courte, il a fini tard au restaurant. Nous commençons notre tournée par un arrêt dans des usines où sont fabriquées des briques à base de glaise. Robert et Sokcheat donnent un coup de pouce à un très jeune homme et à sa mère. Ils sont seuls et ne pourront peut-être pas fournir une production suffisante dans la journée. Nous sommes bouleversés par le jeune âge du garçon.

Nous traversons ensuite le Mékong sur un traversier en compagnie de camions et de motos de toutes les couleurs.

Aujourd’hui encore, nous avons le privilège de rencontrer des familles qui ont développé différentes stratégies pour gagner leur vie. La récolte du riz est terminée et ils s’adonnent à d’autres tâches comme baratter du sucre de palme après l’avoir fait bouillir dans un énorme chaudron de métal placé sur un feu de bois, à l’extérieur de la maison. Bien sûr, mon amoureux a fait l’essai du barattage, avec une certaine adresse, je dois l’admettre. Puis ce fut la rencontre d’une famille qui prépare des bananes panées et frites. Pendant ce temps, notre guide taquine les enfants, prend un bébé et nous raconte le vécu des habitants de son coin de pays. Se révélant de plus en plus, il nous parle de sa famille, de ses projets, de ses défis.

Sa joie de vivre est contagieuse, malgré une vie exigeante. Il ne faut pas oublier qu’après ses journées de travail, il rejoint sa femme pour travailler au restaurant.

La pauvreté est présente partout. Nous avons rencontré des gens qui travaillent fort, qui ont imaginé des projets ingénieux pour survivre, qui ont pris du temps pour nous faire goûter leurs productions ou pour nous raconter un bout de leur histoire par la bouche de notre guide. Sokcheat a su nous ouvrir les portes afin que tous soient à l’aise d’échanger. J’ai adoré m’asseoir parmi ces femmes et les écouter discuter avec notre guide dans ce langage si mélodieux que nous ne comprenons pas. Nous étions bien, nous étions émerveillés.

Nous sommes rentrés sous un ciel rosé par le coucher du soleil sur le Mékong, ravis d’en savoir un peu plus long sur cette vie cambodgienne. Merci la vie.

❤️ Information utile:

Pour retrouver Sokcheat composer le + 85560647227 pour un appel international. Pour un appel local: 060647227

 

Kampot

Après presque trois semaines au Cambodge, nous avons compris que les beautés de ce pays ne sont pas nécessairement où l’on s’attend. Il nous reste plus d’une semaine avant de reprendre l’avion et l’exploration des régions du sud reste à faire. Même si les guides de voyages ne donnent pas des commentaires élogieux sur cette région, nous réservons un hôtel pour quelques jours à Kampot, quitte à allonger notre séjour si la ville est bien. Sinon, un retour anticipé à Phnom Penh demeure une option.

Lors de la recherche d’un hôtel, le Blue Bouddha attire notre attention. Un peu excentré par rapport au centre de la ville, mais puisque Kampot n’est pas très grande, cela ne devrait pas poser de problème. Les commentaires sont positifs et nous réservons quelques nuitées.

L’hôtel est effectivement très, très propre. Accueillant malgré sa grande simplicité. Et surprise, notre hôte parle avec l’accent québécois. Normal, car il vient de la Rive Sud de Montréal!

Comme d’habitude, notre premier réflexe est de louer les services d’un chauffeur de tuk tuk qui nous fera découvrir les environs de Kampot.  À notre rythme. C’est à dire…lentement.

Le chaud soleil, la montagne et une grotte ancienne, la préparation des marais salants pour la saison qui commence sous peu, la plantation de poivre Starling Farm, le lac secret et une longue ballade dans la merveilleuse campagne autour de Kampot. Quelle belle journée!

Nous profitons de la visite de la plantation de poivre pour acheter ce fameux poivre qui fait la réputation de la région. Le poivre frais parfume un plat comme rien d’autre et notre réserve en provenance de la Malaisie est épuisée. Celui de Kampot est certifié biologique et nous avons l’assurance qu’il provient bien de la région. C’est l’occasion idéale. Au marché il y a bien du poivre vendu sous l’appellation « poivre de Kampot » alors qu’il provient principalement du Vietnam. Il est certainement excellent lui aussi mais pas de même qualité alors qu’il est vendu au même prix!

C’est vrai qu’il y a peu à faire à Kampot sauf prendre le temps de vivre. Tout est plus calme ici, la circulation vraiment moins dense et les rues plus larges. Les déplacements à pied s’effectuent plus facilement et les longues marches deviennent possibles. Les couchers de soleil sont mémorables, contemplés confortablement assis sur un banc au bord de la rivière. Un beau petit village pour se reposer.

Notre hôtel n’offre pas encore les services de restauration, ses opérations n’ayant débuté que depuis six mois. Il faut donc se déplacer pour les repas. C’est parfois difficile de trouver un resto qui nous convienne même si les choix ne manquent pas. Les heures d’ouverture et les journées de congé varient d’un restaurant à l’autre alors il faut bien s’organiser! Certains endroits sont toujours bondés. Pour les autres…nous n’osons pas. Ils ne paient pas de mine. La cuisine de rue? Hors de question. Pour confirmer nos appréhensions, lors de notre départ de l’hôtel, un des employés revient d’une hospitalisation de deux jours pour un empoisonnement alimentaire, la prudence reste de mise.

L’hôtel offre des services de buanderie par le biais d’un commerçant de la ville. Un matin, un homme rapporte nos vêtements propres juste au moment où nous passons devant la réception de l’hôtel.  Il nous demande de valider ceux qu’il ramène. Deux morceaux semblent ne pas nous appartenir. Nous confirmons. Deux vêtements manquent donc à l’appel. Parti au pas de course, l’homme revient avec un sac de vêtements en vrac puis nous demande de lui indiquer quels sont les nôtres. Imaginez la scène: Robert et moi, cherchant nos possessions parmi t-shirts, shorts, bas et linge de corps, le tout pêle-mêle. Mal à l’aise, n’osant trop fouiller dans un sac de vêtements qui ne nous appartiennent pas. L’homme prend le sac et amorce le geste de le vider par terre. Robert l’arrête juste à temps. « No! Not on the floor! » Notre hôtelière s’insurge et explique à l’homme de ne pas mettre des vêtements propres par terre au beau milieu de la réception! Outrée, elle déclare que c’est un mauvais service et oblige le commerçant remettre l’argent que nous lui avons versé. Je ne suis pas d’accord car les vêtements sont effectivement propres et ils sentent bon. Je lui en aurais payé la moitié au moins mais je n’ose plus contredire l’hôtelière. C’est elle qui devra continuer à faire des affaires avec ce fournisseur, pas moi. Je ne veux pas qu’elle fasse mauvaise figure et de plus, je vois bien que son idée est faite. Nous finissons par trouver les morceaux manquants et l’homme nous quitte. L’hôtelière est furieuse et nous sommes morts de rire! C’est la première fois qu’une telle chose nous arrive. Mais elle a raison, ce n’est pas acceptable.

Avant de repartir vers Phnom Penh, nous effectuons une petite virée à Kep, une ville située au bord de la mer à 40 minutes de Kampot. Un chauffeur de tuk tuk sera notre guide, il est originaire de la ville, quelle chance! Premier arrêt, le Parc national de Kep aménagé dans la montagne. Nous y restons presque deux heures trente à marcher le long des sentiers avant de rebrousser chemin même si nous aurions bien continué notre exploration. Mais il faut repartir si nous voulons visiter le reste de la ville.


Lorsque la faim se fait sentir, notre chauffeur propose un petit resto sur le bord de la mer. Le choix du repas n’est pas bien difficile à faire…Kep est réputée pour son crabe au poivre vert. En attendant l’arrivée du repas, nous observons la vie autour de nous. Des femmes s’affairent auprès de cages immergées non loin de la rive, j’imagine qu’elles contiennent des crabes. Des enfants s’amusent à faire voler leur cerf-volant… Il fait soleil et une brise vient de la mer. Notre crabe est servi. Quel délice…

Après le repas, nous marchons le long de la plage et le temps dégagé permet de voir l’île au Lapin, située juste en face de la ville.

En fin d’après-midi, nous grimpons jusqu’à un temple un peu isolé, accroché au flanc de la montagne. Le temple est paisible, la vue est superbe et le coucher de soleil à couper le souffle. Il semblerait qu’il est possible d’apercevoir au loin l’Île de Phú Quoc au Vietnam. Nous y avons passé quelques jours avant de traverser au Cambodge. Plusieurs îles se découpent à l’horizon et il est bien difficile d’identifier celle qui nous intéresse. Cela n’a pas vraiment d’importance, nous profitons simplement de cette belle nature.  La vue et le coucher de soleil sont splendides et valent bien la montée.

Pour terminer, nous traversons un village de pêcheurs et nous rentrons alors que le jour s’est couché. Une autre belle journée…

C’est avec un peu de regret que nous quittons Kampot, une ville parfaite pour se reposer. Mais Phnom Penh nous attend, nous prévoyons terminer notre séjour au Cambodge par quelques nuitées à l’Hotel Anise. Un véritable havre de paix.

Kompong Thom

Qu’est-ce qui nous amène dans ce petit village situé à mi-chemin entre Siem Reap et Phnom Penh? Notre insatiable intérêt pour les sites archéologiques bien sûr, jumelé à notre désir de connaître davantage la vie dans un petit village. Le Cambodge nous intrigue et ce n’est pas en suivant uniquement les circuits touristiques que nous en apprendrons plus.

Le choix d’un hôtel nous a pas mal donné une idée de ce qui nous attend. Un patelin avec peu de services pour les touristes. Mais c’est de bonne guerre. Au fil des jours nous comprenons que le Cambodge a peu de sites d’intérêts à offrir et qu’un voyageur peut rapidement en faire le tour. Ce pays a d’autres richesses qu’il faut prendre le temps de découvrir. Nous avons le temps et surtout, le désir de comprendre le mode  de vie de ce petit pays. Il se peut que le confort ne soit pas toujours au rendez-vous!

Notre hôtelière parle le français et se fait un plaisir de nous répondre dans notre langue. Par contre, pour apprendre un peu plus sur la vie Kompong Thom, ce n’est pas elle qui m’aidera. Elle demeure très formelle et peu présente. Elle nous salue poliment, avec un grand sourire et c’est tout.

Aussitôt nos bagages déposés dans notre chambre, nous partons à la recherche d’un chauffeur de tuk tuk qui voudra bien nous amener au Sambor Pre Kuk, le site archéologique qui nous a attiré à Kampong Thom. Les négociations terminées, nous allons prendre une bouchée au seul restaurant recommandable de la ville. Ou presque…

Le restaurant est immense pour une si petite ville. Ce n’est pas surprenant, tous les autobus s’y arrêtent en allant soit vers Siem Reap, soit vers la région de Phnom Penh ou encore plus loin vers le sud. La nourriture y est assez bonne, le service assez courtois mais la propreté laisse à désirer. Mais nous avons appris avec le temps à demander que notre table soit nettoyée. Avec le sourire, cela passe mieux. Les Cambodgiens n’aiment pas être pris en défaut, c’est normal et nous sommes des invités dans leur pays.

Sur le chemin du retour vers notre hôtel, un chauffeur de tuk tuk nous aborde poliment, dans un anglais impeccable. Il propose une visite au site archéologique pour le lendemain. Il est très réservé mais ses yeux s’éteignent lorsque je lui explique que nous avons déjà notre chauffeur. Il est plus de dix heures du soir. Cet homme n’a pas de travail pour le lendemain, son regard déçu restera avec moi longtemps.

Réveillés tôt le lendemain, nous partons pour Sambor Pre Kuk après le petit déjeuner pris au même restaurant que la veille. Je reconnais certains serveurs de la soirée précédente, ils ont l’air un peu endormis et je me demande jusqu’à quelle heure ils ont travaillé. Les heures de travail sont longues ici au Cambodge et parfois le salaire n’est pas au rendez-vous.

Encore une fois, il fait beau et chaud. Nous avons environ une heure de route devant nous. Une belle occasion de découvrir la campagne. Le sourire aux lèvres nous savourons notre voyage.

Sambor Pre Kuk est très ancien, très étendu et disséminé dans la verdure. Nous désirons prendre un guide mais personne n’est libre. Juste au moment où nous débutons notre visite par nous même, notre chauffeur de tuk tuk nous appelle. Quelqu’un vient de se libérer.

Et la visite commence. Pendant presque trois heures, notre guide nous entretient de cette culture Pré-Ankorienne qui date de l’époque du 7e siècle au 9e siècle, jusqu’à ce que le pouvoir soit transféré à Angkor avec l’arrivée d’un nouveau roi. Le site a été revisité par la suite et de nouvelles constructions se sont ajoutées. Par contre, les techniques de construction sont différentes et ces édifices supportent moins bien le passage du temps. Les styles diffèrent et les dieux aussi. Au Cambodge, le Bouddhisme s’est ajouté à l’Hindouisme et il n’est pas rare que les deux religions se retrouvent dans les mêmes lieux.

C’est pour nous un véritable bonheur de découvrir ces petits édifices camouflés dans une belle verdure. Les arbres nous protègent du soleil et la visite se déroule confortablement.

D’entrée de jeu, nous réalisons que le site a été bombardé et que les édifices portent des stigmates de ces batailles. Des Vietnamiens se seraient réfugiés à travers les ruines et des bombardements auraient suivi pour les déloger. Encore une triste page d’histoire pour cette nation qui est considérée comme ayant été la plus bombardée de l’histoire. Jusqu’à maintenant…

Notre guide prend le temps de nous expliquer les enjeux qui menacent les ruines. La déforestation, les gens qui viennent couper les arbres le soir où la nuit,  d’autres qui viennent creuser pour trouver des artéfacts. Sambor Pre Kuk est immense et seulement une partie  a été explorée. Des travaux de réfection sont toujours en cours, parrainés par des pays amis. La cité est en attente d’être reconnu par l’UNESCO. Le processus sera peut-être terminé d’ici deux ans. Est-ce que cela sera suffisant pour protéger ce patrimoine laissé aux habitants de ce pays? Quelles en seront les conséquences pour le personnel déjà en place? Qui sait.

Nous avons aussi une belle discussion avec notre guide au sujet de la vie à la campagne et les enjeux concernant la survie de son peuple. L’importance de l’éducation, son regret de ne pas avoir pu pousser ses études comme il l’aurait souhaité, sa reconnaissance envers ceux qui lui ont donné la chance d’étudier et son désir de transmettre ses connaissances aux jeunes de sa communauté. Il donne de son temps à des élèves afin de leur enseigner l’anglais.

Même si la majorité des gens n’en parlent pas ou ne font que le mentionner, nous constatons que ce pays a été durement touché par les guerres. Ce peuple est travaillant, la population jeune et dynamique. Nous leur souhaitons des jours meilleurs.

Nous remercions chaleureusement notre guide, la visite a été plus longue que prévu, il a été très généreux de son temps. Un petit pourboire lui témoigne de notre gratitude.

Notre chauffeur de tuk tuk nous reçoit avec un « Je vous attends depuis trois heures!  » Bien sûr! Nous lui avions dit la veille, cela faisait partie de la négociation du prix. Mais je crois qu’il ne nous avait pas crus…C’est bien mal connaître notre passion!

Sur le chemin du retour, notre chauffeur s’arrête à une intersection: « Voulez-vous prendre les routes de campagne? » Sans aucune hésitation, nous acceptons. Une heure pour nous promener à travers les petits hameaux, les rizières et les cultures de lotus! Quel bonheur! La campagne est beaucoup plus propre que Kampong Thom et ses alentours. Il existe bien de petits amoncellements de détritus près de certaines habitations, mais ce n’est pas généralisé.

Nous avons appris lors de la discussion avec notre guide du matin que plusieurs membres de la population ont de la difficulté à se nourrir tous les jours. Même lui doit compléter ses revenus par un travail occasionnel dans une rizière. L’état de ses mains nous le confirme. Une chaude lutte non seulement pour nourrir sa famille mais aussi pour éduquer leur enfant et peut-être, de compléter ses propres études. Ce que nous lui souhaitons de tout coeur. C’est à lui et à tous les autres qui travaillent si fort que nos pensées vont en traversant cette verdoyante nature. C’est aussi en souhaitant que l’homme réalise à quel point cette nature est merveilleuse mais qu’il la met à risque en la fragilisant avec ses détritus, en polluant ses cours d’eau et en en décimant ses forêts pour cuisiner. Ou tout simplement pour la vente de son bois précieux.

Nous revenons à notre hôtel, pleins de poussière mais le sourire aux lèvres. Kampong Thom vaut le détour. Nous repartons demain pour Phnom Penh.

Battambang

Battambang, la deuxième plus grande ville au Cambodge.

Nous arrivons par bateau, une randonnée de presque 8 heures dans une embarcation chargée plus que la raison ne le permet. Des dizaines de personnes juchées sur le toit, avec leurs bagages. Sous le soleil brûlant du Cambodge, sans gilet de sauvetage. Heureusement, presque tout le trajet s’effectue dans des canaux peu profonds. Le seul risque est de tomber dans une eau extrêmement polluée et de retrouver nos appareils électroniques dans la boue et l’eau sale. Rien de bien réjouissant. Un voyage où l’inconfort des bancs de bois et la monotonie prennent presque toute la place.

Bien sûr, nous  traversons des villages flottants sur le Tonlé Sap, ce qui demeure très intéressant. Nous observons alors en direct comment se font les transports d’un village à l’autre. En bateau-taxi. Cette fois-ci en utilisant notre rafiot, déjà trop chargé. Une plus petite embarcation amène le passager vers la plus grande. Même stratégie lorsque la destination est atteinte. Le voyageur repart dans une petite barque qui l’attend. Je suis impressionnée de l’agilité de ces passagers qui transfèrent d’une embarcation à l’autre, les bagages à la main sans même l’ombre d’une hésitation.

Au fil des heures, nous observons les changements dans le mode de vie des habitants des rives des canaux menant vers Battambang. Tout d’abord des villages flottants avec leurs épiceries, leurs écoles et leurs maisons, flottant si près du niveau de l’eau que la moindre vague les fait ballotter. Plus loin, des agglomérations de maisons sur pilotis apparaissent, bâties sur les bords de la rivière. Nous naviguons plus bas que le rivage et il m’est impossible de voir les terres avoisinantes, plusieurs mètres plus haut même si parfois la présence de grandes rizières se laisse deviner.

En approchant de Battambang, nous longeons une série de refuges de fortune. Des bâches accrochées sur des supports de bois pour la protection du soleil. C’est tout. Des gens s’affairent autour de leur abri, leur quotidien se passe à l’extérieur. Des enfants jouent ou se baignent à une heure où ils devraient être à l’école…je n’ai pas pris de photo. J’en ai été incapable. Cela fait partie des images que vous ne verrez pas. La pauvreté ne se photographie pas. Par respect.

Nous n’avions pas besoin de cette ballade pour comprendre davantage le Cambodge et je ne la recommande à personne. Et sachez que vous traverseriez une section du Tonlé Sap sans protection et que le bateau serait trop chargé, l’appât du gain des opérateurs défiant toute raison.

Battambang est une ville tranquille avec peu d’attractions. C’est la campagne qui est intéressante. Et c’est ce que nous cherchons à organiser lorsqu’une courte publicité retient notre attention.

Parfois il n’en tient qu’à un entrefilet pour nous mener vers l’aventure. Le Butterflytour.asia en est un bon exemple. Une agence qui offre des tours en vélo hors des sentiers battus? Faire le tour des villages en pédalant, visiter des petites entreprises et discuter avec les gens du pays accompagnés d’un guide qui parle anglais? Intéressant!

Cette organisation embauche des étudiants qui désirent parfaire leur anglais. Aider des jeunes à payer leurs études et apprendre davantage sur le Cambodge…cela nous convient.

Je dois vous avouer tout de suite que la ballade en vélo m’inquiète un peu. Je ne suis pas très habile sur un vélo même si j’en ai fait pas mal il y a plusieurs années. Déjà au Canada je ne suis pas très à l’aise dans une circulation dense. Ici, il y a moins de voitures mais il y a beaucoup de motos et de vélos. Une discussion avec le jeune homme qui nous reçoit à l’agence me rassure, une courte section du trajet se fera dans la ville mais aussitôt que nous atteindrons la campagne, nous suivrons des routes secondaires. Des enfants le font alors pourquoi pas moi? Et le trajet nous intéresse beaucoup. Nous prenons un rendez-vous pour le lendemain après-midi. Un tuk tuk nous prendra à notre hôtel. Une sortie parfaite pour le jour de Noël.

À notre arrivée, notre guide et sa stagiaire précisent l’ordre du jour et nous ajustons nos vélos. Je m’attends à me sentir insécure pour les premières minutes en vélo mais que tout devrait rentrer dans l’ordre aussitôt habituée à ma monture. La circulation m’inquiète plus…mais pas trop quand même. Les casques de vélo sont fournis ainsi que de l’eau, indispensable sous le chaud soleil d’après-midi..

La sortie de la ville est un peu ardue pour moi mais notre guide est extrêmement gentil et me rend la tâche facile. Les premiers kilomètres se font facilement et la chaleur se tolère bien à vélo. Nous passons à travers de petits villages mais je dois avouer que je n’ai pas trop le temps de regarder, toute mon attention est centrée sur la conduite du vélo. Les salutations fusent de partout. Mon amoureux adore le vélo et son sourire ne trompe pas. C’est Noël et la journée est belle.

Au premier arrêt, une petite entreprise de fabrication de papier de riz destiné à cuisiner des rouleaux de printemps. Les membres d’une famille nous attendent pour nous montrer leur savoir-faire.

Mon amoureux en profite pour troquer son casque de sécurité pour son bonnet de père Noël. Avec sa barbe blanche il a vraiment la tête de l’emploi et il s’amuse!

Une des femmes m’offre de participer au processus et de placer les feuilles de riz sur une grille qui sera ensuite exposée au soleil pour le séchage. Après quelques essais j’y arrive sans mal. Il me reste à prendre de la vitesse. Notre guide précise que c’est un travail effectué par les femmes en raison de son aspect routinier. Je fronce un peu les sourcils mais je n’ajoute rien.

À regarder les femmes travailler, je me dis que les mouvements répétitifs doivent quand même laisser des traces sur le corps, surtout quand on voit la quantité impressionnante de feuilles qui sont fabriquées chaque jour! Une famille vit en partie des revenus de ce petit commerce.

Au deuxième arrêt, nous rencontrons une femme qui opère un commerce de bananes séchées. Les petites bananes sont pelées et tranchées dans le sens de la longueur puis étendues sur un grand plateau métallique qui sera placé au soleil pour le séchage. Les tranches de fruits séchés sont ensuite grillées et leur goût devient un peu plus sucré.

Cette famille exploite aussi une rizière et vit dans une maison traditionnelle de bois. Les habitants dorment à l’étage supérieur alors que le rez- de-chaussée demeure sur la terre battue. Nous y retrouvons la cuisine, une table pour les repas, un hamac. Cet espace sert aussi d’entreposage pour les outils et la moto. Il y fait plus frais qu’à l’étage et la famille y passe une grande partie de son temps. Pourquoi les chambres sont-elles à l’étage? En partie pour se protéger des animaux sauvages. Les serpents sont venimeux et les scorpions aussi.

Encore une fois Robert fait rire autour de lui avec son chapeau de père Noël!

Notre hôtesse accepte la prise de photo avec Robert ainsi accoutré mais avec un sourire en coin. Les enfants le regardent avec les yeux ronds…Noël n’est pas une fête connue de tous les Cambodgiens. Ils ne la fêtent pas, même si des décorations de Noël sont visibles partout en ville. C’est pour les touristes. Et pour les quelques expatriés qui vivent au Cambodge.

Nous continuons notre route vers la distillerie de vin de riz. Le travail est terminé pour la journée mais le propriétaire vient quand même nous rencontrer pour  expliquer le processus de fabrication de son alcool. Il veut bien nous montrer l’ensemble des ingrédients qu’il utilise mais les quantités restent secrètes, de même qu’un ingrédient mystérieux qui ferait toute la différence selon lui. Il invite le père Noël à goûter au produit fini, bien sûr!

Nous arrivons près d’une fabrique qui produit une pâte de poisson, l’odeur ne trompe pas et notre guide annonce en riant que cette visite n’a pas besoin de présentation. J’ai beaucoup de respect pour tous ces travailleurs qui gagnent leur vie en travaillant dans cette petite entreprise. L’odeur est difficile à supporter et les conditions d’hygiène déplorables. Malgré tout, nous avons été reçus par des salutations bien senties et de grands sourires. À la fin, personne de notre groupe  n’est fâché de se remettre en route! Même le père Noël! Pourtant il adore les marchés de poisson, vous le savez bien…

La ballade en vélo se poursuit dans les rires et la bonne humeur. Mon amoureux attire partout l’attention avec son chapeau de père Noël et les rires fusent sur notre passage. Les motos ralentissent pour le saluer. Personne ne peut lui résister, son grand sourire heureux a son charme et tout le monde le salue. Quel beau Noël pour nous!

Nous arrêtons chez une famille qui fabrique des nouilles de riz de façon artisanale. La production est aussi terminée pour la journée mais tout le processus nous est expliqué et nous goûtons à une soupe préparée à notre intention avec des nouilles de riz fraîches, attablés au bord de la route.

Nous arrêtons finalement à l’endroit où nous devrions déguster des gâteaux de riz. Nous sommes trop tard. Là aussi c’est terminé. Nous avons mis trop de temps pour notre tournée et la noirceur commence à s’installer. Je demande à notre guide d’appeler un tuk tuk, je suis fatiguée. Pas en raison de la randonnée, elle est facile. Plutôt en raison de la peur qui ne m’a jamais quittée. Toute mon énergie a été concentrée à contrôler mon vélo et je ne me suis pas sentie en sécurité sauf dans les sentiers que nous avons empruntés à l’occasion. D’autant plus que j’ai chuté lors d’un arrêt. Une chute sans conséquence, sauf quelques égratignures et peut-être quelques bleus, mais qui illustre bien mon manque d’habileté. Il fait de plus en plus noir et je sais qu’il est plus sage pour moi de déclarer forfait. Ça va, je m’assume. C’est donc en tuk tuk avec mon vélo que je termine la randonnée alors que les autres nous suivent dans un sprint final.

Est-ce que je recommande cette visite? Sans aucun doute. Le matin de préférence afin que tous les commerces visités soient en opération. Pour la ballade en vélo à travers les villages, les rencontres avec les gens, pour la belle campagne. Robert, et  son sourire ne trompent pas. C’est une journée réussie. Quant à moi, je me remettrai au vélo dès la prochaine occasion. Soyez-en assurés!

Les temples d’Angkor, complètement séduits

Nous prenons un congé des temples pour visiter le Musée national d’Angkor. Une belle balade de 20 minutes à pied à partir de notre hôtel, en longeant une rivière. Le soleil nous accompagne, une brise légère souffle doucement. Tout va bien!

Un musée bien fait, où les informations nous aident à mieux comprendre les civilisations anciennes d’Angkor. Tout ce que nous avons visité depuis notre arrivée fait encore plus de sens. Les explications sont claires et les pièces inspirantes. L’évolution de l’art Khmer et de ses influences du IXe siècle au XIVe,  c’est passionnant!  Nous apprécions notre visite dans cet endroit calme et reposant.

Le seul bémol de la visite? Un groupe de touristes et leur guide,  certainement débarqués d’un immense autobus. Ils sont bruyants, leur guide parle très fort et ils sont envahissants. Les gardiens ne disent rien…les autres visiteurs du musée les regardent d’un air découragé. Heureusement leur présence ne dure pas longtemps, un guide leur fait traverser les salles d’un pas rapide et ne leur donne des explications que pour les pièces les plus importantes. Le calme revient aussi soudainement qu’il nous avait quitté et la fin de la visite se passe bien.

Nous profitons du reste de la journée pour marcher dans Siem Reap et nous reposer un peu. Nous avons loué une chambre dans un hotel bien tenu, situé dans une petite ruelle à l’écart du brouhaha du marché et de l’immense bazaar bondé de restaurants et de boutiques de souvenirs. Nous y sommes très bien. La nourriture Khmer est savoureuse, goûteuse et il est possible de choisir des plats végétariens avec de beaux légumes frais.

Comme cette partie de Siem Reap est très touristique, nous avons droit à des offres de consommation de toutes les sortes. Difficile de marcher dans la rue sans que les chauffeurs de tuk tuk, stationnés aux endroits stratégiques, nous crient: « Hello! Hello! Tuk tuk sir? Madam! You want a tuk tuk? Hello! Hello! Hello! » Ou si nous traversons les boutiques du marché: « Madam, you want something Madam? Hello! Madam! » Ils veulent vendre et feront tout pour cela, c’est leur gagne pain. Nous sommes devenus leur moyen de survie. Si nous ralentissons pour admirer une pièce un peu spéciale, les incitations augmentent en intensité… Il nous arrive chacun notre tour de trouver cela un peu difficile mais nous finissons toujours par en rire.

Aussitôt que nous entrons dans la ruelle conduisant à notre hôtel, le silence revient…jusqu’au lendemain matin où le réceptionniste m’accueille alors que je descends encore l’escalier. « Good morning Madam. Did you sleep well? How was your night? Going for breakfast now? Are you eating next door? You can eat  somewhere else if you want to, no problem! Where are you going today? Where is your husband? » Une vrai usine à questions! Et je l’entends recommencer avec Robert qui suit pas très loin derrière moi! Heureusement, les autres membres du personnel sont plus discrets.

Au troisième jour de la visite des temples d’Angkor, monsieur Kong, notre chauffeur de tuk tuk se présente avec un épais blouson avec un capuchon. Il fait frais et nous avons une heure trente de trajet devant nous. Nous emportons de quoi nous couvrir, la première fois depuis Sapa. Le temps légèrement plus frais se continue depuis quelques jours. Les visites sont assez confortables malgré la chaleur qui s’installe rapidement au cours de la journée. Mais en tuk tuk, le vent est un peu froid et c’est avec nos manteaux que nous débuterons la visite ce matin. Tout au long de la route, de grandes rizières et les étangs de lotus alternent avec de petits bourgs plutôt pauvres et désordonnés. Nous passons de paysages bucoliques à la dure réalité d’un pays où une grande partie de la population est plus pauvre que pauvre. Mais partout, les gens s’affairent sous le soleil qui se réchauffe peu à peu.

Le temple Banteay Srei vaut amplement le détour. C’est le site le plus ancien de ceux que nous avons visités. Je suis heureuse de le découvrir car ce que nous avons lu à son sujet la veille au musée a éveillé ma curiosité. La succession de rois et les influences des artisans, venus de pays avoisinants, ont grandement inspiré les différents styles de construction d’Angkor mais aussi les sculptures et les décorations. Dans toute cette évolution, malgré qu’il soit très ancien,  Banteay Srei propose un style savamment ciselé, tout en subtilités et en détails.

 

Une surprise nous attend à Bantay Srei! Malgré l’éloignement du site, nous croisons un nombre important de groupes de touristes. Et puisque le temple est tout petit, nous sommes entassés les uns sur les autres et il est un peu difficile de rester en place pour observer les détails ou même pour prendre des photos.

 

Je décide donc de lâcher prise, d’essayer de savourer la visite et même de rire de la situation avec un autre couple de touristes qui se sont fait bousculer eux aussi. Mais malgré tout cela, la visite vaut la peine!

 

Notre randonnée à la campagne prévoit un autre arrêt, l’escalade d’une montagne où nous pourrons admirer des belles chutes. Il semblerait que les Cambodgiens aiment bien s’y relaxer. En discutant pendant notre repas du midi, nous décidons plûtot de nous entendre avec monsieur Kong, notre chauffeur, pour retourner au Bayon pour l’admirer de nouveau et au Ta Promh pour terminer notre visite de la veille. Notre visite au musée nous a fait voir les styles de construction avec un autre œil. Nous voulons aussi ressentir encore une fois le charme de nos temples préférés. Nous repartons en fin d’après-midi, rassasiés de nos visites et prêts pour une bonne douche!

Les temples d’Angkor nous ont complètement séduits…

 

Les temples d’Angkor, absolument émerveillés

Le circuit de la deuxième journée aux temples d’Angkor propose la découverte de temples plus connus et plus imposants que ceux de la veille. La tournée commence donc par le célèbre Angkor Wat, un chef d’œuvre de l’architecture Khmer.

Nous apercevons de loin les cinq tours qui coiffent Angkor Wat et en approchant, nous réalisons à quel point elles sont imposantes. Pas étonnant qu’elles soient devenues l’emblème du Cambodge et qu’elles apparaissent sur le drapeau national!

Cet immense temple montagne, au départ hindou puis bouddhiste, est dédié tout d’abord à Vishnu. Le centre du Wat est conçu pour représenter le mont Meru et loge des lieux saints à son sommet. Nous y parvenons par un escalier assez abrupt dont l’accès est contrôlé par des gardiens. Un nombre limité de personnes sont admises à la fois et il faut attendre que d’autres touristes redescendent. Lorsque notre tour arrive, notre habillement est vérifié, nos épaules et nos genoux doivent être couverts pour accéder au sanctuaire. Nous pouvons enfin gravir les marches, notre laisser-passer autour du cou. Tout est paisible en haut et porte au recueillement. Du haut des remparts qui ceinturent le sanctuaire, il est possible d’admirer les environs et les sommets des autres constructions qui surgissent de la forêt au-delà des douves d’Angkor Wat. Une brise légère adoucit les effets du soleil qui commence à chauffer. Le regard de Robert croise le mien…nous sommes privilégiés.

La partie centrale d’Angkor Wat est entourée de grandes galeries rectangulaires. L’une d’entre elles nous impressionne plus particulièrement par ses bas-reliefs qui recouvrent presque tous ses murs, illustrant le Râmâyana et le barattage de la mer de lait, un épisode de la création du monde.  Le travail est d’une telle finesse et fait d’Angkor Wat un véritable bijou archéologique!

Régulièrement Robert nous fait la lecture, toujours assis un peu en retrait. Nous apprenons un peu plus sur la civilisation Khmer et sur les grands rois qui ont construit Angkor. La magie est au rendez-vous.

Mais notre réel coup de coeur nous prend par surprise. En entrant au Bayon, situé exactement au centre de la grande cité Angkor Thom, nous admirons longuement de magnifiques bas-reliefs avant d’entrer dans le labyrinthe de galeries du rez-de-chaussée.

Mais rien ne nous prépare à la vue qui nous attend en grimpant les escaliers qui mènent à l’étage.

Le deuxième étage de la structure est littéralement coiffé d’immenses têtes avec quatre visages qui regardent toutes vers un point cardinal différent. Une nouvelle tête surgit à chaque détour! Elles se découpent fièrement sur le ciel bleu, entourant un troisième étage d’une forme sphérique. Lors de la construction du Bayon, il y en aurait eu 54 en tout, comme le nombre de provinces au Cambodge. À travers les années, cette structure a suscité la curiosité de bien des archéologues. Quant à moi, elle séduit mon imaginaire!

Nous continuons notre périple sous le soleil d’après-midi pour nous retrouver derrière un immense temple que nous venons d’escalader, le Baphuon. Il m’a fallu tout mon courage pour redescendre l’escalier abrupt et mes genoux tremblent encore. Les indications nous amènent en arrière de l’imposante structure vers des panneaux d’information protégés par un toit de palme. Un bouddha devrait attirer notre attention même s’il est endommagé. Rien en vue. Désolés de l’avoir manqué, nous refaisons nos pas en pensée…regardons autour des panneaux…avançons un peu plus loin…rien! Je me retourne vers le Baphuon en me disant que je n’ai pas le courage de remonter. Il est là! Ce majestueux Bouddha mesure 60 mètres et occupe tout le mur arrière du temple! Il est immense. Pas étonnant que l’étage supérieur du temple soit presque inexistant, ils en ont repris les pierres pour construire le Bouddha couché!

Le temple appelé Ta Promh, situé lui aussi dans la cité Angkor Thom, se classe lui aussi au palmarès de nos coups de coeur. Cet endroit a été laissé à lui-même pendant plusieurs années et la nature a repris ses droits. Quel spectacle! De grands fromagers ont élu domicile le long des murs et autour des entrées. Une vrai cité perdue que nous avons l’impression de découvrir!

Avec ses multiples cours et ses galeries, elle ressemble à un immense labyrinthe à l’intérieur duquel il fait bon se perdre.

Si le Bayon a suscité bien des questionnements de la part des archéologues en raison du style de sa construction, Ta Promh quant à lui fait rêver. La lumière est parfaite en cette fin d’après-midi. Nous quittons les lieux à regret, la fin des visites étant arrivée. Mais il  nous reste encore une journée de visite, nous reviendrons!

Nous repartons vers Siem Reap en compagnie de notre chauffeur de tuk tuk, juste le temps de prendre quelques photos supplémentaires et de nous dire que nous avons passé une belle journée.

Les temples d’Angkor, se laisser apprivoiser

 

C’est avec un peu d’appréhension que nous entreprenons la visite des temples d’Angkor. Pourquoi? Bien sûr, voir Angkor fait partie de mes rêves et de mes souhaits depuis un bon moment déjà. Mais nous avons visité tant de beaux sites archéologiques depuis que nous voyageons Robert et moi! Les vieilles pierres et leur histoire nous fascinent. Les travaux des grandes civilisations ne cessent de nous épater. Est-ce que les temples de Angkor seront à la hauteur de ceux d’Ayuthaya en Thaïlande, des ruines du Mexique et de l’Amérique centrale ou des temples à couper le souffle du Tamil Nadu?

Nous décidons cependant de garder l’esprit bien ouvert, d’effectuer nos lectures et de nous laisser bercer par la découverte de ces temples, certains lovés en pleine jungle. Préparés à avoir chaud et à faire les visites parmi une mer de touristes, nous louons les services d’un chauffeur de tuk tuk par le biais de notre hôtel à Siem Reap. Si nous l’aimons, nous le reprendrons les jours suivants.

Le coeur me débat un peu en achetant nos billets pour trois jours. Prévoyant attendre en file, je suis surprise de la rapidité avec laquelle notre photo est prise et le billet imprimé. Monsieur Kong, notre chauffeur, nous prête une petite protection plastifiée pour nos billets. Nous la passons autour de notre cou.  La validité de nos billets sera vérifiée à l’entrée de chacun des temples ainsi que notre habillement qui doit nous recouvrir suffisamment. En effet, plusieurs de ces temples sont toujours utilisés comme lieux de culte. Respect oblige.

Le premier jour, nous visitons de plus petits temples. Nous sommes heureux et reconnaissants de découvrir Angkor mais la magie ne monte que lentement. Angkor prend son temps pour nous apprivoiser. C’est au fil des lectures que nous comprenons que plusieurs temples sont en fait des nécropoles. Pre Rup par exemple.

C’est au dernier temple de la journée, le Preah Khan, que la magie nous emporte. Plus grand, plus majestueux il nous séduit.

La cité abritait un monastère, une université bouddhique et des résidences de villageois tout autour. Les restes des maisons de bois et de bambou ont depuis longtemps disparu mais une bonne partie des constructions de pierre demeurent. Nous pouvons même encore arpenter les couloirs et imaginer la vie à cette époque où presque 100,000 personnes vivaient autour de cette immense cité. Imaginez le nombre de serviteurs requis pour l’entretien!

Même si la plupart des statues ont ėté volées ou placées dans des musées et que la végétation a repris ses droits, Preah Khan est très impressionnante. Des amoncellements de pierres disséminées dans les galeries laissent présager un immense casse-tête pour les travaux qui restent à accomplir.

Nous commençons à mieux connaître cette civilisation et je réalise que les jours de fête, les statues des divinités étaient décorées d’étoffes soyeuses et de bijoux. Assis dans un coin tranquille nous rêvons à toute cette population qui y vivait et les activités qui devaient animer les recoins de cette cité antique. Notre coeur vibre…

En fin de journée, nous observons le coucher de soleil du haut du Phnom Bakhèng en compagnie de plusieurs centaines de personnes. Notre chauffeur de tuk tuk nous a bien guidés. Arrivés tôt, après vingt minutes de marche dans un sentier qui mène au sommet de la montagne, nous n’avons aucune difficulté à obtenir un laisser-passer spécial et à monter la volée d’escaliers pour accéder au temple. Seulement 300 de ces permissions seront délivrées et à notre descente, au coucher du soleil, des centaines de personnes attendent leur tour. Nous remettons notre laisser-passer qui est immédiatement assigné à quelqu’un d’autre. Pour plusieurs d’entre eux il sera trop tard. Encore une fois, nous sommes chanceux. Merci monsieur Kong!

Sur le chemin du retour vers l’hôtel, notre chauffeur pointe de grandes structures en passant. « Tomorrow » dit-il à plusieurs reprises en riant. Il sait comment nous mettre en appétit! Et cela fonctionne. Nous sommes fourbus, les vêtements collés au corps mais heureux d’être à Angkor. La cité antique a gagné notre coeur et nous a apprivoisés.