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La mer et le fleuve

C’est du haut de l’avion que nous quittons les rizières et les immenses champs de la région de Can Tho, bien irrigués par le Mékong. Un joli pavillon au milieu d’un jardin de fleurs nous attend sur l’île de Phú Quóc, tout près du Cambodge. Un petit repos au bord de la mer avant d’entreprendre la dernière partie de notre voyage au Vietnam. Quatre jour à ne pas trop planifier ni à prendre des décisions, juste à savourer le temps qui passe et la chance que nous avons d’être ici. Pour découvrir un autre visage du Vietnam, celui du bord de mer.

Nous sommes chanceux, l’hôtel est bien et tranquille, notre pavillon baigné de lumière avec un hamac sur le balcon. Le restaurant, situé sur le bord de la mer, nous permet de manger les deux pieds dans le sable en regardant les bateaux de pêcheurs pas très loin de la rive. Le soir, des tables sont placées sur la grève et nous prenons nos repas à la chandelle sous un léger vent. Difficile de ne pas relaxer!

La tenue de l’hôtel et du restaurant, par un personnel jeune et dynamique, nous impressionne encore une fois. Personne n’arrête du matin au soir, il y a toujours quelque chose à préparer. Dans la bonne humeur et les rires,  d’après nos observations. À chaque soir, du sable doit être déplacé pour former une plateforme afin de placer les tables le plus près possible de la mer. Un barbecue est installé sur la plage ainsi qu’un plan de travail pour cuisiner, tout près. Puis vient le tour des tables avec leurs nappes blanches et une petite chandelle pour accueillir les dîneurs. Tout l’après-midi un va et vient incessant amène d’immenses sacs de glace, des légumes et du poisson frais pour le barbecue. Toujours la même préparation, soir après soir. À la nuit tombée, toutes les tables sont occupées. Les bateaux de pêches ont, depuis le crépuscule, allumé les lumières vertes pour pêcher le calmar. Une atmosphère magique.

Une petite randonnée hors de notre hôtel nous permet de découvrir un petit café qui offre aussi des pâtisseries. Par miracle, le cuisinier me confirme que certaines de ses pâtisseries ne contiennent pas de produits laitiers. Toute fière, je déguste un petit gâteau au coco et un café chaud! Pour une fois que je peux accompagner mon café d’une petite collation en après-midi! Quel délice!

Quelques jours plus tard, nous quittons l’île de Phú Quóc pour la ville de Chau Doc, située près de la frontière du Cambodge, notre dernière étape au Vietnam. En descendant de l’autobus, nous devons de nouveau prendre une moto taxi pour nous rendre à l’hôtel. C’est plus facile, je commence à prendre de l’assurance! Dès notre arrivée, le village nous charme par son calme Et cela, malgré que nous soyons en plein après-midi et que tous vaquent à leurs occupations.

Dans ce petit village, la vie est aussi en bordure du Mékong, un peu à la merci de ses caprices et de sa générosité.

Une ballade sur le fleuve nous ramène de nouveau parmi les activités du marché flottant, dans un élevage de poissons, dans un village Cham de religion musulmane et sa paisible mosquée.

Sur le chemin du retour vers notre hôtel, prenons le temps de visiter le marché situé le long de la rue qui longe le bord de l’eau. Une belle visite! Des fruits et légumes frais, des étalages de poissons, de vêtements et de fleurs. Malgré que c’est loin d’être notre premier marché, tous sont différents et nous ne pouvons nous empêcher de prendre moult photos!

Des gens qui ne font que passer, d’autres qui rient et se taquinent. Une femme qui prépare des légumes, une autre qui replace son étalage. Nous aimons les marchés!

Nous revenons plus que jamais avec nos questionnements au sujet de la salubrité du fleuve sur lequel nous venons de nous promener. Les traces de pollution sont bien évidentes sur l’eau et sur ses rives. Elles deviennent plus intenses lorsque nous sommes aux abords de la ville, confirmant que l’activité humaine y est pour quelque chose. Un jeune homme de Chau Doc consent à répondre à nos questions à ce sujet. Il habite avec sa famille dans une maison sur le bord du Mékong. Effectivement, lors de la crue des eaux, leur maison est inondée et le retrait de l’eau laisse des traces nauséabondes… Impossible de vendre la maison pour se loger ailleurs. Il y a aussi la vie à l’intérieur des terres, pour le commerce et l’agriculture mais notre jeune homme ajoute que la vie y est plus chère…beaucoup plus chère.

Le soir, nous passons quelque temps dans un temple bouddhiste à regarder les gens venus se recueillir et à apprécier le calme qui règne dans ce lieu. Au son du gong, pendant la prière, assis en retrait sur l’un des bancs, nous remercions la vie de nous permettre de pouvoir rencontrer de si belles personnes tout au long de notre trajet, de visiter des lieux qui nous émerveillent. Nous demandons de protéger tous ceux qui nous sont chers. Et nous réfléchissons au sort de ce monde parfois malmené par l’homme…

Demain nous partons en bateau pour le Cambodge. L’heure est venue de dire au revoir au Vietnam.

An Binh, avec tout mon respect

Le mythique delta du Mékong, le grenier à riz du Vietnam. Une région à découvrir, un des multiples visages du Vietnam. Nous choisissons d’explorer plus particulièrement la région de Vīnh Long ainsi que l’île de An Binh, plus calme et moins populeuse. Pour tenter de mieux comprendre le mode de vie des habitants de la région, nous choisissons un séjour dans un homestay, chez un Vietnamien et sa famille.

Avec l’aide de la préposée aux voyages de notre hôtel à Saïgon, nous réservons le homestay par téléphone et achetons notre trajet en bus. C’est simple, non? La veille de notre départ, la jeune femme nous informe qu’il n’y a pas de bus direct tel que prévu le lendemain, mais qu’elle a organisé notre voyage autrement. En bus local vietnamien, parfait pour nous! Elle s’est occupée des relais lors de toutes les transitions car nous devons changer de moyen de transport à plusieurs reprises.

Tôt le lendemain matin, elle nous accompagne en taxi au terminal d’autobus, achète nos billets, me présente un jeune homme à qui elle remet une enveloppe et nous dit au revoir avec un grand sourire.  Trente minutes plus tard, un autobus s’arrête, l’homme nous fait signe d’entrer et remet l’enveloppe au chauffeur avec des instructions en nous pointant. J’ai compris plus tard que l’enveloppe contenait l’argent pour les deux autres trajets suivants avec le numéro de téléphone de notre hôte afin de l’avertir de l’heure de notre arrivée, tel que prévu la veille. Je dois vous avouer que pour deux routards comme nous, habitués à nous organiser par nous-même, c’est tout un exercice de lâcher prise. Dans ce contexte où nous ne parlons pas la langue du pays, nous regrettons de ne pas avoir par écrit les noms des endroits de transit afin de les montrer en cas de pépin. Après tout, notre voyage consiste en 5 étapes au lieu de deux! Mais notre organisatrice ne voyait aucun risque dans notre périple. « Don’t worry everything will be fine. » Elle avait raison. Sur le bus, nous faisons connaissance avec une jeune Vietnamienne qui parle anglais, nous discutons de voyage puisqu’elle en est aussi passionnée et aussi un peu de son pays. Notre trajet s’effectue comme une horloge bien réglée, notre hôte nous attend devant le ferry et le temps de le dire, je me retrouve sur l’île de An Binh, assise derrière la moto de l’hôtesse du homestay avec mes bagages, la sixième étape de la journée!

Et nous saluons rapidement notre jolie Vietnamienne qui arrive aussi à destination, ses parents habitent à deux pas du homestay.

Notre gîte est assez rudimentaire mais suffisant pour nos besoins. Partager les aires communes avec une famille vietnamienne et d’autres touristes, cela ne nous arrive pas souvent! Heureusement, nous sommes tombés encore une fois sur des gens bien et la cohabitation se déroule bien. La maison est située à environ un kilomètre du débarcadère et nous décidons de retourner à la ville de Vīnh Long pour prendre une bouchée pour le repas du midi et visiter le marché.

Les voitures ne peuvent circuler sur toute les routes de l’île car plusieurs des petits chemins de béton qui relient les maisons et les hameaux ne sont pas suffisamment larges. Il reste donc la moto, le vélo ou la marche! J’oubliais le bateau car l’île est sillonnée de petits canaux navigables. Marcher le kilomètre qui nous relie au ferry est un peu stressant pour nous,  les motocyclistes nous frôlent d’un peu trop près et les vélos, plus silencieux nous surprennent un peu s’ils arrivent derrière nous. Mais nous sommes prudents, ne vous inquiétez pas. Se ranger et céder le passage allonge la durée de notre trajet mais peut-être aussi celle de notre espérance de vie! Alors pas de chance à prendre.

Monter sur  le ferry est aussi toute une aventure et nous avançons en compagnie de motos, de cyclistes et de piétons comme nous. Tout le monde en même temps! C’est tout un périple, même sans nos bagages cette fois-ci. Mais je ne voudrais pas céder ma place pour rien au monde!

Le lendemain nous profitons d’une longue randonnée sur l’eau, une belle façon de visiter le delta et ses marchés flottants. Nous partons tôt, vers 6:00 du matin avec un petit déjeuner composé d’un petit pain, une banane, un morceau de fromage et heureusement, du café vietnamien. Assis confortablement, en dégustant notre repas frugal, nous découvrons la vie sur le delta en compagnie d’une adorable famille de Nouvelle-Zélande. Les maisons sont construites principalement le long des canaux, les terres centrales étant réservées principalement aux cultures. En nous promenant, nous observons la routine matinale des gens qui habitent sur un bateau ou dans les maisons flottantes. Toilette du matin, petit-déjeuner, nettoyage de la cuisine…une vie au grand air bien sûr, mais aussi à la vue de tous. Je me garde une petite réserve pour certaines photos. Respect oblige.

Graduellement, nous prenons conscience de la pollution des eaux, elle est omniprésente. L’eau est brune et nous semble un peu boueuse. Le Mékong prend sa source en Chine et longe la Thaïlande, le Laos et termine sa randonnée au Vietnam, dans la mer de l’Est. Déjà, il y a plusieurs années, une randonnée sur le fleuve au nord de la Thaïlande nous avait fait découvrir une eau plutôt brune.

Aujourd’hui, à plusieurs endroits de notre parcours, nous observons des égouts se déverser dans l’eau. L’odeur ne trompe pas et confirme nos impressions. Je me questionne sur la salubrité de cette eau qui irrigue la région et qui nourrit tant de personnes.

Notre embarcation traverse le marché flottant de Cái Be où se font des transactions de toutes sortes, d’un bateau à un autre. Les fruits et légumes sont en profusion et chaque bateau arbore le produit qu’il propose attaché au bout d’une longue perche. Les activités de ce marché ressemblent à une immense chorégraphie sur l’eau.

Notre ballade se continue dans de plus petits canaux. Une femme traverse lentement un pont qui surplombe le canal, elle porte pantalons longs, un chandail à manches longues et un masque de tissu fleuri pour se protéger du soleil et de la poussière, comme bien des femmes au Vietnam. Un enfant se promène en vélo en suivant le bateau, le long d’un sentier. Un homme répare le moteur de son embarcation, d’autres pêchent. Des ouvriers chargent du sable retiré du canal sur une embarcation plus grande avant qu’il soit acheminé vers une autre destination. C’est dimanche et tout semble fonctionner au ralenti.

Nous revenons de notre ballade avec plus de questions que de réponses. Comment vivent ces familles? Nous avons visité quelques confiseries qui emploient du personnel.  Sur l’île de An Binh, il y a une importante usine de sauce au poisson et nous avons croisé plusieurs entreprises qui s’adonnent à la pisciculture. Il y a le tourisme bien sûr et l’agriculture. Malgré que nous croisons de très jolies résidences sur notre parcours, de l’autre côté de la route, celles qui longent le canal nous apparaissent très modestes. Des gens qui travaillent fort pour assurer leur survie et qui s’affairent à leurs tâches avec une énergie qui continue de nous surprendre en raison de la chaleur intense.

Nous quittons An Binh en restant un peu sur notre faim en ce qui concerne la vie dans le delta. Nous avons à peine vu nos hôtes. Ils étaient très occupés. Comment la population s’accommode t-elle des conditions d’hygiène que nous avons observées? D’où vient l’eau consommée? Est-ce qu’une sensibilisation est faite auprès de la population? Au gîte nous avons même observé des membres de la famille jeter naturellement leurs détritus dans l’eau en les lançant par dessus le balcon. Et cela malgré la présence de bacs devant la maison. Que de questions sans réponse…

Nous prenons l’avion le lendemain matin en saluant bien bas cette population qui a tout notre respect. Une belle étape, qui nous a permis de rencontrer sur le bus une jeune vietnamienne venue à An Binh de Ho Chi Minh pour visiter ses parents. Une belle jeune femme, bien de son temps, avec qui je garde le contact. Mais notre visite fut trop courte.

Ho Chi Minh la mal aimée

« Il n’y a rien à faire à Ho Chi Minh! Il n’y a pas grand chose à voir. » Je peux comprendre dans le cas où une personne n’a pas beaucoup de temps ou qu’elle n’aime pas les grandes villes. Ho Chi Minh demande à être apprivoisée.

Juste le nom stimule l’imagination et nous tenons à visiter cette ville. Nous prenons donc l’avion de Da Nang vers Saïgon, l’ancien nom de la ville d’Ho Chi Minh appelé aussi HCMC. Plusieurs Vietnamiens utilisent encore l’ancien nom à ma grande surprise.

Bien sûr, elle est très différente de Hanoï la capitale nationale qui elle, a gardé son caractère plus traditionnel, voire romantique, avec ses anciens quartiers malgré la modernité de ses services et son économie florissante. Un beau contraste, vous l’avez senti dans nos propos.

Ho Chi Minh elle? Bien difficile à décrire. Bruyante, certes. Chaotique, agitée, effervescente. Elle a vu son économie augmenter considérablement depuis les dernières années. La circulation y est extrêmement dense. Je n’ai jamais vu autant de motos arrêtées à un feu rouge. Une mer de motos! Conduites par des personnes qui portent un masque de tissu et parfois un chandail malgré la chaleur pour se protéger du soleil et de la poussière. Et oui, j’ai bien dit feu rouge. Il arrive que la circulation arrête aux feux rouges, pas immédiatement mais une partie du flot de motos, de vélos et d’automobiles s’arrête, sauf ceux qui tournent et les autres…Il faut donc bien regarder avant de mettre le pied dans la rue même si un signe lumineux nous dit que c’est le tour des piétons. Ici, le piéton n’est pas le roi, des motos circulent souvent sur les trottoirs, principalement à l’heure de pointe alors que des milliers d’autres motocyclistes attendent leur tour au feu rouge…En empruntant le trottoir, parfois spacieux, il faut se déplacer à travers les milliers d’autres motos stationnées devant les commerces. En fait, en raison de la densité de sa population, Saïgon est la ville de la moto. Plus de 8 millions d’habitants qui doivent se déplacer…c’est à considérer.

Nous n’avons pas le temps de faire le tour de tous les quartiers et nous nous limitons au quartier 3 au nord du centre-ville, au quartier Pham Ngu Lao, le quartier des routards et du marché Ben Thanh et au centre-ville avec ses grands boulevards et son architecture coloniale. Nous longeons de grands parcs avec une verdure luxuriante et fleurie. Vous avez compris que circuler à pied est un peu ardu mais nous marchons quand même. Il y a tant de choses à voir en déambulant les rues! Nous acceptons d’aller moins vite mais avec prudence. Quant aux visites, nous nous limitons à la Pagode de Jade, au bureau de la poste centrale et au musée de la ville de Ho Chi Minh.

Je dois bien vous l’avouer, HCMC est extrêmement chaude et nous en profitons pour visiter quelques Cafés pour échantillonner le goût du café Vietnamien, que j’adore en passant, et regarder vivre les gens. Robert choisit toujours un cappucino. Un bon café noir glacé avec juste un peu de sucre me convient très bien par un bel après-midi chaud du sud du Vietnam. Je m’y sens très bien pour écrire. Nous y retrouvons un clientèle jeune et dynamique. Allumée, de plus en plus instruite et munie d’appareil électroniques qu’elle utilise abondamment. Je dois préciser que depuis notre arrivée au Vietnam, nous sommes impressionnés par la qualité et la vitesse du système Wi Fi. Il y en a partout et même dans la rue de certains quartiers de Saïgon.
Au centre-ville, nous observons une population plus à l’aise, qui fréquente des centres d’achats modernes établis dans des maisons anciennes rénovées pour la cause. Les jeunes filles au Vietnam sont jolies, minces et bien habillées. Elles portent souvent de belles robes, simples mais qui leur vont tellement bien. Fières, elles les portent même à moto avec des talons hauts! Je n’en reviens pas des vêtements dans les boutiques. D’une belle coupe et bien confectionnés.. Cela m’aurait donné le goût de magasiner si je n’avais traîné ma garde-robe de ville en ville. Nous regardons toute cette belle jeunesse animée, souriante et pleine de promesses d’avenir, nous leur souhaitons le meilleur.

Bien sûr au marché ou sur la rue c’est différent. Ils s’adressent à une autre clientèle. À Saïgon, il existe toujours des classes sociales pour qui se nourrir et se loger demeurent de grands défis. Pour plusieurs, le salaire moyen mensuel est peu élevé malgré les longues heures de travail. Nous savons bien que Saïgon a bien d’autres visages et que la pauvreté est au rendez-vous…nous le voyons bien lors de notre trajet en autobus en traversant d’autres quartiers. Je suis très impressionnée par cette population qui travaille fort et qui se déplace avec beaucoup d’énergie malgré la chaleur. Personne n’est inactif derrière son comptoir. Il faut replacer les objets déplacés, épousseter, ranger le nouveau matériel, balayer devant le commerce…Il nous est très rarement arrivé d’avoir un mauvais service parce que l’employé était occupé avec son cellulaire.

À Ho Chi Minh, nous prenons notre temps et planifions le reste de notre voyage au Vietnam et notre entrée au Cambodge. Et nous prenons aussi le temps d’essayer de beaux restaurants où nous mangeons super bien à des coûts bien raisonnables et parmi une population Vietnamienne, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Nous aimons ce peuple.

Les villes du centre

Depuis quelques jours, nous sommes au centre du pays, tout juste au sud de l’ancienne frontière entre le Vietnam du nord et le Vietnam du sud. Cette région est reconnue pour son climat pluvieux et nous arrivons en plein dans la saison des pluies. À cette période des inondations sont même à prévoir! Nous verrons bien.

Notre premier arrêt, Hué, nous amène une autre vision du Vietnam, celle des rois, de leur cour, de leurs serviteurs et aussi de leurs somptueux tombeaux. La Citadelle de Hué, construite au début du XIVe siècle, sous les ordres de l’Empereur Gia Long, est superbe même si les rénovations sont toujours en cours sur une partie du site. Nous optons pour effectuer la visite seuls, notre après-midi est mémorable et le soleil nous fait la surprise de nous accompagner. Il fait juste assez chaud pour que notre longue marche dans la ville, traversant pont et jardins, soit des plus agréables.

Au cours de notre visite de la Citadelle, nous arrêtons dans une boutique de tableaux logée à l’intérieur des murs. Un artiste y peint une toile et nous laisse l’observer. Il s’agit de monsieur Hoang Thanh Phong. Il a généreusement peint devant nos yeux ébahis faisant apparaître sur sa toile un merveilleux paysage. Quel talent! Et quelle belle rencontre…Nous n’avons malheureusement pas rencontré sa femme, Nguyen Thi Hue qui est aussi une artiste-peintre passionnée. Ils sont propriétaires de la Gakka Art Gallery. Une belle rencontre!
Après une bonne nuit de sommeil, nous visitons une pagode et deux mausolées. Il y a tellement de touristes ici! Je m’y attendais un peu en choisissant le Vietnam comme destination. Voir arriver tout un autobus complet change le visage des sites…mais comme nous ne sommes pas les seuls à vouloir explorer ce pays et que chacun trouve la façon qui lui convient, nous faisons avec. Par contre, ce ne sont pas tous les touristes qui sont aimables et nous rencontrons parfois des personnes insatisfaites qui critiquent les changements qu’ils observent. Bien sûr les choses changent mais peut-on demander à un peuple de ne pas évoluer? Même si les choix sont parfois douteux, ils font partie de l’évolution d’un peuple et je veux bien croire qu’à la fin les ajustements nécessaires seront apportés. Depuis notre arrivée nous observons une belle jeunesse, pleine d’énergie. Malheureusement, dans certaines régions, la population devient dépendante du tourisme et perd un peu son identité. Nous préférons le contact avec la population hors de ces circuits mais ce n’est pas toujours possible.

À Hué, nous avons observé un phénomène qui nous était inconnu jusqu’ici. À deux reprises, des personnes faisant partie de groupes nous ont demandé de nous tasser pour qu’ils puissent prendre des photos à leur aise. Sans personne dans la photo. Pas demandé de façon élégante non plus! De telles attitudes me scandalisent un peu. Nous sommes tous égaux et la présence des autres touristes fait partie des visites. Nous partageons la planète et nous ne sommes pas chez nous. Je fais attention pour ne pas passer devant quelqu’un qui prend une photo, par respect, mais je n’accepte pas d’arrêter mes observations ou de me ranger pour faire plaisir à un photographe…ou à plusieurs qui m’interpellent à grand cris.

Heureusement pour nous, nous avons croisons d’autres touristes qui profitent de ce qui les entoure sans trop juger et en restant émerveillés. C’est avec bonheur que nous retrouvons par hasard un couple qui avait partagé notre repas lors de notre nuit chez l’habitant à Sapa. Une belle rencontre…
Nous quittons Hué sous la pluie et traversons en train des champs inondés. Quel spectacle de voir cette population vraiment adaptée au climat de cette région. Tous ont toujours un manteau de pluie ou un parapluie tout près. Ce matin, les déplacements en moto se font sous la protection d’une grande bâche de plastique. Comme il fait chaud ce n’est pas très inconfortable. Pas besoin de vous dire que la végétation est verdoyante!

À notre arrivée à Da Nang, nous sommes curieux de voir ce que cette ville nous réserve. On nous avait dit: « N’allez pas à Da Nang, ce n’est pas une ville touristique et l’infrastructure n’est pas aussi interessante pour vous. La majorité des touristes préfèrent aller directement à Hoi An ». Vous nous connaissez, nous avons une longue histoire d’amour avec les endroits moins touristiques. C’est le meilleur moyen de comprendre un peu plus ce qui se passe dans un pays. Nous avons donc maintenu notre projet et nous voilà!

Le lendemain de notre arrivée, nous visitons la montagne de marbre par nous même en prenant le bus local. Facile et peu coûteux! Et surtout, cela nous permet de visiter à notre rythme. La réceptionniste de l’hôtel nous a même écrit nos destinations en Vietnamien. Heureusement. Le trajet en autobus a été une aventure différente! Une personne s’occupait de placer les passagers lors de leur entrée dans le bus, de les faire payer puis de les aviser de leur arrivée prochaine à destination. Quelle concentration! Il s’adressait à la bonne personne au bon moment! Et surtout, pas de perte de temps. L’employé nous demandait de nous tenir près de la porte prêt à sortir. Quitte à recevoir une petite poussée pour aller plus vite. En effet, en entrant dans le bus, l’employé m’a un peu ‘aidée’. Je boite encore un peu suite à ma chute à Sapa et je ne devais pas aller assez vite. Sans trop réfléchir, je lui ai dit: « Don’t push me! ». Je ne suis pas sûre qu’il ait compris le sens de mes paroles mais mon regard a dû en dire long. Il ne m’a pas touchée lors de la sortie.

En marchant le long de la rivière, nous sommes émerveillés par les ponts de Da Nang. Celui qui retient davantage notre attention est le pont du dragon où un immense dragon de métal jaune serpente le long de la structure. Lors de notre passage en soirée, quelle surprise! C’est la fête de la lumière. Les ponts s’illuminent de mille couleurs, les bateaux font le trajet sur la rivière, le bord de l’eau s’éclaire de feux de toutes les couleurs et le majestueux dragon passe du vert au bleu puis au jaune. Sur le coup de 21:00, la tête du dragon crache du feu puis de la vapeur d’eau. C’est tout un spectacle! Nous étions très heureux d’avoir suivi notre idée et de ne pas avoir manqué Da Nang!

Notre visite à Hoi An est plus décevante au départ. Nous arrivons un dimanche, les rues de la vieille ville sont bondées et nous avons de la difficulté à bien apprécier le vieux quartier classé Patrimoine de l’Humanité par l’Unesco. Par contre, le lendemain nous retournons après notre visite à My Son, un site archéologique de l’époque Cham reconnu par l’UNESCO. Cette fois-ci, la vieille ville, bien que très touristique, nous semble plus calme et plus accueillante que la veille.

Nous sommes un peu fatigués suite à notre visite du site et nous rêvons d’un bon café vietnamien. Notre guide, est le fils d’un combattant qui, pendant la guerre du Vietnam, a dû se cacher pendant plusieurs mois dans les ruines qui servaient alors de base à l’armée Viêt Cong. L’armée américaine a bombardé My Son et les cratères laissés par les bombes sont encore visibles aujourd’hui. Des monuments historiques ont été détruits. Le jeune homme tenait un discours franchement anti-américain au détriment des informations que nous attendions au sujet des mausolées de cette importante époque Cham dont la maçonnerie est unique. Nous étions mal à l’aise. Nous sommes conscients que toutes les guerres laissent des traces et nous déplorons chacune d’elles. Et je n’étais pas sans penser aux conflits actuels…

En cette fin de journée, nous apprécions donc les vieilles maisons ainsi que les ponts éclairés de la vieille ville de Hoi An. Les lanternes suspendues au dessus des rues ou devant les commerces donnent une ambiance de fête. Nous y prenons le repas du soir, dans la cour intérieure d’une maison ancienne, avec comme ciel des lanternes colorées. C’est romantique à souhait! Et quelle journée pleine de contrastes…

Au revoir Hanoï

Nous profitons de nos derniers jours à Hanoï pour l’explorer davantage. C’est avec les yeux pleins de curiosité que nous parcourons les rues achalandées du quartier des 36 Corporations, pour sa vie de quartier et ses échoppes, ainsi que celles du Quartier Français où se trouvent plusieurs musées. Nul besoin de vous dire que nous adorons cette ville.

Au retour de Sapa, un magasinage s’est imposé, histoire de faire réparer mon appareil photo endommagé lors de ma chute. Finalement, la réparation dans un délai raisonnable s’est avérée impossible et j’ai acheté un nouvel appareil, le jumeau de celui que j’ai cassé. Plus tard, dans les petites échoppes du marché de nuit de la rue Hang Dao, j’ai trouvé un appliqué pour cacher le reprisage de mon pantalon déchiré. Il fait beau, il fait chaud et il fait bon marcher!

Nous goûtons la cuisine de rue aussi souvent que possible et prenons nos repas assis sur de petits bancs de plastique. Nos devenons très habiles pour manger avec des baguettes et nous sommes toujours épatés lorsque par magie une table et de petits bancs apparaissent alors que nous sommes certains qu’il n’y a plus de place. Tous les bancs sont occupés? Pas de problème, nous en avons d’autres! On nous fait signe de nous asseoir. Nous allons juste être un peu plus tassés…Cela ajoute au charme! À l’heure des repas, souvent en fin de journée, nous apercevons des familles entières assises sur le trottoir, autour d’une petite table basse en train de manger en famille.

Le Vietnam est réputé pour ses maisons tubes, construites en profondeur, avec une petite façade sur la rue. Il n’est donc pas rare qu’une famille exploite un petit commerce au devant de la maison, au rez-de-chaussée, ouvert sur la rue. La partie arrière de la maison sert de logement et il arrive souvent d’entrevoir un escalier qui mène à l’étage au dessus. Le soir, les motos sont remisées dans le commerce, parfois même dans le salon si celui-ci est au rez-de-chaussée ou s’il donne sur le devant de la maison!

Il y a beaucoup de circulation dans les rues étroites. Des voitures, des vélos bien sûr, mais le mode de transport privilégié est la moto. Lorsqu’elles sont à l’extérieur, plusieurs personnes portent de petits masques sur la bouche, pour se protéger de la pollution mais aussi du soleil. Le port du casque en moto est généralisé. Le matin de notre premier contact avec Hanoï, c’est sous la pluie que nous avons découvert la ville en même temps que les Vietnamiens se rendaient au travail. Bien sûr nous étions bien à l’abri dans notre taxi mais les vietnamiens eux avaient dû se protéger pendant leur trajet en moto. Pour la plupart, cette protection consistait à se recouvrir d’un long manteau imperméable qui recouvrait autant les enfants assis derrière, que la moto elle-même. Quand il pleut, Hanoï devient une mer de manteaux de toutes les couleurs. Depuis, nous avons eu l’occasion d’observer plusieurs heures de pointes. Sous le soleil ou sous la pluie, les rues de Hanoï deviennent alors le théâtre d’un gigantesque ballet qui se déroule à travers toute la ville. Bien orchestré, avec des règles bien à lui.

Beaucoup de déplacements se font à vélo mais celui-ci est aussi utilisé pour le transport de la marchandise. C’est incroyable parfois ce que l’on peu empiler sur un vélo! Plusieurs femmes, coiffées d’un chapeau conique, transportent leur marchandise dans de petits paniers suspendus sur une perche qu’elles maintiennent sur leur épaule. J’ai essayé et il n’est pas facile de garder l’équilibre des paniers sans compter que c’est un peu lourd. Elles travaillent dur ces femmes!

Nous avons quitté Hanoï et sa vie mouvementée avec un peu de regrets mais l’aventure nous appelle ailleurs. Les villes du centre du pays nous attendent!

La montagne

 

Ce soir nous dormons chez l’habitant après une randonnée d’une journée vers Lao Chai et Tà Van. Nous sommes très chanceux, il fait beau aujourd’hui encore. Le soleil qui illumine toute la montagne. D’entrée de jeu, Khiet notre guide, nous informe que plusieurs journées de beau temps de suite sont rares à Sapa et qu’elles sont obligatoirement suivies d’une ou plusieurs journées de pluie…Mais nous nous sentons sous une bonne étoile et s’il peut dans la montagne, nous nous ajusterons, c’est tout. Nous avons nos manteaux de pluie et des sacs étanches pour notre équipement électronique.

Mais le soleil radieux nous accompagne pour toute la durée de notre séjour dans la montagne. Beau et chaud, comme si nous étions gâtés par les ancêtres. En effet, au Vietnam une partie de la population vit selon des rites animistes et pratique le culte des ancêtres. Un petit hotel est alors placé bien en vue dans la salle commune pour honorer ceux qui nous ont quittés et leur demander de nous protéger. Une autre partie de la population est catholique et tout au long de notre parcours nous allons apercevoir de petites églises accrochées au flanc de la montagne.

En empruntant un premier sentier pour descendre dans la vallée, une femme Hmong s’adresse à notre guide en lui montrant une toute petite maison d’où proviennent les pleurs d’un très jeune bébé. Une femme vient d’accoucher, seule avec son autre enfant un peu plus vieux. Elle n’a pas de mari et sa famille l’a rejetée, pour donner une leçon à toutes celles tentées de suivre son exemple. Après avoir demandé l’avis de la femme Hmong, Robert lui laisse un peu d’argent. Ce n’est pas une grande aide mais cela devrait lui permettre de manger pour les prochains jours. Suite à mes questions, Khiet nous confirme qu’éventuellement le chef du village pourrait influencer un peu les évènements, pour aider cette jeune femme. « Le Vietnam change » nous dit-il,  » nous nous ajustons lentement ».

Notre parcours de la journée nous fait découvrir de grandes rizières sculptées dans la montagne, souvent à perte de vue. La récolte est maintenant terminée mais d’autres légumes poussent à profusion. Les rizières sont maintenant d’un beau jaune doré. Khiet attire notre attention sur les plantes les plus utilisées ou m’offre une fleur en jetant un coup d’œil rieur en direction de mon amoureux. À l’occasion, nous rencontrons une ou deux poules, quelques chiens mais aussi des buffles. L’équipement aratoire est pratiquement inutilisable dans la montagne et les buffles font bien le travail quand il s’agit de labourer dans les rizières.

Nous suivons de petits sentiers de terre battue. Heureusement nous avons de bonnes chaussures mais je dois bien regarder où je mets les pieds. Cela fait longtemps que je n’ai pas marché en montagne. La femme Hmong nous a suivis et descend dans le sentier souvent très abrupt, sans effort, chaussée uniquement de sandales de plastique, son panier sur le dos et cela, en rassemblant des fils de chanvre qu’elle tissera plus tard. À l’occasion, elle me montre comment placer mes pieds et m’offre de me tenir la main lors des passages difficiles. Mais j’ai bien compris, elle s’attend à ce que j’achète d’elle. Je suis à l’aise avec cela sinon, je l’en aurais informée tout de suite. Au repas du midi, à sa demande, nous lui achetons deux petites pièces de tissu qui nous serviront de foulard. Après avoir négocié serré, bien sûr! Tous les guides nous mettent en garde. Il faut absolument négocier pour avoir le juste prix.

Après le repas, nous reprenons la route mais sur un chemin cimenté qui permet aux paysans de mieux circuler et d’utiliser la moto. Plus facile me direz-vous? Bien sûr…mais pas pour moi. Je ne sais trop comment cela se produit mais je perds l’équilibre et je vois arriver le sol plus vite que je ne l’aurais souhaité. J’ai juste le temps de me protéger avec les mains. Mon appareil photo frappe le ciment d’un bruit sec. Par terre, je vois mon pantalon déchiré, le sang sur mes jambes et mon appareil photo en ruine. Robert qui s’inquiète pour moi, la voix nouée. Après quelques minutes, la montagne cesse de tourner autour de moi, je peux me relever et marcher sans aucun problème, désolée pour mon pantalon neuf et mon appareil photo, neuf lui aussi. Khiet lui, a d’autres préoccupations. Il nous fait entrer dans un école où il sait qu’il y a toujours du personnel qualifié pour les premiers soins.

Nous sommes bien reçus, mes blessures nettoyées et désinfectées avec beaucoup de douceur, des pansements sont appliqués. La jeune femme qui a pris soin de moi refuse les dôngs que lui offre Robert pour la remercier et nous faisons plutôt un don à l’école. Pour les enfants. Khiet a eu raison de nous faire arrêter à l’école, le gîte où nous allons dormir, quoique bien équipé n’aurait probablement pas pu m’offrir le même service. Khiet prend bien soin de moi.

Le soir, nous partageons le repas avec la famille de notre hôte et un autre couple de touristes. Avant le repas, nous avons le temps de nous reposer un peu pendant que les grands-parents assistent les enfants de la famille à prendre leur bain dans un bac de plastique dans la cour arrière, près du jardin. Les enfants de la région apprennent très jeunes à développer leur autonomie. Nous l’avons observé à plusieurs reprises.

Robert est volontaire pour participer à la préparation du repas. Il append à faire des nem, une spécialité vietnamienne.Tous les plats sont préparés dans une cuisine munie d’un équipement rudimentaire à nos yeux mais que la famille utilise avec grande efficacité. Le repas est délicieux et tous se régalent. Nous portons un toast en goûtant un alcool de riz fabriqué par la famille. Comme le font toutes les autres familles d’ailleurs. Nous avons appris plus tard que même si ce n’est pas le cas pour la famille qui nous a reçus, la consommation de l’alcool de riz peut devenir problématique pour ce peuple habitant les montagnes.

Nous passons la nuit sur des nattes, protégés par un grand filet. Une nuit à dormir sur le dur, courbaturée de ma chute.. Mais ce n’est pas grave, j’adore notre aventure.

Le lendemain, une randonnée de cinq heures nous ramène vers Sapa toujours en suivant des petits sentiers de montagnes et en découvrant d’autres paysages. Tous à couper le souffle. En cours de route, Khiet nous chante une chanson de sa composition, les montagnes et la vallée derrière lui, comme décor… Puis nous avons reprenons le bus pour nous rendre au train pour notre trajet de nuit vers Hanoï…

Voir Sapa

Nous voulions absolument voir la région de Sapa, dans les montagnes du nord, tout près de la frontière avec la Chine. C’est là où une population de différentes ethnies se sont établies, il y a longtemps. Dans les montagnes, près du ciel, du soleil et des nuages.

Cette région est hautement touristique mais nous tenions à nous y rendre. C’est donc le deuxième forfait acheté à l’Agence Khoaviet. Un séjour accompagné par un guide francophone. Ce qui nous a permis de poser toutes les questions qui nous venaient en tête mais aussi d’adapter un peu le rythme de marche à nos capacités. Encore une fois, c’était une bonne décision!

Nous avons fait le trajet en train de nuit, à partir de Hanoï. Pas nécessairement gage d’un sommeil réparateur…Jusqu’ici, nous trouvons les matelas un peu plus durs ici au Vietnam. Dans le train, ils sont encore plus durs, ce qui nous oblige à nous retourner plus souvent mais ce n’est pas grave, nous avons réussi à dormir un peu. À notre arrivée à Lau Cai un bus nous attendait pour nous conduire à Sapa, notre pied à terre. Ici, les hôteliers se sont adaptés à une clientèle qui arrive tôt le matin et après le petit déjeuner, nous avons pu prendre une douche même si notre chambre n’était pas prête.

Loan, notre guide pour la première journée, nous a fait découvrir Cat Cat et Sin Chai, deux villages près de Sapa. Une randonnée plus courte, pour nous réchauffer.

Nos premiers contacts avec les montagnes et leur population. Loan était très à l’aise avec les gens de la région et nous avons pu avoir de courtes discussions avec les femmes. Elle s’intéressait à leurs enfants, à leurs habitudes et traduisait volontiers nos questions. J’ai même essayé un métier à tisser! Cela demande un peu de pratique mais j’y arriverais. Les femmes Hmong fabriquent encore les vêtements traditionnels à partir du chanvre qu’elles tissent et teignent à partir d’une plante appelée indigo.

Nous avons assisté à des échanges entre une femme et un vendeur itinérant venu d’un autre village. La femme s’est interrompue quelques instants pour poser avec Robert après avoir enfilé les vêtements traditionnels pour l’occasion. Nos rires ont attiré les femmes et les enfants du coin. Difficile de résister à l’entrain de Robert! Nous avons compris par la suite que la femme magasinait des vêtements pour les revendre ensuite dans son petit commerce que nous venions tout juste de visiter. Nous ne comprenions pas leur langage bien sûr mais j’ai pu l’observer. Elle montrait au vendeur le moindre petit défaut dans le but de faire baisser les prix. Cela semble avoir marché et quelques minutes plus tard elle exposait fièrement les vêtements pour les vendre!

En soirée nous nous sommes promenés dans Sapa, encore calme avant l’arrivée des Vietnamiens et des autres touristes pour la fin de semaine. Les marchés de la fin du samedi et du dimanche des villages environnants attirent les touristes. Les Vietnamiens quant à eux, semblent apprécier l’air plus frais de la montagne. Je les comprends, Sapa a vraiment un air de vacances malgré la foule.

Nous sommes rentrés pas trop tard, un peu fatigués de notre petite randonnée de la journée mais aussi désireux de nous reposer avant la marche du lendemain, plus exigeante. Notre chambre est confortable, la journée a été belle, nous sommes heureux.

La baie d’Along

 

Parmi les incontournables du Vietnam, il y a bien sûr la légendaire baie d’Along. Unique au monde et patrimoine de l’humanité, il est bien difficile de passer à côté. Malgré sa réputation hautement touristique et nos questionnements d’ordre écologique, nous voulions en profiter le plus possible en évitant d’être entourés d’une horde de personnes. C’est donc le premier des deux forfaits que nous avons acheté à l’Agence Khoaviet. Un séjour de presque deux jours et une nuit sur un petit bateau de quelques chambres uniquement.

Je dois bien avouer que la beauté de la baie est à la hauteur de tous les éloges que nous avions entendus et que le choix d’un petit bateau répondait à nos attentes. Notre chambre avait de grandes fenêtres et nous avons un petit balcon avec une petite table et deux chaises. Bien sûr nous étions des milliers à dormir dans la baie ce soir là…mais la beauté des lieux dégageait une magie difficile à traduire en mots. Laissons donc parler les images…

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Pendant notre court séjour, un petit interlude était prévu pour aller visiter un village de pêcheurs dans une autre petite baie. Nous sommes partis quatre personnes avec notre guide dans un bateau plus petit. Un trajet presque magique à travers ces immenses rochers aux formes qui peuvent rappeler certains animaux, avec une peu d’imagination. Mais je n’ai pas joué à ce jeu, je voulais juste me laisser bercer par les vagues et laisser mes yeux se régaler. À destination, ce sont les femmes qui s’occupent de la tournée du village. Celle qui nous accompagnait ramait tout en discutant avec d’autres femmes au fil des rencontres. Comme le son semble bien se déplacer sur l’eau, d’autres femmes ont mis leur grain de sel un peu plus loin! Quel décor de vie! La mer tout près, derrière les rochers, la baie avec ces géants de roc, des maisons flottantes, ramer pour se déplacer d’une maison à l’autre. Pas nécessairement une vie facile. Malgré l’abondance des produits de la mer, nous avons pu deviner que les denrées telles que les légumes doivent venir de loin car il n’y a pas de terre et que la fréquentation de l’école pour les enfants requiert toute une organisation! Lors de notre passage, plusieurs enfants jouaient devant leur maison, sur le plancher flottant, un adulte près d’eux. Imaginez la surveillance requise!

Nous avons quitté la baie très heureux de notre expérience, reconnaissants d’avoir pu profiter de cette richesse de la nature malgré la présence de centaines d’autres bateaux et de milliers d’autres personnes. Contents de notre décision nous revenons la tête pleine d’images…

Un samedi à Hanoi

À notre réveil, nous apprenons les actes de violence à Paris. L’impensable est arrivé. C’est avec une grande tristesse que nous débutons notre journée avec une pensée pour ceux qui ne sont plus, pour les blessés et enfin, pour tous ceux qui ont perdu un être cher ou qui ont maintenant peur. Nous rassurons nos familles et nos amis, les réponses de soulagement fusent. Rapidement. Nous sommes passés par Paris pour venir à Hanoi. La veille.

Après un petit déjeuner à la Vietnamienne composé de nouilles, de riz et de tofu, nous décidons d’aller à une agence de voyage qui nous a été référée par une française rencontrée dans l’avion. Son fils en est le co-propriétaire et nous pensons pouvoir faire confiance à cette compagnie qui a pignon sur rue depuis un moment. De plus, nous avons lu des commentaires positifs sur Khoaviet Travel dans les guides de voyage. Comme dans beaucoup de villes au monde, Hanoi compte son lot d’agences sur lesquelles il vaut mieux ne pas se fier. Et nous avons quand même vérifié les prix des forfaits auprès de l’hôtel pour avoir un point de comparaison.

Grâce à Google Maps, une application que Robert affectionne particulièrement, nous suivons notre trajet à travers les rues du vieux quartier de Hanoi, les 36 Corporations. Notre téléphone à la main nous avançons selon les indications, le GPS de notre appareil nous indiquant notre position. Dans le cas d’erreur, il est facile de se réajuster.

Les rues sont bondées. Depuis notre arrivée, nous avons appris à traverser les rues comme il se doit à Hanoi. J’imagine que notre expérience en Inde nous a aidés. Le plus simple est d’observer les gens du pays et de les imiter. Il suffit d’avancer d’un pas régulier, sans arrêter, sans aller trop vite non plus pour donner aux motocyclistes le temps de s’ajuster à la vitesse de nos pas et de nous contourner. C’est très facile! Arrêter ou hésiter est plus dangereux car les conducteurs semblent habitués à prévoir notre parcours. C’est la même chose en marchant le long de la rue. Mieux vaut marcher le plus droit possible car un pas de côté sans regarder auparavant pourrait nous mettre en danger. Les véhicules de toutes sortes passent tellement près!

M. Thao Nguyen, Khoaviet Travel

M. Thao Nguyen

Bien reçus à l’agence Khoaviet Travel et satisfaits des propositions, nous avons acheté deux forfaits qui nous font rêver. Lesquels? Je vous garde la surprise…mais vous viendrez avec nous, c’est promis!

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Nous errons dans les rues du vieux quartier pour le reste de l’après-midi pour perdre le pouls de la cité et prenons plusieurs photos. « May I speak with you? » Deux jeunes étudiantes s’adressent à moi et nous entamons une discussion sur le coin d’une rue. Tout simplement. Curieuses, elles en profitent pour pratiquer leur anglais et nous sommes heureux d’apprendre un peu plus sur cette belle jeunesse.Vers 16:00 nous réalisons qu’il est temps de nous rendre au Water Puppet show à 17:00! Nos billets sont déjà acheté depuis hier et nous prenons la route du théâtre. Comme il est facile d’oublier l’heure! Les journées passent si vite et nous nous sentons à l’aise dans Hanoi.

Un petit souper sur la rue après le spectacle? Pourquoi pas. Nous choisissons un minuscule resto où sont attablés des vietnamiens. Jusque sur le trottoir. Comme l’endroit est très achalandé, nous prenons cela comme un indice…d’une qualité probable. Qu’est-ce que nous mangeons? Pas facile à décrire ce qu’est le Nhân Thit Gà: du poulet dans une pâte de riz que la cuisinière façonne de gestes précis, sa minuscule cuisine installée presque sur le trottoir.. En regardant autour de nous, nous observons des habitués saisir les petits rouleaux de viande et de riz avec leurs baguettes, les tremper dans un bouillon avant de les déguster avec un plaisir évident. C’est bon, quoique un peu surprenant.

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Nous ne réussissons pas à identifier tous les ingrédients mais nous apprécions. Je prends une photo du nom du plat inscrit sur le mur pour mieux m’en souvenir. Au moment de payer la facture, la situation se corse un peu. Le montant de la facture nous est donné verbalement par la cuisinière et semble correspondre au prix affiché. Robert remet les dôngs demandés mais cela ne fait pas l’affaire de la dame qui tente quelques mots d’anglais et fait des signes à l’appui. Robert ne comprend pas la raison de ses protestations. Moi non plus. Elle empoche finalement l’argent offert par mon amoureux mais nous sentons que quelque chose cloche. Elle nous fait signe de partir même si Robert offre un peu plus de dôngs. Elle les a refuse! Trop impatientée je crois. Tout un personnage…


La cuisinière a continué à marmonner et des gens du resto se sont mis à rire. Bon…nous ne saurons jamais le fin mot de l’histoire. Cela fait partie du voyage d’aventures, les communications ne sont pas toujours efficaces. Je crois qu’elle demandait un pourboire alors que Robert a cru qu’il ne donnait pas le bon montant. Nous aurions certainement donné un peu plus comme d’habitude si elle n’avait pas bougonné tout de suite amenant ainsi pas mal de confusion de notre côté!

Une autre petite marche dans le quartier? Pourquoi pas. C’est le marché de nuit. La fin de semaine, la rue Zhang Dao est fermée à la circulation jusqu’au marché Dong Xuan pendant la soirée. Que c’est paisible après la cohue des autres rues! Comme les marchands s’affairent encore à monter leur étals, une pause café s’impose. Le café est délicieux au Vietnam, à notre grande surprise. Je m’attendais à boire uniquement du thé car il est rare que le café nous plaise à l’étranger. Attablés au bord d’une fenêtre, avec vue sur une rue extrêmement passante nous avons dégusté ce délicieux breuvage tout en observant la vie nocturne de Hanoi qui s’installait tranquillement.
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À notre sortie du café la circulation est plus dense. Il y a du monde partout! Plus d’autos et plus de motos. Le tour du lac Hoàn Kiém s’est illuminé pour accueillir les promeneurs et les familles venus profiter de cette nature fleurie au milieu de la ville. Un merveilleux samedi soir sous une température douce. De retour au marché de nuit nous prenons un bain de foule comme nous les aimons pour nous diriger ensuite une petite rue bordée de petits restaurants où les gens mangent sur le bord de la rue. Nous nous laissons tenter par une soupe au restaurant Mai Ly au 63 Hàng Buôm. Quel contraste avec le restaurant précédent! Tout de suite un petit réchaud est placé sur le coin de la table avec des légumes, du poulet et du tofu. Une petite marmite avec du bouillon est déposée sur le réchaud qui est allumé par la serveuse. Nous avons droit à des explications sur la façon de préparer notre soupe. La serveuse se promène d’une table à l’autre pour aider les clients, le sourire aux lèvre. Nous profitons de chaque minute dans ce resto et la soupe est délicieuse! Nous reviendrons demain soir pour essayer leurs grillades qui se préparent sur le même principe. À la demande de la propriétaire, j’écris un petit mot qu’elle mettra sur son mur avec bien d’autres qui complimentent sa cuisine.

Nous retournons tranquillement à l’hôtel alors que les rues se vident, tout doucement dans la chaleur de la nuit.

Notre nouvelle aventure

Départ de la maison

Départ de la maison

Tôt ou tard il fallait bien s’attendre à ce que le goût de repartir nous reprenne. C’est fait! Cette fois-ci, nous avons au menu le Vietnam pour le premier mois, le Cambodge pour le deuxième puis l’Inde pour les deux derniers. Du 11 novembre 2015 jusqu’au 15 mars 2016. Quatre beaux mois à parcourir des contrées lointaines, à découvrir de nouvelles cultures, à être émerveillés. Mon amoureux rêvait de visiter le Vietnam et nous le traverserons du nord au sud. Je désirais explorer le Cambodge et ses temples, naviguer sur le Mékong. Nous souhaitions retourner en Inde. Robert voulait aller à Kolkota et moi, voir le Gujarat. Nous traverserons donc ce beau pays d’Est en Ouest pour terminer nos belles découvertes à Mumbai. Nous y trouvons tous les deux notre compte et nous sommes convaincus que de belles aventures nous attendent. Vous venez avec nous? Cela nous fait plaisir