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La mer et le fleuve

C’est du haut de l’avion que nous quittons les rizières et les immenses champs de la région de Can Tho, bien irrigués par le Mékong. Un joli pavillon au milieu d’un jardin de fleurs nous attend sur l’île de Phú Quóc, tout près du Cambodge. Un petit repos au bord de la mer avant d’entreprendre la dernière partie de notre voyage au Vietnam. Quatre jour à ne pas trop planifier ni à prendre des décisions, juste à savourer le temps qui passe et la chance que nous avons d’être ici. Pour découvrir un autre visage du Vietnam, celui du bord de mer.

Nous sommes chanceux, l’hôtel est bien et tranquille, notre pavillon baigné de lumière avec un hamac sur le balcon. Le restaurant, situé sur le bord de la mer, nous permet de manger les deux pieds dans le sable en regardant les bateaux de pêcheurs pas très loin de la rive. Le soir, des tables sont placées sur la grève et nous prenons nos repas à la chandelle sous un léger vent. Difficile de ne pas relaxer!

La tenue de l’hôtel et du restaurant, par un personnel jeune et dynamique, nous impressionne encore une fois. Personne n’arrête du matin au soir, il y a toujours quelque chose à préparer. Dans la bonne humeur et les rires,  d’après nos observations. À chaque soir, du sable doit être déplacé pour former une plateforme afin de placer les tables le plus près possible de la mer. Un barbecue est installé sur la plage ainsi qu’un plan de travail pour cuisiner, tout près. Puis vient le tour des tables avec leurs nappes blanches et une petite chandelle pour accueillir les dîneurs. Tout l’après-midi un va et vient incessant amène d’immenses sacs de glace, des légumes et du poisson frais pour le barbecue. Toujours la même préparation, soir après soir. À la nuit tombée, toutes les tables sont occupées. Les bateaux de pêches ont, depuis le crépuscule, allumé les lumières vertes pour pêcher le calmar. Une atmosphère magique.

Une petite randonnée hors de notre hôtel nous permet de découvrir un petit café qui offre aussi des pâtisseries. Par miracle, le cuisinier me confirme que certaines de ses pâtisseries ne contiennent pas de produits laitiers. Toute fière, je déguste un petit gâteau au coco et un café chaud! Pour une fois que je peux accompagner mon café d’une petite collation en après-midi! Quel délice!

Quelques jours plus tard, nous quittons l’île de Phú Quóc pour la ville de Chau Doc, située près de la frontière du Cambodge, notre dernière étape au Vietnam. En descendant de l’autobus, nous devons de nouveau prendre une moto taxi pour nous rendre à l’hôtel. C’est plus facile, je commence à prendre de l’assurance! Dès notre arrivée, le village nous charme par son calme, malgré que nous soyons en plein après-midi et que tous vaquent à leurs occupations.

Dans ce petit village, la vie est aussi en bordure du Mékong, un peu à la merci de ses caprices et de sa générosité.

Une balade sur le fleuve nous ramène de nouveau parmi les activités du marché flottant, dans un élevage de poissons, dans un village Cham de religion musulmane et sa paisible mosquée.

Sur le chemin du retour vers notre hôtel, prenons le temps de visiter le marché situé le long de la rue qui longe le bord de l’eau. Une belle visite! Des fruits et légumes frais, des étalages de poissons, de vêtements et de fleurs. Malgré que c’est loin d’être notre premier marché, tous sont différents et nous ne pouvons nous empêcher de prendre moult photos!

Des gens qui ne font que passer, d’autres qui rient et se taquinent. Une femme qui prépare des légumes, une autre qui replace son étalage. Nous aimons les marchés!

Nous revenons plus que jamais avec nos questionnements au sujet de la salubrité du fleuve sur lequel nous venons de nous promener. Les traces de pollution sont bien évidentes sur l’eau et sur ses rives. Elles deviennent plus intenses lorsque nous sommes aux abords de la ville, confirmant que l’activité humaine y est pour quelque chose. Un jeune homme de Chau Doc consent à répondre à nos questions à ce sujet. Il habite avec sa famille dans une maison sur le bord du Mékong. Effectivement, lors de la crue des eaux, leur maison est inondée et le retrait de l’eau laisse des traces nauséabondes… Impossible de vendre la maison pour se loger ailleurs. Il y a aussi la vie à l’intérieur des terres, pour le commerce et l’agriculture mais notre jeune homme ajoute que la vie y est plus chère…beaucoup plus chère.

Le soir, nous passons quelque temps dans un temple bouddhiste à regarder les gens venus se recueillir et à apprécier le calme qui règne dans ce lieu. Au son du gong, pendant la prière, assis en retrait sur l’un des bancs, nous remercions la vie de nous permettre de pouvoir rencontrer de si belles personnes tout au long de notre trajet, de visiter des lieux qui nous émerveillent. Nous demandons de protéger tous ceux qui nous sont chers. Et nous réfléchissons au sort de ce monde parfois malmené par l’homme…

Demain nous partons en bateau pour le Cambodge. L’heure est venue de dire au revoir au Vietnam.