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Rio Lagartos

« Vous avez atteint votre destination ».

C’est la voix de notre application de navigation Navmii. Nous l’avons appelée Rosa. Elle nous a indiqué le chemin depuis Cancun ce matin et nous accompagnera pendant notre traversée du Yucatán, du Tabasco, de l’état du Veracruz et la partie à l’est de Mexico.

Pour les deux premières semaines de notre voyage, nous avons loué une voiture afin d’effectuer le trajet entre Cancun et Mexico. Cela fait beaucoup de kilomètres à parcourir en peu de temps mais l’autonomie que nous apportera l’auto nous permettra d’accéder à des villages et à des sites archéologiques plus difficiles à atteindre par le biais des transports en commun.

Notre premier arrêt est une petite ville, située au nord de Valladolid, appelée Rio Lagartos. Nous somme surpris d’arriver si tôt. Le village nous semblait encore à une heure de route. Pourtant Rosa a bien raison. Devant nous c’est la mer, le golfe du Mexique. Des bateaux de pêcheurs sont amarrés au bord du quai. Derrière nous, se dresse notre hôtel. Le temps de garer notre petite voiture, de sortir nos bagages, nous réalisons que nous sommes une heure plus tôt que celle de Cancun, ce qui explique notre arrivée avant l’heure prévue. Cela tombe bien, nous pourrons profiter plus longtemps de ce village de pêcheurs, endormi sous le soleil du golfe du Mexique.

Pourquoi nous rendre dans ce village isolé, situé au bout de la route? Pour sa réputation d’être une réserve naturelle de la Biosphère. Pour ses eaux colorées et ses flamants roses. Quelques minutes après notre arrivée, nous cherchons quelqu’un qui peut nous amener en promenade sur l’eau.

En attendant l’heure prévue, une ballade à pied nous fait découvrir un village tranquille qui nous semble presque désert à première vue. Pourtant, la vie est là, cachée par les murs de ses résidences pour la plupart modestes, petites et d’une grande simplicité. Nous entendons des voix, des rires d’enfants, des échos de discussions. Il y a peu de voitures, les gens transportent leurs marchandises à l’aide d’un curieux vélo muni d’un support en métal en avant pour accueillir leur marchandise. En bordure de l’autoroute, nous avons observé des habitants qui les utilisaient pour transporter du bois. Ici, nous avons vu une femme prendre place en avant assise au lieu de la marchandise! Cela ne doit pas être d’un grand confort… Au centre de la ville, près de l’église et du parc central, une petite épicerie crée un peu d’achalandage. Il nous faut payer nos achats en argent. Peu de commerces acceptent les paiements par cartes de crédit et les habitants doivent se rendre à Tizimin, une ville voisine pour avoir accès à un guichet automatique…

À l’heure prévue, vers quinze heures, une barque nous attend pour notre ballade de plus de deux heures à travers les mangroves. La région est reconnue non seulement pour ses oiseaux roses mais aussi pour ses eaux rosées à certains endroits, cette couleur serait due à l’eau très salée et aux reflets du soleil sur les flots. Une immense saline y est exploitée, un peu plus loin. Des hommes pêchent. Le filet de l’un s’est pris au fond de l’eau et notre guide lui donne un coup de main pour le libérer. Le filet du pêcheur est rempli de petits poissons. Après un court échange, il en lance un à celui qui lui est venu en aide.

 

Il y a peu de touristes et nous avons la chance d’observer une multitude d’oiseaux en toute quiétude. Le soleil d’après-midi nous réchauffe juste ce qu’il faut pour rendre la ballade confortable.

 

Un petit crocodile vient nous saluer, attiré par le poisson que lui tend notre guide. Sur le chemin du retour, le ciel change graduellement de couleur. Au loin, le soleil commence sa descente dans l’eau.

 

Mais le point culminant de notre promenade est sans conteste notre rencontre avec les flamants roses. Notre guide connaît bien sa région, il sait qu’en fin d’après-midi ils se posent devant le village où une eau peu profonde leur permet de se nourrir. Retenant notre souffle et sans faire de bruit, nous nous retrouvons au beau milieu du rassemblement.

 

Quelle magie! Ils sont d’un rose presque orangé. Ils avancent dans l’eau d’un pas presque saccadé, leur long cou esquissant de gracieux mouvements. Leur bec noir plonge brièvement dans l’eau pour y tirer de la nourriture. Certains s’envolent soudain ne laissant derrière eux que le bruit de leurs battements d’ailes. Les autres se laissent flotter sans bruit dans la nuit qui s’installe tranquillement. C’est l’heure de rentrer.

 

Nous repartons presque à regret le lendemain matin, après un petit-déjeuner avec vue sur l’eau et les bateaux de pêcheurs. Une autre lente promenade dans le village nous ramène à notre hôtel. C’est tranquille, nous sommes dimanche. La plupart des touristes ne se rendent à Rio Lagartos que pour quelques heures et repartent aussitôt. Nous sommes heureux d’y avoir dormi et nous serions resté plus longtemps.

 

C’est bientôt l’heure de plier bagages afin de reprendre la route. Nous devons arrêter au guichet automatique à Tizimin et mon amoureux souhaite arrêter à Chichen Itza avant d’arriver à Mérida….

C’est moi qui conduit, mais c’est Rosa qui dicte le chemin.