Placencia, le sable et la mer.

Le prochain arrêt logique sur notre route vers le sud du Belize se nomme Placencia. Nous y avions séjourné quelques jours lors de notre première visite au pays, il y a plus de dix ans. Je n’avais pas gardé de souvenirs extraordinaires de notre séjour, sauf peut-être ceux de la musique Garifuna, de l’ambiance décontractée et d’une excursion en bateau dans la mangrove tout près, pour observer des lamantins.

Placencia occupe l’extrémité sud d’une presqu’île sablonneuse et s’étend toute en longueur devant la mer des Caraïbes. Cette année, nous retrouvons un village bien changé. Le Sidewalk, le long trottoir de bois qui relie la ville du sud au nord, a été reconstruit en ciment. Il longe la mer et se faufile, entre les boutiques de souvenirs, les restos et les hôtels. Il est bien éclairé le soir et permet de se déplacer sans s’enfoncer à chaque pas dans le sable fin.

 

 

La plupart des maisons de la ville sont construites sur pilotis et certaines sont même juchées bien haut avec un long escalier pour atteindre la porte d’entrée. Aujourd’hui, les maisons de bois se font plus rares et sont remplacées par des constructions en matériau plus dur et certainement, plus résistant.

 

 

La plage est beaucoup plus large et plus accueillante. Le changement est impressionnant. Lors de notre dernier passage, nous avions à peine pu nous baigner car des détritus jonchaient le sol et flottaient au bord de l’eau. Maintenant tout est propre et appelle à la détente.

Plusieurs restaurants et quelques boutiques ont élu domicile près de la grande route pavée qui relie la péninsule au continent et qui se termine à la mer. D’autres commerces tel que  des galeries d’art, des restaurants et des bars ont plutôt opté pour une vue sur la mer. Pour notre part, nous avons adopté le restaurant De’Tatch, situé directement sur la plage. Il offre le choix de manger à l’intérieur, sous le toit de tatch ou à une table à l’extérieur, les deux pieds dans le sable, sous la palapa. La nourriture est excellente et le poisson frais. Mon amoureux se régale.

 

 

Un séjour à Placencia permet d’aller pêcher, de faire de la plongée, d’explorer les jungles environnantes ou d’observer les lamantins. Plusieurs excursions vers les sites archéologiques sont offertes, mais nous préférons attendre notre séjour à Punta Gorda. La lecture, la marche demeurent donc nos activités préférées. Le soir, nous prenons notre temps pour retourner à l’hôtel par le Sidewalk, au son des vagues, en admirant le ciel parsemé d’étoiles.

Le contact avec la population est un peu plus difficile, car nous sentons une réserve envers tous ces touristes qui défilent jour après jour : certains d’entre eux se montrent capricieux, d’autres pas trop gentils. Mais toujours, de passage seulement. Pourquoi prendre le temps de créer des liens?

Plus les jours passent, plus nos réserves tombent et plus nous aimons cette ville. Elle est beaucoup plus calme que nous l’avions cru. Il y a des touristes, bien sûr, mais moins que je l’avais prévu. On nous explique que malgré certaines saisons plus occupées, le village demeure paisible. À un point tel que nous avons été presque déçus de ne pas entendre de musique Garifuna le vendredi soir et de voir les rues presque désertes en soirée.

Nous avons compris pourquoi le lendemain. Nous sommes un peu avant Noël et un grand bal annuel se prépare pour le samedi soir. C’est l’occasion idéale pour se rencontrer et faire la fête. Les habitants de la région et les expatriés attendent avec impatience cette grande soirée. Il y a un souper, puis une soirée dansante avec orchestre. Je comprends que c’est une fête très courue et que presque tous rêvent d’y aller. Plusieurs économisent pour y participer et limitent les sorties les jours précédents. Les femmes mettent leurs jolies robes longues, leurs souliers à talons hauts et leurs plus beaux bijoux. Le samedi soir venu, nous apercevons des femmes sortant de leur maison, habillées pour l’occasion. Elles sont très belles et font très chic!

 

 

Le matin de notre départ, nous déjeunons très tôt au restaurant De’Tatch afin de profiter du début du jour devant la mer. Des enfants jouent sur la plage, les cheveux au vent, les hommes du coin prennent leur café en jasant, le resto se remplit très rapidement. Nous avons définitivement aimé notre séjour à Placencia.

 

 

Nous prenons la route, notre sac au dos pour rejoindre le bateau-taxi qui fait la navette vers Independence, où un bus nous emmènera à Punta Gorda, notre prochaine étape.

Nous avons quitté le quai depuis quelques minutes lorsque le bateau ralentit, s’arrête et fait demi-tour. Je perçois le mot emergency, mais le vent m’empêche de saisir la phrase au complet.

Une femme attend, assise sur un banc du débarcadère, une jambe allongée, le pied bandé, visiblement enflé. Un homme la prend dans ses bras et descend avec précaution les marches jusqu’au bateau. La blessée est installée juste à côté de moi, l’homme s’asseoit de l’autre côté et la soutient. Elle semble très souffrante. Nous repartons très vite. L’hôpital est à Independence et cette dame est arrivée juste à temps, sinon elle aurait dû attendre le prochain départ, dans plus d’une heure. Impossible dans son état de prendre le bus qui doit remonter la péninsule pour se rendre à la route principale.

Le trajet de bus vers Punta Gorda se passe bien. Au Belize, notre passage est payé directement à un préposé dans l’autobus. Sauf pour les trajets express, le chauffeur s’arrête à chaque fois qu’une personne est sur le bord du chemin et qu’elle lui fait signe. Le montant de la course est en fonction de la distance parcourue. Encore une fois, je suis impressionnée par la gentillesse du jeune préposé qui s’occupe de récolter l’argent. Il aide les personnes à monter dans le bus, prend leurs bagages et les range. Au départ d’Independence, le bus est bondé et tous les nouveaux venus doivent rester debout dans l’allée. Le préposé s’assure que les jeunes femmes avec des bébés dans les bras obtiennent les premiers sièges qui se libèrent. Puis, il vient me chercher lorsqu’une place devient libre vers l’avant. J’imagine que c’est en raison de mes cheveux gris. Lorsque les gens sortent du bus, le préposé les aide à descendre leurs bagages. Il est très impressionnant, il semble se souvenir exactement de la destination indiquée par les passagers et s’entend avec le chauffeur pour arrêter au bon endroit. Il distingue ceux qui ont payé de ceux qui ne l’ont pas encore fait. Tout cela avec le sourire…

L’autobus fait son entrée à Punta Gorda sous un soleil timide et une mer brumeuse. Du haut de notre siège, nous observons pour la première fois cette ville où nous allons passer quelques jours, avant de traverser au Guatemala. Je n’ose rien dire, mais mon amoureux me glisse doucement à l’oreille…”C’est une drôle de ville, non?” Deux minutes après, le préposé nous fait signe, notre hôtel est juste au coin de la rue, un peu plus bas. Nous reprenons nos sacs à dos et marchons vers notre hôtel. Mais qu’est-ce qui nous attend dans cette ville du bout du monde?

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