Archives de Tag: Backwaters

Les rizières de Kumarakom

Les rizières de Kumarakom et des alentours sont situées plus bas que le niveau de la mer, un phénomène unique dit-on. En lisant cela, j’ai tout simplement cru que c’était dû à une formation naturelle.La nature nous joue parfois de ces tours…Mais  non! Pas du tout.

Le vaste réseau des canaux des backwaters est bien dû à des fantaisies de la nature mais l’accès à la terre pour les rizières ne l’est pas! C’est Ajish Varghese, notre hôte au Backwater Breeze qui m’a expliqué comment l’homme est intervenu il y a de cela plusieurs centaines d’années pour développer plus de terres de culture pour la population. Un grand projet a ceinturé et divisé les abords du grand lac Vembanad en petites sections pour en retirer l’eau afin d’avoir accès aux terres jusqu’alors inondées. J’imagine que la profondeur de l’eau n’était pas si grande pour que le projet fonctionne!

Aujourd’hui, lorsque nous nous promenons sur les canaux, le niveau de l’eau sur lequel nous navigons est surélevé de plusieurs mètres au dessus des rizières. Un jour en passant en bateau nous avons eu la chance de voir comment les eaux des rizières sont retirées avant les plantations.

Cela donne un paysage magnifique! Les canaux sont bordés de petits sentiers ou de routes justes assez larges pour laisser passer une petite voiture. Une rangée de cocotiers et de petites maisons séparent les champs de riz et les canaux alors qu’une clairière inattendue nous laisse entrevoir de magnifiques étendues vertes où travaillent plusieurs personnes souvent sous un soleil ardent.

Un jour alors que je faisais remarquer à Ajish que les eaux des canaux sont tellement plus propres que celles de Cochin, il m’a expliqué que les autorités de la région ont installė des cloisons sous certains ponts de la région pour empêcher les eaux de la mer d’entrer dans les backwaters des environs. Les rizières sont alors assurées d’un apport d’eau fraîche qui provient de la pluie ou du lac Vembanad. Dans le cas où une sécheresse se ferait sentir, il suffirait d’ouvrir les vannes pour irriguer le tout!

Pour moi, les rizières de la région de Kumarakom et de Kottayam sont parmi  les plus belles que je n’ai vu jusqu’ici!

Kumarakom

Robert et moi cherchions un endroit tranquille pour nous reposer quelques jours et visiter les backwaters quand mes recherches m’ont menée à un petit village appelé Kumarakom. Ce village, situé sur la rive du lac Vembanad, est  un point de départ pour les backwaters et j’ai lu que sa population est conscientisée sur la protection de l’environnement. Cela nous plaisait bien car le Kerala est un peu victime du succès de ses  backwaters. Les houseboats se sont multipliés depuis plusieurs années et la pollution s’est accrue, nous cherchons à y contribuer le moins possible.

La région de Kumarakom a servi d’inspiration à Arundhati Roy pour son roman « Le Dieu des petits riens » un best-seller international qui a gagné The Booker Prize Citation en 1997. Je désirais ardemment découvrir cet univers d’autant plus que je venais de trouver le livre à la Biennale de Kochi après l’avoir vainement cherché au Québec.

C’est avec beaucoup de curiosité que nous avons pris le train à Kochi pour un trajet de deux heures à travers les rizières. Négocier un rickshaw a été un peu compliqué à Kottoyam car notre gîte ne semblait pas très connu. Les chauffeurs se sont consulté entre eux et après une discussion très animée en malayalam, l’un d’eux a téléphoné au Backwater Breeze  pour avoir des indications pour se rendre. C’est donc avec un grand sourire que notre conducteur nous a invités à prendre place dans son rickshaw pour le 30 minutes de route qui devait nous amener jusqu’à Kumarakom. Ajish, notre hôte, nous attendait en moto à la croisée d’un chemin pour guider le chauffeur du rickshaw sur la route étroite qui longe les canaux. Heureusement car nous avions l’impression de nous rendre au bout du monde! Derrière les palmiers nous pouvions deviner les champs de riz puis être surpris au prochain détour de la route par la vue d’un houseboat accosté sur le bord du canal. Le soleil de l’après-midi tapait fort et le paysage semblait endormi dans la moiteur de l’heure la plus chaude de la journée.

Émerveillés nous avons dėcouvert notre gîte, juste en avant d’un canal, une odeur de fleur parfumée flottant dans l’air. Nous étions au paradis…