Confidences

« Je suis marié mais c’est un secret. Mes parents l’ignorent » À ces paroles le silence s’est fait dans le taxi comme si le temps s’était arrêté. Les yeux brillants, notre guide pour la soirée continua son histoire. Nous étions suspendus à ses lèvres n’osant intervenir de peur qu’il ne s’arrête. Mais son besoin de parler était plus fort.

Ils se sont rencontrés par hasard alors qu’il s’était interposé pour défendre un plus jeune que lui, c’était le frère de celle qui allait devenir sa femme. Ce jour-là il a été perçu comme un jeune homme bien par la famille de celle-ci. Puis sa douce et lui ont commencé à s’envoyer des textos, des petites phrases comme « Bonne journée! » « Dors bien ». Rien de bien grave, me direz-vous. « Mais oui! » vous répondra notre guide! Si l’on vit dans une famille traditionnelle indienne, de religions différentes, que les pères travaillent ensemble, qu’ils viennent de se quereller et qu’ils ne se parlent plus depuis. Même dans une ville cosmopolite comme Mumbai, il arrive que dans certains milieux ce soient encore les parents qui décident du mariage de leurs enfants. Lire la suite

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Coucher de soleil à Cherai

Nous avons pris le train ce matin pour nous rendre à Cherai Beach située à cinq heures au sud de Calicut. Nous sommes maintenant plus près de Kochi où nous passerons le temps des Fêtes.

Notre hôtel est situé sur le bord de la mer et nous dormirons au son des vagues. Nous éprouvons le besoin de nous reposer un peu, de marcher sur la plage, de lire et en ce qui me concerne, d’écrire.

Nous n’avons pas eu le temps d’explorer les environs mais je crois que nous resterons bien tranquilles car il semble y avoir peu à visiter. Nous verrons bien!

L’ambiance de Calicut nous manquera un peu car ici, il nous sera peut-être un peu plus difficile de créer des liens dans ce contexte plus touristique…À Calicut nous avons été choyés car nous avons fait la rencontre de deux personnes très spéciales dont je vous reparlerai sûrement. Heureusement nous avons décidé de rester en contact, pour mon plus grand bonheur!

Pour l’instant Robert et moi vous offrons 50 secondes au bord de la mer. Respirez et savourez…

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Interlude à Kappad

Voici l’ambiance qui régnait à la plage de Kappad lors de notre visite. Nous avons apprécié cette douce interlude…

Bonne journée!

Sur la plage de Kappad

C’est sur la plage de Kappad que Vasco de Gama est arrivé en Inde. Une plage magnifique où nous avons marché.

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Pris des photos.

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Jasé avec d’autres promeneurs.

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Nous avons pris le temps de faire plus ample connaissance avec les autres promeneurs qui se sont adressé à nous. Après les questions d’usage sur notre pays d’origine et la durée de notre séjour dans leur ville, nous avons pu poser nos questions afin de mieux comprendre ce que nous  observons autour de nous. Nous apprenons à connaître un peu plus l’Inde au fil des rencontres grâce à la générosité de toutes ces personnes.

 

Robert a acheté un billet pour encourager la ligue de football des jeunes de Kappad.

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Puis nous avons terminé notre journée à la plage de Calicut pour admirer un magnifique coucher de soleil

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Ces petits riens

Les guides de voyage nous disaient qu’ils n’y avait rien à Calicut, rien à voir. Pourtant nous y sommes et nous y sommes bien!

Le trajet en autobus a été ardu car nous devions traverser une chaîne de montagnes, les Ghats de l’Ouest. Des routes en lacets, des montées et des descentes. Vous avez déjà vu cela vous, des bus qui fournissent des sacs à leurs passagers dans le cas où…et plusieurs s’en sont servi, croyez-moi!

Nous avons décidé de changer notre trajectoire car nous voulions aller à Ooty après Mysore pour visiter ce coin de montagnes, de plantations de thé et de jardins. Nous voulions par la suite nous arrêter dans d’autres villages sur notre route vers Kochi. Mais la pluie de Mysore nous a fait réfléchir et un survol des prévisions météo de la région nous a indiqué du froid et de la pluie dans les montagnes. Nous avons opté pour la chaleur et la mer tout en sachant que nous nous dirigions vers une région pas du tout touristique. Va pour l’immersion, nous sommes partis!

À notre arrivée, le seul commentaire qui m’est venu en tête en voyant Calicut a ėté: une poubelle à ciel ouvert! Quelle saleté! Il y a des déchets partout sur le bord des rues et sur les terrains vagues.

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Mais curieusement et malgré la saleté, nous nous sommes sentis bien dans cette ville, presque tout de suite. La population est très aimable et surtout très honnête. Les conducteurs des richshaws mettent leur compteur sans sourciller et l’un d’eux s’étant trompé sur le tarif a rapidement rectifié sont erreur, de lui-même. Nous n’en revenons pas, quel contraste avec Mysore!

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Et il y a tous ces petits riens qui font toute la différence! Nos marches sur la plage et nos belles rencontres avec la population sont au rendez-vous.

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Nous avons bien ri avec 7 sœurs venues sur la plage avec leurs enfants. Après les prises de photos, nous nous sommes amusées à comparer la couleur de nos peaux, un grand contraste entre ma peau blanche et leur teint basané.

 

 

Elles demandaient mon avis sur leurs yeux, leurs vêtements…

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Puis il y a eu cette adolescente qui m’a dit son nom qui ne finissait plus et j’ai dû faire un air découragé car tous sont partis dans un immense éclat de rire. Les indiens aiment bien se taquiner entre eux et ce grand rire collectif nous a fait tellement de bien!

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Et voilà nos journées se déroulent lentement au fil des petites découvertes de cette ville qui s’étonne de notre arrivée mais qui retourne nos sourires avec grand cœur. En effet lorsque nous arrivons dans un endroit il n’est pas rare que les gens se retournent et cessent de parler. Nous accrochons notre plus beau sourire et la vie reprend. Ouf! Il ne faut pas être timides!

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Il faut dire que nous sommes en pays musulman depuis Mysore et que les femmes voilées sont nombreuses, plusieurs portent d’ailleurs le vêtement noir et le voile qui ne laisse entrevoir que leurs yeux noirs et brillants! Le sari est toujours présent par contre à notre plus grand plaisir, c’est si joli!

Sur la plage nous avons discuté avec plusieurs couples, des gens instruits pour la plupart: professeurs, psychologues, travailleurs sociaux. Le Kerala a un niveau d’instruction plus élevé que les autres états, presque toute la,population sait lire.

Bien installés sur le sable nous avons discuté avec une famille et la jeune demoiselle de douze ans nous a expliqué qu’elle désire être neuropsychologue. Quand je lui ai demandé si elle croit qu’elle trouvera du travail dans la région, elle a répondu sans hésiter qu’il faut inventer son propre travail si nécessaire! Ses parents souriaient avec fierté. Une belle assurance en son avenir qui contraste avec celle de Vinay de Hampi qui veut étudier mais qui se demande comment il va arriver à payer les frais.

Il était une fois Mysore

Nous avons passé quelques jours à Mysore, une ville située près de Bangalore dans le Karnataka, à 12 heures de train au sud de Hampi. La ville a une belle réputation pour ses marchés, ses temples et son palais, la résidence des maharajas.

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Une courte visite au marché en après-midi nous a permis de croquer quelques photos avant que la cohue de la fin de journée ne commence.

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Avec les fruits et les légumes en abondance, les épices et les pâtes de riz, la ville nous a offert une belle randonnée remplie d’odeurs contrastantes.

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Lors de la visite du majestueux palais du maharaja, certaines magnifiques pièces ont retenu notre attention avec leur plafond de verre teinté.

L’opulence de la vie du Maharaja et de sa cour se faisait sentir partout nous n’avons pu nous empêcher de penser à cette population si pauvre que nous voyons tous les jours, encore aujourd’hui. Pourtant, les visiteurs indiens nous ont semblé subjugués par ce qu’ils voyaient et la vie qui ėtait menée au palais.

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Nous avons aussi pris un tour administré par le gouvernement du Karnataka pour nous permettre de voir des sites parfois assez éloignés de Mysore. Lire la suite

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Au revoir Hampi

Juste avant de quitter pour aller prendre le train qui nous mènera vers Mysore, nous avons fait un dernier tour dans Hampi Bazaar.

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Dans le temple Virupaksh, les pèlerins se préparent à passer la nuit sur place. Nous en sommes à la deuxième journée des célébrations de la pleine lune de décembre et les participants n’ont pas le temps de retourner dans leur village.

 

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Voici pour vous faire vivre l’ambiance du temple

Quant à nous nous poursuivons notre route vers Mysore qui est à 12 heures de train plus au sud.

 

 

La campagne de Hampi

« Demain vous voulez voir les temples de l’autre côté de la rivière? » « Non Vinay, nous avons déjà vu beaucoup de temples. Nous voulons voir des villages, tu peux nous emmener en rickshaw? »

Et il nous a invité chez son grand-père dans un joli petit village. La famille habite dans une maison solide, avec un petit jardin en avant. Ils sont plusieurs: les grands-parents, deux frères de son père et l’épouse de l’un d’eux. La tante a permis à Robert de photographier la cuisine pendant qu’elle nous préparait le thé.

L’oncle a une formation paramédicale et il soigne les gens pour des maux qui ne nécessitent pas d’intervention chirurgicale. Des infections, les grippes et parfois la malaria, l’été. Il soigne et prescrit des médicaments au besoin. Il a essayé de m’expliquer davantage ce qu’il faisait mais son anglais ne suffisait pas. « Vous devriez apprendre le Kanara, je pourrais mieux vous expliquer. C’est une langue facile, vous devriez apprendre. » Il avait raison mais il ne sait pas que nous visitons plusieurs états et il avait oublié qu’il y a tant de langues parlées en Inde!

Puis l’oncle a sorti l’album de photo de son mariage et là il a trouvé les mots pour m’expliquer le sens de la cérémonie. La mariée était belle et je lui ai dit ce qui nous a valu un sourire radieux de sa part! Le thé était bon et nous étions bien.

L’oncle a demandé à Vinay d’aller lui chercher quelque chose. Celui-ci est revenu avec un autre album. Je ne comprenais pas…un autre mariage? Et l’oncle qui insistait en me montrant les deux mariés. C’était lui mais pas avec la même femme! Tout le monde riait en voyant ma tête. « Vous avez deux femmes? » « Oui » me dit-il en riant. C’est là que la tante lui a donné une petite tape sur l’épaule en fronçant les sourcils. Elle nous a expliqué que la première femme est tombée malade et que son mari a pu avoir la permission de se remarier car il voulait des enfants. Il a donc épousé la sœur!

Vinay a nous dit que sa tante n’était pas trop contente que son mari nous montre le deuxième recueil de photos et nous avons tous choisi de taquiner l’oncle d’avoir fait fâcher sa femme. Le rire est de nouveau au rendez-vous. Mais j’ai bien vu que l’oncle regardait les photos de sa première épouse avec beaucoup de tendresse…Vinay nous a expliqué plus tard que la première femme a eu une attaque de polio et qu’elle ne pouvait plus avoir d’enfant, elle est donc retournée vivre chez ses parents. Ce qui a expliqué la permission spéciale de se remarier.

Puis nous avons repris la route après avoir remercié le grand-père de nous avoir reçus…

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Sur le chemin du retour nous avons vu des paysages magnifiques, des rizières, des bananeraies, des champs de canne à sucre.

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Vinay nous a montré des campements de personnes dont le métier est la récolte de la canne à sucre.

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Ils installent des camps rudimentaires le temps de la récolte et ils repartent ailleurs vers un autre cultivateur lorsque le travail est terminé.

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Nous avons chaudement remercié notre chauffeur de rickshaw pour ce qu’il nous a fait fait voir lors de notre escapade à la campagne. Encore une fois, nous nous sommes sentis privilégiés.

Histoire de Hampi Bazaar

Vinay, notre chauffeur de richshaw nous a fait faux bond pendant quelques heures pour aller manifester à Hospet la ville voisine, devant les édifices gouvernementaux. Une partie de la population dont les chauffeurs de richshaws veulent interdire les motocyclettes à Hampi. La raison qu’il m’a donnée est le nombre d’accidents causés entre autres par les touristes. Plusieurs d’entre eux décèdent ou sont blessés sévèrement. Les chauffeurs de richshaws ont très certainement d’autres raisons plus mercantiles mais bon, il est vrai que les routes sont très accidentées et dangereuses. La conduite en Inde est très hasardeuse alors imaginez lorsqu’un chauffeur oublie qu’en Inde la conduite est à gauche de la route!

Qu’elle ne fut pas notre surprise lorsque nous sommes revenus de nos visites des temples d’être arrêtés par un policier pas souriant du tout et de ne pouvoir entrer dans la ville en richshaw! Celui-ci a dû être stationné à la porte d’entrée du village et nous avons dû rentrer à pied. Ce n’est pas grave pour nous car Hampi est très petit mais Vinay nous a expliqué que certains policiers prennent le parti des motocyclistes et interdisent l’entrée de richshaw par représailles à la manifestation à Hospet. Il ajoute le sourire en coin qu’il attendra quelques jours et qu’il fera une autre manifestation pour permettre le passage des richshaws dans Hampi! Pour l’instant je le soupçonne de faire des contacts avec d’autres policiers que supportent la cause des chauffeurs.

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Le village de Hampi Bazaar a une histoire un peu spéciale…Suite à la destruction du royaume des rois Indous, la cité a été abandonnée. Graduellement les descendants se sont construit des maisons sur les lieux des temples. En 2012 une partie des maisons construites près du temple Virupaksh ont  tout simplement été rasées pour permettre de rėnover celui-ci. Des centaines de familles ont donc dû se relocaliser très rapidement. L’histoire ne me dit pas si les indemnisations promises ont été versées les barrières de la langue ne me permettant pas ces précisions.

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Aujourd’hui encore plusieurs familles habitent toujours Hampi Bazaar et vivent entre autre du tourisme. Vinay nous a expliqué que plusieurs commerçants qui ont pignon sur rue ne tiennent que des commerces saisonniers. Ils viennent à Hampi pendant la haute saison puis repartent vers d’autres régions où le commerce sera plus profitables pour eux. C’est leur mode de vie et leur façon de gagner leur pain. Nous pouvons donc penser que les produits que nous voyons ici sont destinés aux touristes, qu’ils ne proviennent pas de la région et qu’ils coûtent plus cher.

Vinay a ri devant mon hypothèse et a fait son petit signe de tête…j’avais raison.

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Entrons dans un temple

Voici ce que nous ressentons lorsque nous nous dirigeons vers l’entrée d’un temple. Remarquez les merveilleuses sculptures des piliers. Nous n’entrerons pas à l’intérieur en raison du manque de lumière qui vous empêcherait de bien voir.

Venez avec moi!