Les villes du centre

Depuis quelques jours, nous sommes au centre du pays, tout juste au sud de l’ancienne frontière entre le Vietnam du nord et le Vietnam du sud. Cette région est reconnue pour son climat pluvieux et nous arrivons en plein dans la saison des pluies. À cette période des inondations sont même à prévoir! Nous verrons bien.

Notre premier arrêt, Hué, nous amène une autre vision du Vietnam, celle des rois, de leur cour, de leurs serviteurs et aussi de leurs somptueux tombeaux. La Citadelle de Hué, construite au début du XIVe siècle, sous les ordres de l’Empereur Gia Long, est superbe même si les rénovations sont toujours en cours sur une partie du site. Nous optons pour effectuer la visite seuls, notre après-midi est mémorable et le soleil nous fait la surprise de nous accompagner. Il fait juste assez chaud pour que notre longue marche dans la ville, traversant pont et jardins, soit des plus agréables.

Au cours de notre visite de la Citadelle, nous arrêtons dans une boutique de tableaux logée à l’intérieur des murs. Un artiste y peint une toile et nous laisse l’observer. Il s’agit de monsieur Hoang Thanh Phong. Il a généreusement peint devant nos yeux ébahis faisant apparaître sur sa toile un merveilleux paysage. Quel talent! Et quelle belle rencontre…Nous n’avons malheureusement pas rencontré sa femme, Nguyen Thi Hue qui est aussi une artiste-peintre passionnée. Ils sont propriétaires de la Gakka Art Gallery. Une belle rencontre!
Après une bonne nuit de sommeil, nous visitons une pagode et deux mausolées. Il y a tellement de touristes ici! Je m’y attendais un peu en choisissant le Vietnam comme destination. Voir arriver tout un autobus complet change le visage des sites…mais comme nous ne sommes pas les seuls à vouloir explorer ce pays et que chacun trouve la façon qui lui convient, nous faisons avec. Par contre, ce ne sont pas tous les touristes qui sont aimables et nous rencontrons parfois des personnes insatisfaites qui critiquent les changements qu’ils observent. Bien sûr les choses changent mais peut-on demander à un peuple de ne pas évoluer? Même si les choix sont parfois douteux, ils font partie de l’évolution d’un peuple et je veux bien croire qu’à la fin les ajustements nécessaires seront apportés. Depuis notre arrivée nous observons une belle jeunesse, pleine d’énergie. Malheureusement, dans certaines régions, la population devient dépendante du tourisme et perd un peu son identité. Nous préférons le contact avec la population hors de ces circuits mais ce n’est pas toujours possible.

À Hué, nous avons observé un phénomène qui nous était inconnu jusqu’ici. À deux reprises, des personnes faisant partie de groupes nous ont demandé de nous tasser pour qu’ils puissent prendre des photos à leur aise. Sans personne dans la photo. Pas demandé de façon élégante non plus! De telles attitudes me scandalisent un peu. Nous sommes tous égaux et la présence des autres touristes fait partie des visites. Nous partageons la planète et nous ne sommes pas chez nous. Je fais attention pour ne pas passer devant quelqu’un qui prend une photo, par respect, mais je n’accepte pas d’arrêter mes observations ou de me ranger pour faire plaisir à un photographe…ou à plusieurs qui m’interpellent à grand cris.

Heureusement pour nous, nous avons croisons d’autres touristes qui profitent de ce qui les entoure sans trop juger et en restant émerveillés. C’est avec bonheur que nous retrouvons par hasard un couple qui avait partagé notre repas lors de notre nuit chez l’habitant à Sapa. Une belle rencontre…
Nous quittons Hué sous la pluie et traversons en train des champs inondés. Quel spectacle de voir cette population vraiment adaptée au climat de cette région. Tous ont toujours un manteau de pluie ou un parapluie tout près. Ce matin, les déplacements en moto se font sous la protection d’une grande bâche de plastique. Comme il fait chaud ce n’est pas très inconfortable. Pas besoin de vous dire que la végétation est verdoyante!

À notre arrivée à Da Nang, nous sommes curieux de voir ce que cette ville nous réserve. On nous avait dit: « N’allez pas à Da Nang, ce n’est pas une ville touristique et l’infrastructure n’est pas aussi interessante pour vous. La majorité des touristes préfèrent aller directement à Hoi An ». Vous nous connaissez, nous avons une longue histoire d’amour avec les endroits moins touristiques. C’est le meilleur moyen de comprendre un peu plus ce qui se passe dans un pays. Nous avons donc maintenu notre projet et nous voilà!

Le lendemain de notre arrivée, nous visitons la montagne de marbre par nous même en prenant le bus local. Facile et peu coûteux! Et surtout, cela nous permet de visiter à notre rythme. La réceptionniste de l’hôtel nous a même écrit nos destinations en Vietnamien. Heureusement. Le trajet en autobus a été une aventure différente! Une personne s’occupait de placer les passagers lors de leur entrée dans le bus, de les faire payer puis de les aviser de leur arrivée prochaine à destination. Quelle concentration! Il s’adressait à la bonne personne au bon moment! Et surtout, pas de perte de temps. L’employé nous demandait de nous tenir près de la porte prêt à sortir. Quitte à recevoir une petite poussée pour aller plus vite. En effet, en entrant dans le bus, l’employé m’a un peu ‘aidée’. Je boite encore un peu suite à ma chute à Sapa et je ne devais pas aller assez vite. Sans trop réfléchir, je lui ai dit: « Don’t push me! ». Je ne suis pas sûre qu’il ait compris le sens de mes paroles mais mon regard a dû en dire long. Il ne m’a pas touchée lors de la sortie.

En marchant le long de la rivière, nous sommes émerveillés par les ponts de Da Nang. Celui qui retient davantage notre attention est le pont du dragon où un immense dragon de métal jaune serpente le long de la structure. Lors de notre passage en soirée, quelle surprise! C’est la fête de la lumière. Les ponts s’illuminent de mille couleurs, les bateaux font le trajet sur la rivière, le bord de l’eau s’éclaire de feux de toutes les couleurs et le majestueux dragon passe du vert au bleu puis au jaune. Sur le coup de 21:00, la tête du dragon crache du feu puis de la vapeur d’eau. C’est tout un spectacle! Nous étions très heureux d’avoir suivi notre idée et de ne pas avoir manqué Da Nang!

Notre visite à Hoi An est plus décevante au départ. Nous arrivons un dimanche, les rues de la vieille ville sont bondées et nous avons de la difficulté à bien apprécier le vieux quartier classé Patrimoine de l’Humanité par l’Unesco. Par contre, le lendemain nous retournons après notre visite à My Son, un site archéologique de l’époque Cham reconnu par l’UNESCO. Cette fois-ci, la vieille ville, bien que très touristique, nous semble plus calme et plus accueillante que la veille.

Nous sommes un peu fatigués suite à notre visite du site et nous rêvons d’un bon café vietnamien. Notre guide, est le fils d’un combattant qui, pendant la guerre du Vietnam, a dû se cacher pendant plusieurs mois dans les ruines qui servaient alors de base à l’armée Viêt Cong. L’armée américaine a bombardé My Son et les cratères laissés par les bombes sont encore visibles aujourd’hui. Des monuments historiques ont été détruits. Le jeune homme tenait un discours franchement anti-américain au détriment des informations que nous attendions au sujet des mausolées de cette importante époque Cham dont la maçonnerie est unique. Nous étions mal à l’aise. Nous sommes conscients que toutes les guerres laissent des traces et nous déplorons chacune d’elles. Et je n’étais pas sans penser aux conflits actuels…

En cette fin de journée, nous apprécions donc les vieilles maisons ainsi que les ponts éclairés de la vieille ville de Hoi An. Les lanternes suspendues au dessus des rues ou devant les commerces donnent une ambiance de fête. Nous y prenons le repas du soir, dans la cour intérieure d’une maison ancienne, avec comme ciel des lanternes colorées. C’est romantique à souhait! Et quelle journée pleine de contrastes…

Au revoir Hanoï

Nous profitons de nos derniers jours à Hanoï pour l’explorer davantage. C’est avec les yeux pleins de curiosité que nous parcourons les rues achalandées du quartier des 36 Corporations, pour sa vie de quartier et ses échoppes, ainsi que celles du Quartier Français où se trouvent plusieurs musées. Nul besoin de vous dire que nous adorons cette ville.

Au retour de Sapa, un magasinage s’est imposé, histoire de faire réparer mon appareil photo endommagé lors de ma chute. Finalement, la réparation dans un délai raisonnable s’est avérée impossible et j’ai acheté un nouvel appareil, le jumeau de celui que j’ai cassé. Plus tard, dans les petites échoppes du marché de nuit de la rue Hang Dao, j’ai trouvé un appliqué pour cacher le reprisage de mon pantalon déchiré. Il fait beau, il fait chaud et il fait bon marcher!

Nous goûtons la cuisine de rue aussi souvent que possible et prenons nos repas assis sur de petits bancs de plastique. Nos devenons très habiles pour manger avec des baguettes et nous sommes toujours épatés lorsque par magie une table et de petits bancs apparaissent alors que nous sommes certains qu’il n’y a plus de place. Tous les bancs sont occupés? Pas de problème, nous en avons d’autres! On nous fait signe de nous asseoir. Nous allons juste être un peu plus tassés…Cela ajoute au charme! À l’heure des repas, souvent en fin de journée, nous apercevons des familles entières assises sur le trottoir, autour d’une petite table basse en train de manger en famille.

Le Vietnam est réputé pour ses maisons tubes, construites en profondeur, avec une petite façade sur la rue. Il n’est donc pas rare qu’une famille exploite un petit commerce au devant de la maison, au rez-de-chaussée, ouvert sur la rue. La partie arrière de la maison sert de logement et il arrive souvent d’entrevoir un escalier qui mène à l’étage au dessus. Le soir, les motos sont remisées dans le commerce, parfois même dans le salon si celui-ci est au rez-de-chaussée ou s’il donne sur le devant de la maison!

Il y a beaucoup de circulation dans les rues étroites. Des voitures, des vélos bien sûr, mais le mode de transport privilégié est la moto. Lorsqu’elles sont à l’extérieur, plusieurs personnes portent de petits masques sur la bouche, pour se protéger de la pollution mais aussi du soleil. Le port du casque en moto est généralisé. Le matin de notre premier contact avec Hanoï, c’est sous la pluie que nous avons découvert la ville en même temps que les Vietnamiens se rendaient au travail. Bien sûr nous étions bien à l’abri dans notre taxi mais les vietnamiens eux avaient dû se protéger pendant leur trajet en moto. Pour la plupart, cette protection consistait à se recouvrir d’un long manteau imperméable qui recouvrait autant les enfants assis derrière, que la moto elle-même. Quand il pleut, Hanoï devient une mer de manteaux de toutes les couleurs. Depuis, nous avons eu l’occasion d’observer plusieurs heures de pointes. Sous le soleil ou sous la pluie, les rues de Hanoï deviennent alors le théâtre d’un gigantesque ballet qui se déroule à travers toute la ville. Bien orchestré, avec des règles bien à lui.

Beaucoup de déplacements se font à vélo mais celui-ci est aussi utilisé pour le transport de la marchandise. C’est incroyable parfois ce que l’on peu empiler sur un vélo! Plusieurs femmes, coiffées d’un chapeau conique, transportent leur marchandise dans de petits paniers suspendus sur une perche qu’elles maintiennent sur leur épaule. J’ai essayé et il n’est pas facile de garder l’équilibre des paniers sans compter que c’est un peu lourd. Elles travaillent dur ces femmes!

Nous avons quitté Hanoï et sa vie mouvementée avec un peu de regrets mais l’aventure nous appelle ailleurs. Les villes du centre du pays nous attendent!

La montagne

 

Ce soir nous dormons chez l’habitant après une randonnée d’une journée vers Lao Chai et Tà Van. Nous sommes très chanceux, il fait beau aujourd’hui encore. Le soleil qui illumine toute la montagne. D’entrée de jeu, Khiet notre guide, nous informe que plusieurs journées de beau temps de suite sont rares à Sapa et qu’elles sont obligatoirement suivies d’une ou plusieurs journées de pluie…Mais nous nous sentons sous une bonne étoile et s’il peut dans la montagne, nous nous ajusterons, c’est tout. Nous avons nos manteaux de pluie et des sacs étanches pour notre équipement électronique.

Mais le soleil radieux nous accompagne pour toute la durée de notre séjour dans la montagne. Beau et chaud, comme si nous étions gâtés par les ancêtres. En effet, au Vietnam une partie de la population vit selon des rites animistes et pratique le culte des ancêtres. Un petit hotel est alors placé bien en vue dans la salle commune pour honorer ceux qui nous ont quittés et leur demander de nous protéger. Une autre partie de la population est catholique et tout au long de notre parcours nous allons apercevoir de petites églises accrochées au flanc de la montagne.

En empruntant un premier sentier pour descendre dans la vallée, une femme Hmong s’adresse à notre guide en lui montrant une toute petite maison d’où proviennent les pleurs d’un très jeune bébé. Une femme vient d’accoucher, seule avec son autre enfant un peu plus vieux. Elle n’a pas de mari et sa famille l’a rejetée, pour donner une leçon à toutes celles tentées de suivre son exemple. Après avoir demandé l’avis de la femme Hmong, Robert lui laisse un peu d’argent. Ce n’est pas une grande aide mais cela devrait lui permettre de manger pour les prochains jours. Suite à mes questions, Khiet nous confirme qu’éventuellement le chef du village pourrait influencer un peu les évènements, pour aider cette jeune femme. « Le Vietnam change » nous dit-il,  » nous nous ajustons lentement ».

Notre parcours de la journée nous fait découvrir de grandes rizières sculptées dans la montagne, souvent à perte de vue. La récolte est maintenant terminée mais d’autres légumes poussent à profusion. Les rizières sont maintenant d’un beau jaune doré. Khiet attire notre attention sur les plantes les plus utilisées ou m’offre une fleur en jetant un coup d’œil rieur en direction de mon amoureux. À l’occasion, nous rencontrons une ou deux poules, quelques chiens mais aussi des buffles. L’équipement aratoire est pratiquement inutilisable dans la montagne et les buffles font bien le travail quand il s’agit de labourer dans les rizières.

Nous suivons de petits sentiers de terre battue. Heureusement nous avons de bonnes chaussures mais je dois bien regarder où je mets les pieds. Cela fait longtemps que je n’ai pas marché en montagne. La femme Hmong nous a suivis et descend dans le sentier souvent très abrupt, sans effort, chaussée uniquement de sandales de plastique, son panier sur le dos et cela, en rassemblant des fils de chanvre qu’elle tissera plus tard. À l’occasion, elle me montre comment placer mes pieds et m’offre de me tenir la main lors des passages difficiles. Mais j’ai bien compris, elle s’attend à ce que j’achète d’elle. Je suis à l’aise avec cela sinon, je l’en aurais informée tout de suite. Au repas du midi, à sa demande, nous lui achetons deux petites pièces de tissu qui nous serviront de foulard. Après avoir négocié serré, bien sûr! Tous les guides nous mettent en garde. Il faut absolument négocier pour avoir le juste prix.

Après le repas, nous reprenons la route mais sur un chemin cimenté qui permet aux paysans de mieux circuler et d’utiliser la moto. Plus facile me direz-vous? Bien sûr…mais pas pour moi. Je ne sais trop comment cela se produit mais je perds l’équilibre et je vois arriver le sol plus vite que je ne l’aurais souhaité. J’ai juste le temps de me protéger avec les mains. Mon appareil photo frappe le ciment d’un bruit sec. Par terre, je vois mon pantalon déchiré, le sang sur mes jambes et mon appareil photo en ruine. Robert qui s’inquiète pour moi, la voix nouée. Après quelques minutes, la montagne cesse de tourner autour de moi, je peux me relever et marcher sans aucun problème, désolée pour mon pantalon neuf et mon appareil photo, neuf lui aussi. Khiet lui, a d’autres préoccupations. Il nous fait entrer dans un école où il sait qu’il y a toujours du personnel qualifié pour les premiers soins.

Nous sommes bien reçus, mes blessures nettoyées et désinfectées avec beaucoup de douceur, des pansements sont appliqués. La jeune femme qui a pris soin de moi refuse les dôngs que lui offre Robert pour la remercier et nous faisons plutôt un don à l’école. Pour les enfants. Khiet a eu raison de nous faire arrêter à l’école, le gîte où nous allons dormir, quoique bien équipé n’aurait probablement pas pu m’offrir le même service. Khiet prend bien soin de moi.

Le soir, nous partageons le repas avec la famille de notre hôte et un autre couple de touristes. Avant le repas, nous avons le temps de nous reposer un peu pendant que les grands-parents assistent les enfants de la famille à prendre leur bain dans un bac de plastique dans la cour arrière, près du jardin. Les enfants de la région apprennent très jeunes à développer leur autonomie. Nous l’avons observé à plusieurs reprises.

Robert est volontaire pour participer à la préparation du repas. Il append à faire des nem, une spécialité vietnamienne.Tous les plats sont préparés dans une cuisine munie d’un équipement rudimentaire à nos yeux mais que la famille utilise avec grande efficacité. Le repas est délicieux et tous se régalent. Nous portons un toast en goûtant un alcool de riz fabriqué par la famille. Comme le font toutes les autres familles d’ailleurs. Nous avons appris plus tard que même si ce n’est pas le cas pour la famille qui nous a reçus, la consommation de l’alcool de riz peut devenir problématique pour ce peuple habitant les montagnes.

Nous passons la nuit sur des nattes, protégés par un grand filet. Une nuit à dormir sur le dur, courbaturée de ma chute.. Mais ce n’est pas grave, j’adore notre aventure.

Le lendemain, une randonnée de cinq heures nous ramène vers Sapa toujours en suivant des petits sentiers de montagnes et en découvrant d’autres paysages. Tous à couper le souffle. En cours de route, Khiet nous chante une chanson de sa composition, les montagnes et la vallée derrière lui, comme décor… Puis nous avons reprenons le bus pour nous rendre au train pour notre trajet de nuit vers Hanoï…

Voir Sapa

Nous voulions absolument voir la région de Sapa, dans les montagnes du nord, tout près de la frontière avec la Chine. C’est là où une population de différentes ethnies se sont établies, il y a longtemps. Dans les montagnes, près du ciel, du soleil et des nuages.

Cette région est hautement touristique mais nous tenions à nous y rendre. C’est donc le deuxième forfait acheté à l’Agence Khoaviet. Un séjour accompagné par un guide francophone. Ce qui nous a permis de poser toutes les questions qui nous venaient en tête mais aussi d’adapter un peu le rythme de marche à nos capacités. Encore une fois, c’était une bonne décision!

Nous avons fait le trajet en train de nuit, à partir de Hanoï. Pas nécessairement gage d’un sommeil réparateur…Jusqu’ici, nous trouvons les matelas un peu plus durs ici au Vietnam. Dans le train, ils sont encore plus durs, ce qui nous oblige à nous retourner plus souvent mais ce n’est pas grave, nous avons réussi à dormir un peu. À notre arrivée à Lau Cai un bus nous attendait pour nous conduire à Sapa, notre pied à terre. Ici, les hôteliers se sont adaptés à une clientèle qui arrive tôt le matin et après le petit déjeuner, nous avons pu prendre une douche même si notre chambre n’était pas prête.

Loan, notre guide pour la première journée, nous a fait découvrir Cat Cat et Sin Chai, deux villages près de Sapa. Une randonnée plus courte, pour nous réchauffer.

Nos premiers contacts avec les montagnes et leur population. Loan était très à l’aise avec les gens de la région et nous avons pu avoir de courtes discussions avec les femmes. Elle s’intéressait à leurs enfants, à leurs habitudes et traduisait volontiers nos questions. J’ai même essayé un métier à tisser! Cela demande un peu de pratique mais j’y arriverais. Les femmes Hmong fabriquent encore les vêtements traditionnels à partir du chanvre qu’elles tissent et teignent à partir d’une plante appelée indigo.

Nous avons assisté à des échanges entre une femme et un vendeur itinérant venu d’un autre village. La femme s’est interrompue quelques instants pour poser avec Robert après avoir enfilé les vêtements traditionnels pour l’occasion. Nos rires ont attiré les femmes et les enfants du coin. Difficile de résister à l’entrain de Robert! Nous avons compris par la suite que la femme magasinait des vêtements pour les revendre ensuite dans son petit commerce que nous venions tout juste de visiter. Nous ne comprenions pas leur langage bien sûr mais j’ai pu l’observer. Elle montrait au vendeur le moindre petit défaut dans le but de faire baisser les prix. Cela semble avoir marché et quelques minutes plus tard elle exposait fièrement les vêtements pour les vendre!

En soirée nous nous sommes promenés dans Sapa, encore calme avant l’arrivée des Vietnamiens et des autres touristes pour la fin de semaine. Les marchés de la fin du samedi et du dimanche des villages environnants attirent les touristes. Les Vietnamiens quant à eux, semblent apprécier l’air plus frais de la montagne. Je les comprends, Sapa a vraiment un air de vacances malgré la foule.

Nous sommes rentrés pas trop tard, un peu fatigués de notre petite randonnée de la journée mais aussi désireux de nous reposer avant la marche du lendemain, plus exigeante. Notre chambre est confortable, la journée a été belle, nous sommes heureux.

La baie d’Along

 

Parmi les incontournables du Vietnam, il y a bien sûr la légendaire baie d’Along. Unique au monde et patrimoine de l’humanité, il est bien difficile de passer à côté. Malgré sa réputation hautement touristique et nos questionnements d’ordre écologique, nous voulions en profiter le plus possible en évitant d’être entourés d’une horde de personnes. C’est donc le premier des deux forfaits que nous avons acheté à l’Agence Khoaviet. Un séjour de presque deux jours et une nuit sur un petit bateau de quelques chambres uniquement.

Je dois bien avouer que la beauté de la baie est à la hauteur de tous les éloges que nous avions entendus et que le choix d’un petit bateau répondait à nos attentes. Notre chambre avait de grandes fenêtres et nous avons un petit balcon avec une petite table et deux chaises. Bien sûr nous étions des milliers à dormir dans la baie ce soir là…mais la beauté des lieux dégageait une magie difficile à traduire en mots. Laissons donc parler les images…

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Pendant notre court séjour, un petit interlude était prévu pour aller visiter un village de pêcheurs dans une autre petite baie. Nous sommes partis quatre personnes avec notre guide dans un bateau plus petit. Un trajet presque magique à travers ces immenses rochers aux formes qui peuvent rappeler certains animaux, avec une peu d’imagination. Mais je n’ai pas joué à ce jeu, je voulais juste me laisser bercer par les vagues et laisser mes yeux se régaler. À destination, ce sont les femmes qui s’occupent de la tournée du village. Celle qui nous accompagnait ramait tout en discutant avec d’autres femmes au fil des rencontres. Comme le son semble bien se déplacer sur l’eau, d’autres femmes ont mis leur grain de sel un peu plus loin! Quel décor de vie! La mer tout près, derrière les rochers, la baie avec ces géants de roc, des maisons flottantes, ramer pour se déplacer d’une maison à l’autre. Pas nécessairement une vie facile. Malgré l’abondance des produits de la mer, nous avons pu deviner que les denrées telles que les légumes doivent venir de loin car il n’y a pas de terre et que la fréquentation de l’école pour les enfants requiert toute une organisation! Lors de notre passage, plusieurs enfants jouaient devant leur maison, sur le plancher flottant, un adulte près d’eux. Imaginez la surveillance requise!

Nous avons quitté la baie très heureux de notre expérience, reconnaissants d’avoir pu profiter de cette richesse de la nature malgré la présence de centaines d’autres bateaux et de milliers d’autres personnes. Contents de notre décision nous revenons la tête pleine d’images…

Un samedi à Hanoi

À notre réveil, nous apprenons les actes de violence à Paris. L’impensable est arrivé. C’est avec une grande tristesse que nous débutons notre journée avec une pensée pour ceux qui ne sont plus, pour les blessés et enfin, pour tous ceux qui ont perdu un être cher ou qui ont maintenant peur. Nous rassurons nos familles et nos amis, les réponses de soulagement fusent. Rapidement. Nous sommes passés par Paris pour venir à Hanoi. La veille.

Après un petit déjeuner à la Vietnamienne composé de nouilles, de riz et de tofu, nous décidons d’aller à une agence de voyage qui nous a été référée par une française rencontrée dans l’avion. Son fils en est le co-propriétaire et nous pensons pouvoir faire confiance à cette compagnie qui a pignon sur rue depuis un moment. De plus, nous avons lu des commentaires positifs sur Khoaviet Travel dans les guides de voyage. Comme dans beaucoup de villes au monde, Hanoi compte son lot d’agences sur lesquelles il vaut mieux ne pas se fier. Et nous avons quand même vérifié les prix des forfaits auprès de l’hôtel pour avoir un point de comparaison.

Grâce à Google Maps, une application que Robert affectionne particulièrement, nous suivons notre trajet à travers les rues du vieux quartier de Hanoi, les 36 Corporations. Notre téléphone à la main nous avançons selon les indications, le GPS de notre appareil nous indiquant notre position. Dans le cas d’erreur, il est facile de se réajuster.

Les rues sont bondées. Depuis notre arrivée, nous avons appris à traverser les rues comme il se doit à Hanoi. J’imagine que notre expérience en Inde nous a aidés. Le plus simple est d’observer les gens du pays et de les imiter. Il suffit d’avancer d’un pas régulier, sans arrêter, sans aller trop vite non plus pour donner aux motocyclistes le temps de s’ajuster à la vitesse de nos pas et de nous contourner. C’est très facile! Arrêter ou hésiter est plus dangereux car les conducteurs semblent habitués à prévoir notre parcours. C’est la même chose en marchant le long de la rue. Mieux vaut marcher le plus droit possible car un pas de côté sans regarder auparavant pourrait nous mettre en danger. Les véhicules de toutes sortes passent tellement près!

M. Thao Nguyen, Khoaviet Travel

M. Thao Nguyen

Bien reçus à l’agence Khoaviet Travel et satisfaits des propositions, nous avons acheté deux forfaits qui nous font rêver. Lesquels? Je vous garde la surprise…mais vous viendrez avec nous, c’est promis!

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Nous errons dans les rues du vieux quartier pour le reste de l’après-midi pour perdre le pouls de la cité et prenons plusieurs photos. « May I speak with you? » Deux jeunes étudiantes s’adressent à moi et nous entamons une discussion sur le coin d’une rue. Tout simplement. Curieuses, elles en profitent pour pratiquer leur anglais et nous sommes heureux d’apprendre un peu plus sur cette belle jeunesse.Vers 16:00 nous réalisons qu’il est temps de nous rendre au Water Puppet show à 17:00! Nos billets sont déjà acheté depuis hier et nous prenons la route du théâtre. Comme il est facile d’oublier l’heure! Les journées passent si vite et nous nous sentons à l’aise dans Hanoi.

Un petit souper sur la rue après le spectacle? Pourquoi pas. Nous choisissons un minuscule resto où sont attablés des vietnamiens. Jusque sur le trottoir. Comme l’endroit est très achalandé, nous prenons cela comme un indice…d’une qualité probable. Qu’est-ce que nous mangeons? Pas facile à décrire ce qu’est le Nhân Thit Gà: du poulet dans une pâte de riz que la cuisinière façonne de gestes précis, sa minuscule cuisine installée presque sur le trottoir.. En regardant autour de nous, nous observons des habitués saisir les petits rouleaux de viande et de riz avec leurs baguettes, les tremper dans un bouillon avant de les déguster avec un plaisir évident. C’est bon, quoique un peu surprenant.

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Nous ne réussissons pas à identifier tous les ingrédients mais nous apprécions. Je prends une photo du nom du plat inscrit sur le mur pour mieux m’en souvenir. Au moment de payer la facture, la situation se corse un peu. Le montant de la facture nous est donné verbalement par la cuisinière et semble correspondre au prix affiché. Robert remet les dôngs demandés mais cela ne fait pas l’affaire de la dame qui tente quelques mots d’anglais et fait des signes à l’appui. Robert ne comprend pas la raison de ses protestations. Moi non plus. Elle empoche finalement l’argent offert par mon amoureux mais nous sentons que quelque chose cloche. Elle nous fait signe de partir même si Robert offre un peu plus de dôngs. Elle les a refuse! Trop impatientée je crois. Tout un personnage…


La cuisinière a continué à marmonner et des gens du resto se sont mis à rire. Bon…nous ne saurons jamais le fin mot de l’histoire. Cela fait partie du voyage d’aventures, les communications ne sont pas toujours efficaces. Je crois qu’elle demandait un pourboire alors que Robert a cru qu’il ne donnait pas le bon montant. Nous aurions certainement donné un peu plus comme d’habitude si elle n’avait pas bougonné tout de suite amenant ainsi pas mal de confusion de notre côté!

Une autre petite marche dans le quartier? Pourquoi pas. C’est le marché de nuit. La fin de semaine, la rue Zhang Dao est fermée à la circulation jusqu’au marché Dong Xuan pendant la soirée. Que c’est paisible après la cohue des autres rues! Comme les marchands s’affairent encore à monter leur étals, une pause café s’impose. Le café est délicieux au Vietnam, à notre grande surprise. Je m’attendais à boire uniquement du thé car il est rare que le café nous plaise à l’étranger. Attablés au bord d’une fenêtre, avec vue sur une rue extrêmement passante nous avons dégusté ce délicieux breuvage tout en observant la vie nocturne de Hanoi qui s’installait tranquillement.
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À notre sortie du café la circulation est plus dense. Il y a du monde partout! Plus d’autos et plus de motos. Le tour du lac Hoàn Kiém s’est illuminé pour accueillir les promeneurs et les familles venus profiter de cette nature fleurie au milieu de la ville. Un merveilleux samedi soir sous une température douce. De retour au marché de nuit nous prenons un bain de foule comme nous les aimons pour nous diriger ensuite une petite rue bordée de petits restaurants où les gens mangent sur le bord de la rue. Nous nous laissons tenter par une soupe au restaurant Mai Ly au 63 Hàng Buôm. Quel contraste avec le restaurant précédent! Tout de suite un petit réchaud est placé sur le coin de la table avec des légumes, du poulet et du tofu. Une petite marmite avec du bouillon est déposée sur le réchaud qui est allumé par la serveuse. Nous avons droit à des explications sur la façon de préparer notre soupe. La serveuse se promène d’une table à l’autre pour aider les clients, le sourire aux lèvre. Nous profitons de chaque minute dans ce resto et la soupe est délicieuse! Nous reviendrons demain soir pour essayer leurs grillades qui se préparent sur le même principe. À la demande de la propriétaire, j’écris un petit mot qu’elle mettra sur son mur avec bien d’autres qui complimentent sa cuisine.

Nous retournons tranquillement à l’hôtel alors que les rues se vident, tout doucement dans la chaleur de la nuit.

Notre nouvelle aventure

Départ de la maison

Départ de la maison

Tôt ou tard il fallait bien s’attendre à ce que le goût de repartir nous reprenne. C’est fait! Cette fois-ci, nous avons au menu le Vietnam pour le premier mois, le Cambodge pour le deuxième puis l’Inde pour les deux derniers. Du 11 novembre 2015 jusqu’au 15 mars 2016. Quatre beaux mois à parcourir des contrées lointaines, à découvrir de nouvelles cultures, à être émerveillés. Mon amoureux rêvait de visiter le Vietnam et nous le traverserons du nord au sud. Je désirais explorer le Cambodge et ses temples, naviguer sur le Mékong. Nous souhaitions retourner en Inde. Robert voulait aller à Kolkota et moi, voir le Gujarat. Nous traverserons donc ce beau pays d’Est en Ouest pour terminer nos belles découvertes à Mumbai. Nous y trouvons tous les deux notre compte et nous sommes convaincus que de belles aventures nous attendent. Vous venez avec nous? Cela nous fait plaisir

Mammallapuram

Note: bien que nous soyons de retour au Canada depuis quelques temps, il me reste des aventures à vous raconter. De nouveaux articles paraîtront sous peu.

Mars 2015

Nous sommes partis de Bengalore à 8:00 du matin pour un trajet de six heures trente vers Chennai. Après un transfert en auto-rickshaw vers le terminus d’autobus, nous nous préparions pour un autre trajet de deux heures trente. Nous allions à Mammallapuram pour quelques jours. Notre périple de quatre mois s’achevait et nous voulions passer un peu de temps près de la mer. Mais pour l’instant, il faisait chaud et nos sacs à dos nous pesaient sous le soleil d’après-midi.

L’Inde se réchauffait graduellement. Il ferait bientôt très chaud, les Indiens nous avertissaient. Déjà le rythme de vie changeait, il fallait s’adapter, ralentir le pas et prévoir plus de pauses.

Le terminal d’autobus à Chennai était immense, les indications n’étaient pas en anglais et nous devions demander notre chemin. Les informations contradictoires recueillies auprès du personnel nous ont fait visiter le terminal plus que nous ne l’aurions souhaité.

Finalement, nous avons déposé nos sacs près d’un banc et Robert a continué sa recherche seul pendant que je surveillais les bagages. Trempée, j’avais chaud et un mal de tête refusait de me quitter. J’étais soulagée d’arrêter car depuis plusieurs minutes, ma seule idée était de suivre Robert sans tomber. Je ne me sentais pas bien.

Robert a trouvé rapidement le bon quai puis est revenu pour m’aider à approcher nos sacs. Deux femmes attendaient déjà et c’est elles qui l’avaient renseigné. Lorsqu’elles m’ont vu elles ont fait signe en montrant mes cheveux. J’ai compris qu’elles aimaient soit la couleur ou la coupe. Elles me souriaient et je retournais leur sourire malgré la douleur à la nuque. J’anticipais un peu le trajet en bus.  Nous n’avions pas l’assurance d’une place assise ni d’un endroit pour poser nos bagages. La fatigue de la journée me rattrapait, cela arrive parfois.
Puis les deux femmes se sont mis à parler avec animation et à changer des regards complices. À leurs gestes j’ai compris que cela avait un lien avec mes cheveux. L’une d’elles avait un sac à la main, elles ont défait le noeud, révélant des fleurs fraîches. Choisissant une rose rouge et elles ont pointé mes cheveux avec insistance. J’ai cherché une barrette dans mon sac et l’une des femmes a pris une pince dans ses cheveux. Avec la pince et ma barrette elles ont fixė la rose un peu derrière une de mes oreilles. Les deux indiennes ont aimé le résultat, Robert aussi. Le rouge devait trancher sur mes cheveux gris. Je les ai remerciées la main sur le cœur. Elle s’exclamaient et montraient la fleur à Robert cherchant son approbation. Tout le monde riait et soudain, la vie est devenue plus douce. Parfois il suffit d’un geste…

Le reste du trajet s’est bien déroulé et notre hôtel était bien. Un très grand soulagement après avoir lu les critiques sur l’hébergement à Mammallapuram. Nous avions eu beaucoup de difficultés à trouver un hôtel qui nous semblait décent et en général les critiques sur Trip Advisor n’étaient pas très encourageantes. Nous avons été très chanceux et le personnel était plus que gentil.

Mais l’Inde n’avait pas dit son dernier mot et de nouvelles découvertes nous attendaient. Située sur le bord de la mer, Mammallapuram possède plusieurs temples dont certains ont été révélés suite au passage du tsunami en 2004. Les archéologues effectuent toujours des fouilles dans certains de ces vestiges. Le premier site que nous avons exploré sous le chaud soleil du Tamil Nadu est le Shore Temple construit juste sur le bord de la mer il y a 13 siècles. Pour le protéger des embruns et de l’érosion, une digue a été construite et une lisière d’arbres a été érigée. Nous ne pouvons donc plus apercevoir la mer aussi bien à partir du site mais nous entendons certainement les vagues qui sont assez fortes dans la région.

 

Nous sommes restés pour tout le reste de notre séjour et nous avons décidé de ne pas visiter Chennai ce voyage-ci.

Nous avons passé des jours heureux à Mammallapuram malgré le soleil de plus en plus ardent et la chaleur difficilement supportable en après-midi. Nous avons doucement dit au revoir à ce pays que nous aimons tant. Je me faisais à l’idée de reprendre l’avion vers un pays où le froid sévit encore, partagée entre mon désir de revoir les enfants et les petit-enfants, la famille, les amis et continuer notre vie de nomades remplie de découvertes. Pour ma part, j’ai quitté ce pays à regret mais avec le sourire à la pensée de retrouver ceux que j’aimais.

Villa Suriyagaha

« C’est avec toutes ces réflexions et ces questions que je me suis assise devant la mer à Galle et que j’ai demandé à l’univers de nous faire vivre des expériences qui nous ressemblent afin de repartir du Sri Lanka avec des meilleurs souvenirs« .

C’est bien ce que je vous ai écrit dans un article précédent…

Nous étions fatigués et nous avions besoin de temps pour faire le point sur notre expérience de voyage au Sri Lanka avant de retourner en Inde. Il nous restait plus d’une semaine avant de prendre l’avion pour Madurai. Nous avions réservé une chambre pour deux jours à Negambo près de la mer, le temps de chercher un hébergement dans un endroit moins touristique où nous pourrions nous déposer et profiter de la belle température. Fidèle à son habitude, Robert s’est installé devant son IPad et a débuté ses recherches. Il m’a proposé de visiter deux guesthouses à la campagne. Nous avons loué les services d’un chauffeur de tuk tuk et nous sommes partis. Il faisait beau, nous avions le vent dans les cheveux et notre chauffeur chantait à tue tête « Beautiful Sri Lanka ». Nous commencions à respirer.

Nous avons visité Suriyagaha en premier. En passant la grille à l’entrée, nous avons aperçu une jolie maison blanche avec un énorme bougainvillée fuchsia agrippé à la devanture. Ron et Pat Pierce nous ont reçu avec le sourire, chaleureusement. Oui, ils avaient de la place pour nous et le prix nous convenait. Nous avons eu un coup de cœur pour la chambre dont le balcon donne sur la piscine. Sur demande, Pat pouvait cuisiner le repas du soir moyennant un supplément. En nous voyant sourciller devant le montant demandé, Ron a ajouté en regardant sa douce « Cela peut vous paraître beaucoup mais la cuisine de Pat vaut la peine ». Nous sommes repartis rassurés de pouvoir nous reposer un peu. Nous n’avons jamais visité le deuxième guesthouse.

Nous avons passé presque une semaine à Suriyagaha, de jour en jour nous avons appris à connaître nos hôtes et à nous détendre davantage.  Plus reposés, nous sentions l’énergie revenir. La tension tombée, nos réflexions sur le Sri Lanka devenaient moins amères. Ron et Pat ont su nous aider à apprécier le voisinage et à découvrir d’autres facettes de Negombo. J’ai pu faire de petites réparations à nos vêtements qui commençaient à se ressentir d’être portés jour après jour. Ils ont été lavés avec soin et séchés au soleil par le personnel de Suriyagaha, comme j’aime le faire…À Negombo, Robert a fait réparer ses sandales mâchées par un chien errant. Installés sur le balcon, nous avons revu la planification de notre prochain mois en Inde. Ron disait qu’il nous voyait changer, de jour en jour et se remémorait en souriant notre arrivée où nous avions l’air de porter le poids du monde sur nos épaules.

Mais le plus grand bonheur était de s’asseoir avec nos hôtes, les écouter nous raconter leurs aventures et tomber en amour avec ces nouveaux amis. Je n’ai pas pris le temps de calculer leur âge mais lorsque Ron mentionnait l’année de sa naissance, un petit éclair passait dans ses yeux et je savais qu’il était fier de lui. Ils ne font pas leur âge. Ils ont encore cette lumière dans les yeux, des projets plein la tête et le cœur sur la main. La cuisine de Pat est enchantée et Ron ne tarit pas d’éloges pour sa douce. Ils avancent ensemble, c’est un travail d’équipe.

Nous aurions passé des heures à écouter leurs expériences de vie. Des gens passionnés comme eux sont tellement bons pour la santé! Vous savez, ils n’ont jamais rêvé de devenir propriétaire d’un gîte. Celui-ci appartenait à des amis et au décès de son mari leur amie n’a pu garder et gérer le guesthouse seule. Elle voulait rentrer dans son pays. Ron et Pat vivaient dėjà au Sri Lanka. Ils ont finalement décidé d’acheter la maison et de quitter la leur temporairement. Et depuis, ils s’affairent à recevoir des gens de tous les pays comme s’ils avaient fait cela toute leur vie. Ils ont une énergie exceptionnelle pour leur âge et un sens des affaires à donner des leçons aux plus chevronnés.

Le jour avant notre départ nous avons eu très peur pour Pat. Elle s’était blessée à un poignet lors d’une mauvaise chute et nous avons tous craint une fracture. Comment ferait-elle pour cuisiner? Elle se le demandait. Heureusement la visite à l’hôpital le matin avant notre départ a plutôt révélé une mauvaise entorse et ils sont revenus en souriant, soulagés. Mais nous pouvions quand même voir sur le visage de Pat qu’elle souffrait sans se plaindre.

Nous sommes repartis avec nos bagages en laissant une partie de nos cœurs avec nos nouveaux amis. Ils nous ont offert un œuf de porcelaine afin que l’on se souvienne d’eux. Les yeux humides, nous avons accepté ce cadeau. Eux qui voient passer tant de personnes de tous les pays, nous ont fait promettre de revenir. Qui sait, il est possible que ce projet se réalise. Je sais pour ma part qu’un jour, s’ils ont besoin d’aide temporairement, je ferais le trajet juste pour cuisiner avec Pat et retrouver les beaux moments de discussion avec Ron.

Nous avons rencontré de très belles personnes pendant ce voyage-ci et nous comptons bien revoir plusieurs d’entre eux. Ron et Pat en font partie. Cette rencontre a été exceptionnelle et nous le savons. Tous les quatre. La vie a répondu à ma demande formulée à Galle.
Merci.

Aventures au Sri Lanka

J’ai mis du temps à vous partager cette réflexion sur notre séjour au Sri Lanka, je voulais avoir le ton juste. Je suis prête maintenant.

Notre contact vécu la population cinghalaise a été bien différent de nos contacts avec les Indiens. Les habitants du Sri Lanka sont plus réservés et nous regardent avec moins de curiosité. Ils sont plus habitués au tourisme j’imagine. Le pays n’est sorti de la guerre civile que depuis quelques années et nous sommes en présence d’un pays qui se remet lentement de ses blessures y compris celles du tsunami. Les infrastructures se refont tranquillement et partout nous apercevons des routes en réfection. Nous avons rencontré des personnes travaillantes qui font de leur mieux pour gagner leur vie et celle de leur famille. Avec le nouveau gouvernement, l’espoir est au rendez-vous. Les rêves deviennent réalisables. Malheureusement, l’augmentation de la fréquentation de l’île par des touristes a aussi attiré des personnes peu expérimentées dans l’industrie du tourisme. Leur désir est de faire de l’argent, ils sont à peine polis et effectivement ils nous font sentir comme un porte-monnaie sur deux pattes!

Les conditions de l’hébergement sont très fluctuantes et d’un gîte à l’autre la qualité n’est pas toujours au rendez-vous. Particulièrement si nous comparons ce que nous obtenons dans d’autres pays pour le même prix. Cela ressemble malheureusement trop souvent à un travail d’amateur, le sourire et le respect ne sont pas toujours présents. Un commerçant nous a avoué que plusieurs personnes se sont lancées dans le tourisme mais qu’elles n’ont pas l’expérience ni les connaissances nécessaires. Il s’inquiète de cette situation. La qualité du service s’en ressent mais il y a tellement de demandes que si des clients sont insatisfaits, il y en aura bien d’autres pour les remplacer.

C’est à Galle que nous avons eu notre pire aventure au sujet de l’hébergement. Heureusement nous avons de l’expérience et nous avons su nous défendre mais cela laisse toujours un goût amer. Comme au restaurant où nous attendons notre commande pendant 45 minutes pendant que de jolies demoiselles ont rapidement tout ce qu’elles veulent, qu’on nous promet notre repas de dix minutes en dix minutes pour réaliser à la fin que le serveur a mal transmis notre commande et qu’il se prépare à nous servir du riz au lieu des nouilles! Et que cela ne le dérange pas…

Plusieurs autres touristes avaient des commentaires qui ressemblaient aux nôtres et quelques uns ont même avoué qu’ils ne reviendraient plus. D’autres comme nous, essayaient de ne pas trop accorder d’importance aux situations désagréables pour continuer à profiter du Sri Lanka, qui est magnifique en passant. Je ne parviens pas à comprendre à quel moment les désagréments ont pris plus de place que les beaux moments. Bien sûr après chaque irritant nous réussissions à passer à autre chose pour apprécier le plus possible le pays mais une autre situation se présentait, de nouveau. Je me doute bien que nous n’avons eu accès qu’à un échantillonnage de la population et que notre lecture de la situation est bien incomplète. Les rares fois où nous avons réussi à sortir des sentiers battus nous ont fait rencontrer de belles personnes.

C’est avec toutes ces réflexions et ces questions que je me suis assise devant la mer à Galle et que j’ai demandé à l’univers de nous faire vivre des expériences qui nous ressemblent afin de repartir du Sri Lanka avec des meilleurs souvenirs.