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Les yeux de Orchha

Orchha, un village tranquille du Madhya Pradesh, blotti dans un immense site archéologique avec deux palais, des mausolées et plusieurs temples…vestiges des temps anciens. Bien loin de l’agitation et des sollicitations de Khajuraho. Une toute petite ville toute simple. D’un autre âge, d’une autre culture.

Notre premier repas à Orchha est inoubliable. Il fait plus doux en cette fin d’après-midi et nous choisissons un resto avec une terrasse sur le toit, juste devant les châteaux. Un bonheur pour les yeux. Après une longue attente, nos plats sont enfin déposés devant nous. Les odeurs qu’ils dégagent ravissent nos estomacs affamés. Notre petit-déjeuner pris très tôt avant le départ du train de Khajuraho est bien loin déjà. Un dal de lentilles jaunes, un aloo gobi et des pains naan! Des plats juste assez épicés…

Du coin de l’œil, je vois passer de grands singes un peu plus loin et me lève pour m’assurer qu’ils ne viennent pas vers nous. Mais non, ils partent dans une autre direction. Nous continuons notre repas, mieux vaut manger tandis que tout est encore chaud. C’est tellement bon!

Tout à coup, je sens une présence à côté de moi. Des grands singes se servent à même nos naans! Celui qui est le plus près de moi dépasse la table à partir du torse. Juste à la bonne hauteur pour se servir confortablement. Ses yeux à la hauteur de mes yeux. Je hurle. De peur, bien sûr mais aussi de colère de me faire piquer un repas si attendu! Sans réfléchir, je me lève et les intrus reculent. Le renfort arrive. Mes cris ont alerté les serveurs qui chassent prestement les gourmands. Tout se déroule tellement vite que mon amoureux n’a pas le temps de se lever. Lui qui est toujours prêt à me protéger!

Nous avons droit à de nouveaux naans, les autres plats n’ont pas été touchés et nous terminons notre festin sous l’œil attentif des serveurs, munitions en main pour éloigner les intrus. Le cuisinier raconte que les singes tentent souvent de le rejoindre dans sa cuisine. Il ne veut pas utiliser des pierres alors il leur lance ce qu’il a sous la main. Parfois des tomates, des patates…cette fois-ci c’est avec des petits oignons rouges que la chasse s’effectue. Et je doute que les primates apprécient…

Les deux palais de Orchha valent bien le détour. Datant du 16e et du 17ème siècles, ils sont encore impressionnants avec leurs portes en arcades et leurs cours intérieures. L’un des deux, le Jahangir Mahal, aurait été construit en l’honneur de Jahagir, un empereur Moghul, par son ami de très longue date, Veer Singh Deo. On raconte que l’empereur n’y aurait séjourné qu’une seule fois. Incroyable dépense d’argent, de temps et de matière première mais un vrai régal pour les yeux. Une véritable incursion au pays des mille et une nuits

 

Tout à côté, le Raja Mahal est encore plus finement ciselé. Encore aujourd’hui, il est possible d’admirer les peintures qui recouvrent les murs de certaines pièces, peu exposées à la lumière. Les portes de ces chambres sont fermées mais les gardiens ne se font pas prier pour les ouvrir. Imaginez pendant quelques minutes cette construction de cinq étages d’un côté et de quatre de l’autre, ses terrasses couvertes de tapis et de coussins. Les murs des pièces intérieures couverts de scènes impliquant Lord Rama, Khrisna tandis que d’autres représentent la vie quotidienne de l’époque. Un voyage dans le temps!

Les sites archéologiques sont disséminés dans la ville et nous devons nous déplacer à travers les petites rues pour les visiter. Nous adorons bien sûr ces escapades pédestres. Mais à certains moments, je me sens mal à l’aise. À plusieurs endroits, selon les habitudes d’ici, les hommes se regroupent sur le bord de la rue pour discuter, assis en demi-cercle pour déguster un tchaï. Du coin de l’œil, je vois souvent un de ces hommes donner un coup de coude à ses amis en m’apercevant. Les autres se retournent et m’examinent alors intensément lors de notre passage. Ils baissent à peine le regard lorsque je les regarde. Aucunement timide, je suis habituée à me faire regarder en voyage. C’est normal, je ne suis pas chez moi. Blanche avec les yeux bleus, portant des vêtements différents, je puis comprendre que cela attire l’attention. Mais habituellement un sourire finit par détendre l’atmosphère et les salutations fusent. Pas ici. Je ne me sens pas en danger, juste scrutée intensément, dans un lourd silence. Sans gêne, ni respect. Lors d’un repas, je questionne notre cuisinier-chasseur-de-singes et il explique que l’intention de ces gens n’est pas d’être déplacés. Leurs actes découlent d’une simple curiosité qu’ils ne pensent même pas à dissimuler. Il s’agit souvent de gens qui ont peu vu de touristes. Je comprend mieux. D’autres femmes touristes m’ont confirmé que cela leur arrive aussi. Mais parfois c’est trop et mon amoureux se fâche par un bel après-midi alors qu’un groupe d’adolescents me regarde intensément, debout juste devant moi, assez près pour me toucher. Occupée à lire dans notre guide de voyage, j’ignore les intrus. Mais je ne pourrais faire un seul pas tant ils sont proches! Et « sir » Robert fait une colère et les chasse protégeant ainsi sa princesse.

Le lendemain, la visite du palais de Datia, le Birsingh Deo, s’avère aussi passionnante que celle des palais de Orchha. Nous sommes pratiquement seuls pour visiter l’ancienne résidence du maharaja. Il a plusieurs étages et même si j’ai le vertige, je ne veux rien manquer. Les quartiers du maharaja sont situés au centre du palais et sont répartis sur sept étages.

À la fin de la visite, le guide nous demande si nous voulons rester un peu pour jouir un peu plus longtemps de la vue du troisième étage. Nous acceptons et j’en profite pour prendre des photos. Robert pour explorer davantage. Au moment de redescendre, nous cherchons l’escalier. Totalement intéressés par les propos de notre guide, nous n’avons pas prêté attention. D’autant plus que les marches sont toutes dissimulées derrière un mur et qu’il est bien difficile de reconnaître l’escalier par lequel nous sommes montés. Il y a bien plusieurs descentes mais celles que nous empruntons sont verrouillées à l’étage du bas et il nous faut remonter. Nous finissons par retrouver notre chemin à l’aide des jeunes des environs qui se promènent par là. Quelle aventure!

En fin d’après-midi, alors que nous marchons à travers le marché de Orchha, l’attention de mon amoureux est attirée par un bel étalage de biscuits colorés disposés en pyramide dans une boutique située tout juste en bordure de la rue. Vous connaissez la passion de cet homme pour ces desserts, aussi bons pour les yeux que pour le palais. Il s’approche tranquillement pour mieux voir alors qu’une vache s’approche elle aussi, venue d’un autre côté. Assis devant sa propre boutique, un marchand de l’étal voisin, lève les yeux de son journal et aperçoit la vache qui s’approche de plus en plus. Il crie à son voisin qui accourt aussitôt de l’arrière de son magasin pour protéger sa marchandise. Il arrive tout juste après que la vache ait humé les pâtisseries et risqué un grand coup de langue. Il chasse l’intruse sans trop de ménagements. Le marchand replace tranquillement ses pâtisseries sous l’œil dégouté de mon amoureux…Pas de pâtisserie pour lui…la vache est arrivée première!

Notre séjour à Orchha est teinté d’expériences diverses. Ce soir nous soupons à notre resto préféré, mais à l’intérieur cette fois-ci pour éviter nos amis les singes. Cet endroit calme où les clients discutent tranquillement se transforme presque instantanément à l’arrivée de trois touristes qui se mettent à faire un vacarme assourdissant. Ils discutent fort et rient à gorge déployée. Ils ont trouvé le moyen d’avoir une bouteille de vin, une denrée rare à Orchha. L’alcool n’y est pas vendue ouvertement. En soit, il n’y a pas de mal à boire du vin et celui-ci provient Sula, un vignoble près de Nasik. Nous y avons fait un saut l’an dernier. Le vin est délicieux. Mais ce soir, le ton monte rapidement jusqu’à ce que le trio fasse un appel avec leur tablette électronique. Ils parlent tellement fort que plus personne ne s’entend parler. Ils crient et doivent répéter car leur interlocuteur ne semble pas comprendre. Robert leur demande poliment de baisser la voix. Mais il s’attire des refus et des insultes suivies d’une invitation à sortir du resto s’il n’est pas content. À notre grande surprise d’autres clients parlent leur langue et il s’ensuit une engueulade bien sentie. Un italien n’a pas apprécié les insultes que Robert a récoltées, il le dit haut et fort. Un autre couple vient à la rescousse. Tous sont dérangés par le trio et outrés de leur comportement. Mais rien n’y fait. Les serveurs découragés ne savent plus quoi faire. Ils appellent leur patron à leur secours. Une des femmes du bruyant trio se met à m’imiter lorsque je discute avec le serveur au sujet du plat qu’il vient de me servir. Je la regarde mais je ne dis rien et ne lui accorde aucune autre attention. Cela ne vaut pas la peine. Et cela ne mènera à rien. Si deux couples d’Italiens n’ont pas réussi à les arrêter, mieux vaut lâcher prise. Heureusement le patron arrive et se rend à la table du trio maléfique qui quitte le resto non pas sans avoir passé des commentaires désobligeants sur les plats qui leur ont été servis. Ouf! Nous avons droit à des excuses du patron et des employés. Mon amoureux fulmine, avec raison. Moi je me dis que la vie s’occupera bien d’eux. Mais cette aventure nous a quand même un peu secoués. C’est si loin de nos valeurs.

Au déjeuner, le lendemain matin, le cuisinier-chasseur-de-singes nous raconte que ces gens de la veille ne seront plus admis au resto et il avoue son impuissance. « Je sais comment agir quand il s’agit de gens de mon pays, mais hier soir c’étaient des étrangers, personne ne savait quoi faire… ». Mais bon, cette aventure nous a liés avec ce courageux Italien venu à la rescousse de Robert. Il a gagné mon respect pour la vie. Ainsi que sa douce Roberta, aussi ahurie que moi de voir son amoureux habituellement calme devenir si furieux! Espérons que nous pourrons nous revoir. En Italie ou au Québec. Nous allons certainement garder le contact.

Notre séjour à Orchha a été vraiment riche en aventures et en belles rencontres. Il y a aussi Marie et Patrice, rencontrés à notre hôtel pour une période trop courte. Nous gardons aussi le contact.

Avant notre départ, mon amoureux a bénéficié d’une coupe de cheveux qui s’avérait absolument nécessaire depuis un bon moment. Il a trouvé son compte chez un barbier installé dans un minuscule abri au bord de la route avec en plus, un bon rasage et de massage de tête. Il en est ressorti tout beau, tout frais.

Nous partons pour Gwalior par un bel après-midi en laissant une ville qui nous a fait passer par toutes les émotions. Heureusement, celles qui demeurent sont le souvenir des magnifiques palais et de belles personnes dont nous garderons un excellent souvenir.

Les toits de Varanasi

Varanasi, notre deuxième séjour dans cette ville que nous aimons sans l’aimer. Même si nous avons apprécié notre première visite il y a quelques années, un retour à Varanasi ne faisait pas partie de nos projets. Mais en raison de sa proximité du site archéologique de Sarnath, la décision de s’y arrêter s’est prise toute seule. Après son illumination à Bodh Gayá, d’où nous arrivons, Lord Buddha se serait dirigé vers la région de Sarnath et il y aurait prononcé son premier sermon. Une étape importante dans l’histoire du Bouddhisme.

Lors de notre premier séjour à Varanasi, la magie avait mis beaucoup de temps à s’installer. Il avait fallu que nous déménagions dans un hôtel sur le bord du Gange pour ressentir enfin le côté mystique de cette vieille cité. Pourquoi? Parce que Varanasi a un autre visage. Celui qui se développe lorsque des touristes sont regroupés au même endroit. Lorsque l’appât du gain devient prédominant. Lorsque l’autre n’est plus une personne mais une occasion de faire de l’argent. Lorsque les gens sont si nombreux à offrir le même service qu’il faut se démarquer, faire plus de bruit que les autres pour gagner sa vie. Mais certains choisissent un chemin particulier…un chemin qui rend Varanasi difficile à aimer. Les sollicitations qui ne finissent plus, le long de rues extrêmement sales avec une circulation…indescriptible.

Et pourtant, Varanasi a beaucoup plus à offrir. Et c’est à la découverte de ces moments que nous partons avec notre caméra. Pas de projet, pas d’itinéraire. Juste suivre les ruelles qui s’ouvrent devant nous aussitôt que nous quittons la rue principale du marché.

Notre première randonnée nous mène le long des ghats, ces escaliers qui longent le Gange. Chacun des ghats porte un nom différent selon sa vocation. Ils se succèdent pour devenir de longues promenades bâties entre le fleuve sacré et de grands édifices érigés il y a plusieurs siècles. Ces gigantesques constructions arborent un air d’un autre âge, un peu perdues dans le brouillard et dans la fumée qui flotte dans l’air. Varanasi dégage sa propre odeur. Je l’ai reconnue dès mon arrivée. J’avais oublié.

Les  vaches sont omniprésentes, même dans les escaliers abrupts. C’est à se demander comment elles arrivent à s’y engager! Aujourd’hui, des enfants essaient de jouer au criquet sur l’une des places plus dégagée mais un troupeau de vaches les entoure soudain. Curieux, nous observons comment les gamins s’en sortent. Les vaches sont traitées avec des attentions particulières ici. Mais les jeunes repoussent les intruses une à une, doucement et continuent leur joute comme si de rien n’était. Quant à nous, nous continuons notre chemin en regardant où l’on met les pieds. Ces coquines laissent des traces odorantes dans lesquelles mieux vaut ne pas mettre les pieds.

Inlassablement, nous refusons les offres pour une balade en bateau. Nous en avons déjà fait l’expérience et je dois vous dire qu’une excursion sur le fleuve sacré soit au lever du jour ou au coucher du soleil nous ramène à une autre époque. Une aventure inoubliable. Je crois que c’est à ce moment que j’ai ressenti le mieux l’âge et la sagesse de cette vieille cité. Aujourd’hui encore, à toute heure du jour, les propriétaires de barques emplissent leur bateau de fervents pour aller déposer des pujas à l’intention de Ganga, la déesse-fleuve. Des centaines d’oiseaux les suivent afin de profiter de ces offrandes. Lors du coucher du soleil, les embarcations laissent derrière eux une traînée de fleurs et de petites chandelles allumées. C’est très joli.

Jour après jour, le soir venu, de grandes cérémonies se tiennent sur le ghat Dasashwamedh. Il est possible d’y assister soit à partir d’une barque accostée au bord du fleuve soit assis directement sur le ghat. Des milliers de pèlerins y assistent, entassés les uns sur les autres, installés sur des plateformes prévues à cet effet. L’ambiance n’a pas sa pareille et l’énergie qui y circule est difficile à décrire. Tant de personnes rassemblées avec la même ferveur. C’est très émouvant et c’est avec le sourire que nous invoquons ces beaux souvenirs.

Plus loin, des baigneurs viennent de loin pour se purifier dans l’eau qu’ils considèrent sacrée. Malgré la pollution bien documentée. Des familles entières bien souvent. Ils arrivent en groupe, avec leurs vêtements secs, leur contenant vide pour ramener l’eau du Gange et souvent, leur repas pour casser la croûte assis sur le ghat avant de repartir. Purifiés.

En plus des gens qui se baignent et d’autres qui font leur toilette, le fleuve sert aussi pour la lessive. En effet, sur plusieurs ghats, chaque matin, les vêtements sont lavés. Ceux-ci sont alors savonnés et rincés dans l’eau du Gange. Ils sont étendus par la suite sur de grandes surfaces de pierre pour le séchage, offrant au promeneur une vue sur un carousel de tissus colorés et parfois, sur des vêtements intimes.

Puis il y a les ghats de crémation. Lors de notre visite précédente, il y a quelques années, nous avions vu un fils qui s’assurait que les derniers rites soient exécutés pour sa mère. Je ne voulais pas assister à une crémation mais puisque qu’une cérémonie se tenait au moment de notre passage, nous avons pris le temps d’observer. J’ai été impressionnée par le côté solennel de la cérémonie. Nous avons quitté après quelques minutes. Cette fois-ci, nous passons notre chemin.

Nous logeons près du grand marché à quelques minutes de marche des ghats. Au bout d’une petite allée, derrière une haute clôture de métal, se cache un très joli guest house tout blanc. Le Shree Ganesha. Impossible d’imaginer qu’une si jolie demeure se loge derrière ces maisons à l’aspect délabré qui bordent la rue. Les chambres sont très propres et la nôtre donne sur une petite place avec des tables et des chaises. Un vrai havre de paix à l’abri de la circulation intense de la rue! Déjà que les déplacements à pied sont difficiles, ils sont compliqués par le passage des dévots qui se rendent au Gange et des promeneurs qui sillonnent le grand marché tout près. Les propriétaires des boutiques et des petits commerces lancent sans cesse des invitations inopportunes et incessantes. Ils ne s’arrêtent que pour déguster leur tchaï, rassemblés en groupe devant une boutique. Leur précieux liquide versé dans une petite tasse de terre cuite à usage unique. Jetée par la suite.  Sur le bord de la rue. Aussitôt la pause terminée, ils se remettent à nous inviter à visiter leur commerce. Avec insistance s’il vous plaît. Une litanie sans fin.

À Varanasi, il y a deux sortes de rickshaws. Les auto-rickshaws et les autres, tirés par un homme en vélo. C’est surprenant de voir le nombre de personnes qui peuvent monter en même temps dans ces véhicules! Et comment les chauffeurs peuvent se frayer un chemin partout, à des endroits où l’on s’imagine que c’est impossible. Comme passager, la route est déjà passablement cahoteuse dans les rues encombrées. Mais comme piéton, les rickshaws sont des armes redoutables. Mieux vaut se ranger à leur passage. Bien entendu, les chauffeurs se cherchent constamment du travail et aussitôt que nous faisons quelques pas dans la rue, ils nous interpellent: « Tuk tuk madam? » « Where are you going sir? » Et ils nous suivent, même si l’on dit non. Peu importe le nombre de fois où nous le disons. La meilleure solution est de ne pas répondre, ce qui nous rend très inconfortables. Dans notre culture c’est très impoli mais un simple « non » entame un échange. Ce n’est pas une bonne idée. Les Indiens eux-mêmes nous suggèrent de continuer notre chemin sans répondre. Cela fonctionne jusqu’à un certain point.

Il nous semble qu’à chaque fois fois que quelqu’un nous adresse la parole ici c’est pour nous inviter à consommer un service. « Voulez vous visiter ma boutique? Juste regarder »…ou une autre offre du genre. Les gourous, bien reconnaissables dans leurs habits orangés, leur visage peint et leurs innombrables colliers, proposent une photo. Mais nous savons qu’ils vont nous demander de l’argent alors ce n’est pas la peine. Une industrie mercantile née de celle de la religion…l’autre visage de Varanasi. Vous l’avez compris, celui que nous aimons moins.

La visite à Sarnath nous offre un bel interlude. Partis en auto-rickshaw, nous profitons de la température plus clémente, il fait plus chaud ici à Varanasi. Une belle journée à se promener à travers les ruines et à rêver des temps anciens. Sans oublier la visite du musée du site, un vrai délice encore une fois!

L’après-midi avant notre départ pour Khajuraho, nous arpentons pour une dernière fois les petites ruelles du marché. Un vrai labyrinthe. Nous croisons des habitants du quartier, visitons quelques boutiques et croisons pas mal de vaches. Et oui, même dans les ruelles d’à peine un mètre de largeur! Nous avons vraiment l’impression qu’il y en a davantage cette fois-ci!

À quelques reprises, nous avons de la difficulté à circuler près de certains temples en raison des interminables files d’attente de fidèles qui attendent patiemment avec leurs offrandes dans les mains. Il y a tellement de temples à Varanasi! Nous en avons visité plusieurs la veille et lors de notre visite il y a plusieurs années. Dans certains temples, plus réputés donc plus achalandés, il faut être déterminés pour se frayer un chemin afin de jeter un coup d’œil. Les gens se poussent pour avoir accès au petit autel dressé pour la divinité et déposer leur puja. Près de ces temples, des policiers armés de fusils surveillent la situation. Particulièrement où il y a de longues files d’attente. Il y a des tensions religieuses à Varanasi. Beaucoup de tensions. Et une bousculade se déclenche vite!. En souriant, nous passons à côté de ces fidèles qui nous regardent avec beaucoup de curiosité.

Mais c’est du haut d’un toit que nous disons au revoir à Varanasi. L’endroit où nous retrouvons des moments paisibles. Où nous aimons prendre nos repas. Écouter la musique qui vient d’une maison voisine. C’est là que nous avons une autre vision de la ville. Des vêtements de toutes les couleurs qui sèchent sur les balcons et des cerfs-volants des enfants qui flottent dans l’air en émettant un léger sifflement. Les grands édifices au loin, les barques sur le Gange. Des maisons plus propres et mieux aménagées que ce que notre vue à partir de la rue nous laisse entrevoir, les clameurs de la vie en bas…

Nous garderons un bon souvenir de Varanasi malgré tous ses enquiquinements. Mais deux fois est suffisant pour nous. Est-ce que nous recommandons d’éviter cette ville? Jamais. La visite en vaut la peine. Mais regardez où vous mettez les pieds.

Villa Suriyagaha

« C’est avec toutes ces réflexions et ces questions que je me suis assise devant la mer à Galle et que j’ai demandé à l’univers de nous faire vivre des expériences qui nous ressemblent afin de repartir du Sri Lanka avec des meilleurs souvenirs« .

C’est bien ce que je vous ai écrit dans un article précédent…

Nous étions fatigués et nous avions besoin de temps pour faire le point sur notre expérience de voyage au Sri Lanka avant de retourner en Inde. Il nous restait plus d’une semaine avant de prendre l’avion pour Madurai. Nous avions réservé une chambre pour deux jours à Negambo près de la mer, le temps de chercher un hébergement dans un endroit moins touristique où nous pourrions nous déposer et profiter de la belle température. Fidèle à son habitude, Robert s’est installé devant son IPad et a débuté ses recherches. Il m’a proposé de visiter deux guesthouses à la campagne. Nous avons loué les services d’un chauffeur de tuk tuk et nous sommes partis. Il faisait beau, nous avions le vent dans les cheveux et notre chauffeur chantait à tue tête « Beautiful Sri Lanka ». Nous commencions à respirer.

Nous avons visité Suriyagaha en premier. En passant la grille à l’entrée, nous avons aperçu une jolie maison blanche avec un énorme bougainvillée fuchsia agrippé à la devanture. Ron et Pat Pierce nous ont reçu avec le sourire, chaleureusement. Oui, ils avaient de la place pour nous et le prix nous convenait. Nous avons eu un coup de cœur pour la chambre dont le balcon donne sur la piscine. Sur demande, Pat pouvait cuisiner le repas du soir moyennant un supplément. En nous voyant sourciller devant le montant demandé, Ron a ajouté en regardant sa douce « Cela peut vous paraître beaucoup mais la cuisine de Pat vaut la peine ». Nous sommes repartis rassurés de pouvoir nous reposer un peu. Nous n’avons jamais visité le deuxième guesthouse.

Nous avons passé presque une semaine à Suriyagaha, de jour en jour nous avons appris à connaître nos hôtes et à nous détendre davantage.  Plus reposés, nous sentions l’énergie revenir. La tension tombée, nos réflexions sur le Sri Lanka devenaient moins amères. Ron et Pat ont su nous aider à apprécier le voisinage et à découvrir d’autres facettes de Negombo. J’ai pu faire de petites réparations à nos vêtements qui commençaient à se ressentir d’être portés jour après jour. Ils ont été lavés avec soin et séchés au soleil par le personnel de Suriyagaha, comme j’aime le faire…À Negombo, Robert a fait réparer ses sandales mâchées par un chien errant. Installés sur le balcon, nous avons revu la planification de notre prochain mois en Inde. Ron disait qu’il nous voyait changer, de jour en jour et se remémorait en souriant notre arrivée où nous avions l’air de porter le poids du monde sur nos épaules.

Mais le plus grand bonheur était de s’asseoir avec nos hôtes, les écouter nous raconter leurs aventures et tomber en amour avec ces nouveaux amis. Je n’ai pas pris le temps de calculer leur âge mais lorsque Ron mentionnait l’année de sa naissance, un petit éclair passait dans ses yeux et je savais qu’il était fier de lui. Ils ne font pas leur âge. Ils ont encore cette lumière dans les yeux, des projets plein la tête et le cœur sur la main. La cuisine de Pat est enchantée et Ron ne tarit pas d’éloges pour sa douce. Ils avancent ensemble, c’est un travail d’équipe.

Nous aurions passé des heures à écouter leurs expériences de vie. Des gens passionnés comme eux sont tellement bons pour la santé! Vous savez, ils n’ont jamais rêvé de devenir propriétaire d’un gîte. Celui-ci appartenait à des amis et au décès de son mari leur amie n’a pu garder et gérer le guesthouse seule. Elle voulait rentrer dans son pays. Ron et Pat vivaient dėjà au Sri Lanka. Ils ont finalement décidé d’acheter la maison et de quitter la leur temporairement. Et depuis, ils s’affairent à recevoir des gens de tous les pays comme s’ils avaient fait cela toute leur vie. Ils ont une énergie exceptionnelle pour leur âge et un sens des affaires à donner des leçons aux plus chevronnés.

Le jour avant notre départ nous avons eu très peur pour Pat. Elle s’était blessée à un poignet lors d’une mauvaise chute et nous avons tous craint une fracture. Comment ferait-elle pour cuisiner? Elle se le demandait. Heureusement la visite à l’hôpital le matin avant notre départ a plutôt révélé une mauvaise entorse et ils sont revenus en souriant, soulagés. Mais nous pouvions quand même voir sur le visage de Pat qu’elle souffrait sans se plaindre.

Nous sommes repartis avec nos bagages en laissant une partie de nos cœurs avec nos nouveaux amis. Ils nous ont offert un œuf de porcelaine afin que l’on se souvienne d’eux. Les yeux humides, nous avons accepté ce cadeau. Eux qui voient passer tant de personnes de tous les pays, nous ont fait promettre de revenir. Qui sait, il est possible que ce projet se réalise. Je sais pour ma part qu’un jour, s’ils ont besoin d’aide temporairement, je ferais le trajet juste pour cuisiner avec Pat et retrouver les beaux moments de discussion avec Ron.

Nous avons rencontré de très belles personnes pendant ce voyage-ci et nous comptons bien revoir plusieurs d’entre eux. Ron et Pat en font partie. Cette rencontre a été exceptionnelle et nous le savons. Tous les quatre. La vie a répondu à ma demande formulée à Galle.
Merci.

Aventures au Sri Lanka

J’ai mis du temps à vous partager cette réflexion sur notre séjour au Sri Lanka, je voulais avoir le ton juste. Je suis prête maintenant.

Notre contact vécu la population cinghalaise a été bien différent de nos contacts avec les Indiens. Les habitants du Sri Lanka sont plus réservés et nous regardent avec moins de curiosité. Ils sont plus habitués au tourisme j’imagine. Le pays n’est sorti de la guerre civile que depuis quelques années et nous sommes en présence d’un pays qui se remet lentement de ses blessures y compris celles du tsunami. Les infrastructures se refont tranquillement et partout nous apercevons des routes en réfection. Nous avons rencontré des personnes travaillantes qui font de leur mieux pour gagner leur vie et celle de leur famille. Avec le nouveau gouvernement, l’espoir est au rendez-vous. Les rêves deviennent réalisables. Malheureusement, l’augmentation de la fréquentation de l’île par des touristes a aussi attiré des personnes peu expérimentées dans l’industrie du tourisme. Leur désir est de faire de l’argent, ils sont à peine polis et effectivement ils nous font sentir comme un porte-monnaie sur deux pattes!

Les conditions de l’hébergement sont très fluctuantes et d’un gîte à l’autre la qualité n’est pas toujours au rendez-vous. Particulièrement si nous comparons ce que nous obtenons dans d’autres pays pour le même prix. Cela ressemble malheureusement trop souvent à un travail d’amateur, le sourire et le respect ne sont pas toujours présents. Un commerçant nous a avoué que plusieurs personnes se sont lancées dans le tourisme mais qu’elles n’ont pas l’expérience ni les connaissances nécessaires. Il s’inquiète de cette situation. La qualité du service s’en ressent mais il y a tellement de demandes que si des clients sont insatisfaits, il y en aura bien d’autres pour les remplacer.

C’est à Galle que nous avons eu notre pire aventure au sujet de l’hébergement. Heureusement nous avons de l’expérience et nous avons su nous défendre mais cela laisse toujours un goût amer. Comme au restaurant où nous attendons notre commande pendant 45 minutes pendant que de jolies demoiselles ont rapidement tout ce qu’elles veulent, qu’on nous promet notre repas de dix minutes en dix minutes pour réaliser à la fin que le serveur a mal transmis notre commande et qu’il se prépare à nous servir du riz au lieu des nouilles! Et que cela ne le dérange pas…

Plusieurs autres touristes avaient des commentaires qui ressemblaient aux nôtres et quelques uns ont même avoué qu’ils ne reviendraient plus. D’autres comme nous, essayaient de ne pas trop accorder d’importance aux situations désagréables pour continuer à profiter du Sri Lanka, qui est magnifique en passant. Je ne parviens pas à comprendre à quel moment les désagréments ont pris plus de place que les beaux moments. Bien sûr après chaque irritant nous réussissions à passer à autre chose pour apprécier le plus possible le pays mais une autre situation se présentait, de nouveau. Je me doute bien que nous n’avons eu accès qu’à un échantillonnage de la population et que notre lecture de la situation est bien incomplète. Les rares fois où nous avons réussi à sortir des sentiers battus nous ont fait rencontrer de belles personnes.

C’est avec toutes ces réflexions et ces questions que je me suis assise devant la mer à Galle et que j’ai demandé à l’univers de nous faire vivre des expériences qui nous ressemblent afin de repartir du Sri Lanka avec des meilleurs souvenirs.

Puttaparthi

Dès le début de notre séjour en Inde, je me demandais s’il existe dans ce pays une structure sociale pour aider ceux qui sont dans le besoin, principalement les enfants. J’imaginais bien que des services existaient mais l’Inde est si grande et si diversifiée, comment trouver? Mais je ne m’inquiétais pas, la vie nous envoie les réponses si on lui en laisse la chance. Lire la suite

Puducherry

Pondichéry…juste le nom fait rêver. Une visite dans cette ville teintée par la présence française s’imposait presque. Et de belles surprises nous attendaient.

Notre première réalisation? Un tour de ville à pied organisé par le Shanti Tour et en français à part cela! Nos coups de cœur? Notre charmant guide Devi Singh, le Grand Bazaar et la bénédiction de l’éléphant au temple de Ganesha.

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L’autre surprise? Un Centre Culturel qui offre des cours sur des savoir-faire selon les traditions indiennes, plus particulièrement celles sur le Tamil Nadu. Une belle façon de passer un après-midi et d’apprendre davantage sur les coutumes indiennes. Les formations sont données par des indiennes et le contexte des cours est souvent propices aux échanges surtout quand nous ne sommes que deux! Il y a aussi des cours de cuisine qui consistent à une visite au marché pour acheter les produits, la préparation du repas et la dégustation des plats pour terminer! Nous n’avons pas suivi cette formation mais cela nous a semblé très bien! Plusieurs autres activités sont disponibles et si vous passez à Puducherry, n’hésitez pas à leur rendre visite.

Pour en savoir plus…www.pondicherry-arts.com

À mon premier cours cours au Centre Culturel Sita, j’ai  appris à fabriquer des boucles d’oreilles selon la technique Jimikki. Notre professeur ce jour-là N. Ageela est une jeune femme remplie de ressources et ses explications étaient claires. Julie,l’autre participante et moi avons réussi chacune deux paires de boucles d’oreilles. Aucune photo de notre professeur n’apparaîtront sur le blogue. Elle n’a pas donné son autorisation car elle n’est pas mariée et ne doit pas apparaître en photo. Il va sans dire que son choix a été respecté.

La technique Jimikki est une technique très ancienne qui est utilisée depuis longtemps pour orner différents objets. Aujourd’hui, les femmes utilisent cet utilisation du papier pour faire des bijoux. La seule limite est l’imagination!

Lorsque nous avons vu qu’il y avait aussi un cours sur la réalisation de kolam, Robert et moi nous sommes inscrits aussitôt! Même si encore aujourd’hui les kolam sont réalisés par des femmes, Robert voulait comprendre la technique et l’expérimenter. Il ne s’en est pas mal tiré du tout! C’est très difficle et cela demande de la pratique! Et nous avons appris qu’il y a plus que la réalisation de l’œuvre, c’est un bel exercice de souplesse et aussi de concentration. Les kolam les plus compliqués et les plus élaborés  ont le même effet que les mandalas!

Nous avons passé de très beaux moments avec Anitha notre professeur bien installés sur un patio de ciment sous un arbre qui nous gardait au frais dans ce pays dont la tempėrature se réchauffe de plus en plus. Nous avons profité de l’ambiance calme pour poser nos questions sur les habitudes indiennes reliées à la réalisation de kolam au quotidien. Merci Anitha!

Nos discussions avec N. Ageela, Devi Singh et Anitha nous ont appris encore un peu plus au sujet de cette Inde que nous aimons tant. Nous avons apprécié leur générosité. Plus nous apprenons, plus nous comprenons. Merci!

Rameswaram ou l’île oubliée

Quand nous planifions notre prochaine destination, nous décidons avec l’information qui est à notre portée. Parfois elle est bien incomplète ou porte à confusion. Parfois l’exercice ressemble presque à un coup de dés.

Cette fois-ci, notre questionnement est Rameswaram pour son temple réputé et aussi parce que c’est l’endroit où le golfe du Bengale et l’océan Indien se rencontrent. Le temple de Ramanatha Swami et la ville construite autour sont reconnus pour la ferveur des pèlerins qui se rendent à cette ville sainte, souvent comparée à Benarès. Lire la suite

Les rues de Madurai

Fidèles à nos habitudes, nous avons loué les services d’un  conducteur de rickshaw pour visiter la ville de Madurai et les environs. Pour nous c’est une belle façon d’offrir un peu de travail à quelqu’un de la région  et de découvrir la ville à notre rythme. Cette fois-ci c’est P. Theiventhiran qui nous a proposé un circuit des marchés, des ruelles des quartiers populaires. Tout cela à bord de son vélo-rickshaw. Lire la suite

Moi mes souliers…selon Robert

Lors d’une visite dans un temple bouddhiste nous avons été surpris par une forte pluie. Nos chaussures nous avaient attendus dehors et elles étaient trempées. Robert est entré dans le tuk tuk les siennes à la main et ce n’est que le soir, à l’heure du souper qu’il a réalisé que les courroies avaient été sectionnées. Pas celle d’une seule chaussure…les deux et au même endroit. Comme si des chiens s’étaient amusés à mâchouiller les courroies. Déçu car ses sandales étaient neuves au moment du départ de la maison, Robert se demandait s’il pourrait les remplacer avec succès et retrouver le même confort. Lire la suite

En train, partez!

Pour le trajet de Galle à Negombo, nous avons choisi le train, notre moyen de transport préféré. Après de belles journées passées dans la ville historique de Galle c’est sans regret que nous avons quitté cet endroit très touristique. Une aventure en train nous attendait! Lors de l’achat des billets, le caissier nous avait avertis que ce trajet durerait plus de quatre heures au lieu des deux heures trente habituel. Et c’est celui-là que nous avions choisi. Nous étions sûrs d’avoir des sièges à cette heure. Le premier arrivé est celui qui s’asseoit mais quand il y a affluence et avec nos sacs à dos, la partie n’est pas gagnée. De plus, ce train arrêtait dans tous les villages, un vrai régal pour nous…

Heureusement qu’il y avait de la place dans le train car nos sacs n’entraient pas sur le porte bagage, nous les avons mis sur les sièges d’à côté. Nous avons aussi pris soin d’éviter les places réservées aux moines car nous aurions dû leur céder nos bancs si l’un d’eux s’était présenté.  Les places derrière les chauffeurs d’autobus et celles au début des compartiments du train sont réservées aux membres du clergé. Dans un autobus bondé, j’ai vu une femme âgée devoir céder sa place à un jeune moine…et faire le reste du trajet debout.

En souriant, je me suis dirigée vers les sièges réservés aux  « Senior citizen » en me disant que ces places devaient être correctes pour nous. Nous oublions souvent quel âge nous avons…

Puis sont venus s’installer tout près deux cyclistes roumains qui rentraient à Negombo eux aussi. Ce trajet étant trop dangereux en vélo, ils ont entreposé leurs bécanes dans un compartiment réservé à cet effet et fait le voyage en train.

Puis nous avons vu passer un charmant Chinois avec qui nous avions fait connaissance la veille alors qu’il prenait des photos de nous assis sur un banc. Nous avons échangé nos courriels et il nous a acheminé nos photos. Il m’a écrit en chinois et je lui ai répondu en anglais.  Les photos n’appartiennent à aucune langue. Et voilà qu’il arrivait avec tout un groupe. Bruyant et riant comme il se doit!

Dès le départ du train nous avons tous été émerveillés par ce qui s’offrait à nous: la mer à distance, les beaux paysages, sans compter les gares toutes différentes les unes des autres…Et notre Chinois qui s’amusait! Il sortait à chacun des arrêts, croquait quelques images et remontait aussitôt que le sifflet se faisait entendre. Il nous a photographié à quelques reprises et nous avons fait de même. L’atmosphère était à la fête et j’étais ravie! Imaginez des adultes s’amuser comme des enfants sur ce qui pourrait être perçu comme un banal trajet de train. Quelle belle façon de jouir de la vie!

Nos voisins Roumains nous ont raconté leurs mésaventures sous la pluie dans la région de Nuwara Eliya et nous ont bien fait rire. Par contre, l’atmosphère est devenue plus triste quand ils nous ont raconté le vol de leur ordinateur , d’un appareil photo et d’un téléphone portable pendant leur sommeil à Mirissa. Un vol de ce genre est toujours dommage car rien ne peut remplacer les souvenirs. Il ne rapporte pas nécessairement au voleur car les appareils sont parfois très usagés ou certaines pièces sont manquantes tel qu’un fil pour brancher l’appareil. Mais pour celui qui se fait voler c’est tout une série de souvenirs qui s’envolent!

Notre train a longé la mer de longs moments puis en arrivant à Colombo, nous avons frôlé un bidonville coincé entre la voie ferrée et la mer. Nous sommes tous restés silencieux devant la vue s’offrant à nous. Je vous laisse avec les photos, elles parlent d’elles-mêmes.

Nous nous sommes tous dit au revoir avec regret. Quant à nous, nous avons changé de train pour aller à Negombo. Je crois que les Roumains ont fait le trajet à vélo!

Il suffit parfois de peu…