Archives de Tag: Mumbai

Ces photos que vous ne verrez pas

Nous avons pris l’avion pour nous rendre d’Aurangabad à Panaji, la capitale de l’état de Goa et nous avons ainsi évité plus de 18 heures de train. Nous sommes maintenant au bord de la mer.

Lors de l’escale à Mumbai, j’ai pu observer cette immense ville en plein jour, du haut des airs. J’ai vu tant de bidonvilles!

Cette vue m’a rappelé nos promenades dans les rues de Mumbai et de ce que nous y avons vu. Des choses magnifiques dont je vous ai envoyé quelques photos mais…il y a d’autres photos que je n’ai pas prises…parce que j’en étais incapable. Je vous parle de photos de petits enfants de Mumbai dormant seuls sur le trottoir couchés directement sur le pavé. Les gens plus fortunés passant tout près d’eux mais les ignorant. J’avais le cœur brisé et je me suis sentie tellement impuissante dans ce pays dont je ne connais pas les ressources!

Le lendemain, j’ai questionné notre guide Rakesh à leur sujet et il nous a expliqué que ces enfants sont probablement des orphelins. Quand je lui ai fait remarquer que des personnes passaient sans s’en occuper, il a haussé les épaules d’un geste d’impuissance… Par contre il m’a expliqué qu’il existe des refuges pour ces enfants et qu’ils peuvent être scolarisés.

Je n’ai pas pu photographier non plus des familles entières installées sur le bord de la rue avec leurs possessions dans des sacs de plastique par terre près d’eux ou accrochés à une clôture, leurs bébés presque nus endormis directement sur le sol de Mumbai. Selon Rakesh, ce sont eux les vrais pauvres de Mumbai et je l’ai cru.

J’ai été aussi incapable de prendre une photo d’un jeune enfant en train de chercher des matières plastiques dans un tas de détritus près d’un Ghat à Nashik.

L’Inde est un pays magnifique que nous découvrons avec grand bonheur mais il a aussi ses côtés sombres et confrontants. C’est l’Inde sous toutes ses facettes. Tant de richesse et tant de pauvreté…

imageQuant à nous, nous sommes émerveillés par ce que nous voyons et les personnes que nous rencontrons. Mais il y a des moments où nous sommes silencieux et pensifs.

Dharavi

Après la visite de Dharavi, j’ai eu besoin de quelques jours pour réfléchir à ce que nous avons vu pour mieux vous le décrire. Je suis prête maintenant…
Robert et moi avons eu la chance de passer une matinée à Dharavi, le plus grand bidonville de Mumbai…est-ce que j’ai été surprise de ce que nous avons vu? Pas trop, mais un peu quand même. Pour nous y accompagner, nous avions choisi l’agence Reality Tours And Travel, une ONG dont un des objectifs est de faire connaître et de démystifier ce qu’est un bidonville. Pour ce faire, l’agence a pris une entente avec les occupants pour faire visiter ce labyrinthe de petites rues, de maisons à deux étages, collées les unes sur les autres. Lors des discussions il a été entendu qu’aucune photo ne serait prise à l’intérieur du bidonville et que la vie des résidents serait le moins perturbée possible. C’est donc avec grand respect et le sentiment d’être privilégiés que nous sommes entrés à Dharavi avec notre guide Rakesh Shetty.

Lire la suite

Surprises dans les rues de Mumbai

image

 

 

 

 

 

 

Les rues sont bondées et il est difficile de circuler parmis les passants, les autos, les motos et les vélos. Il faut marcher droit et regarder en arrière avant de faire un pas de côté sinon une moto pourrait être derrière nous! Il y a tant de bruit qu’il est difficile de savoir d’où vient le bruit du moteur ou même des klaxons!

image

image

 

 

Par contre les surprises manquent pas! Il n’est pas rare de voir desvaches attachées à une clôture près de quelqu’un en train de cuisiner.

 

 

Puis il y a cette boîte aux lettres pour le moins antique…

 

 

Il y a aussi les vrais pauvres de Mumbai, pas ceux qui vivent dans un bidonville car ils ont une maison, mais ceux qui vivent dans la rue parfois avec un abri de fortune. Parfois avec rien sauf leurs effets personnels suspendus  à une clôture dans un vieux sac, tout près d’eux. Ils peuvent être évincés n’importe quand et ils n’ont accès à aucun système sanitaire. Ils doivent utiliser des toilettes publiques payantes.

image

Certains d’entre eux ont pris la chance de s’installer plus confortablement et réussissent à cuisiner un peu mais leur situation est très fragile et sans protection.

Une rue soudainement animée

Lorsque nous sommes passés dans cette rue tranquille, j’avais remarqué que des personnes arrivaient avec des sacs puis nous sommes allé nous promener dans le parc voisin pour quelques minutes. Ce parc est un oasis de paix dans le tumulte de Mumbai!

image

 

imageQuelle surprise de voir la même rue bondée de stalles qui offraient nourriture et marchandises! L’heure du repas du midi était arrivée!

 

Dhobi Ghat

image

 

 

C’est le quartier des blanchisseurs. Ils s’occupent de faire tremper, de laver puis de faire sécher les vêtements et les draps en provenance des hôpitaux , des hôtels ou simplement de familles. Par contre, ce n’est pas l’endroit pour les vêtements délicats!

image

Notre guide nous a expliqué que ces travailleurs sont principalement des hommes venus d’une autre ville pour travailler et pouvoir acheminer de l’argent à leur famille. Ils dorment donc sur place dans les petits abris que l’on peut entrevoir en périphérie des photos. Vous remarquerz qu’ils n’utilisent aucune épingle à linge!

Les dabba-wallahs

 

 

Nous sommes allés voir les dabba-wallahs à la gare de train Churchgate. Ils arrivent toujours à la même heure pour faire le tri des repas chauds préparés par les femmes à la maison . Ils transportent ensuite le repas jusqu’au travail du mari afin que celui-ci puisse manger la nourriture qui lui convient.

Les repas arrivent par trains et sont déposés sur le trottoir afin d’être dirigés au bon endroit. Ils repartent ensuite par taxi ou en vélo vers leur destination. Plus de 200,000 de ces repas sont livrés de cette façon sans qu’aucune erreur ne soit faite! Les dabba-wallahs sont très organisés mais aussi très forts car ils transportent sur leur tête des chariots qui doivent être déplacés par deux hommes.

Changements de plans

Nous sommes retournés à l’agence Reality Travel & Tours pour acheter un tour de ville. Leur approche est différente des autres agences et ils sont basés à Dharavi. J’aime bien l’idée d’aider de cette façon, 80/100 des fonds sont versés à un organisme du bidonville. A Colaba, le quartier où nous habitons, l’agence tient un mini bureau de la grandeur d’un garde-robe mais sur le plan informatique c’est très intéressant. Suite à une réservation, nous recevons une confirmation par courriel avec les recommandations d’usage pour le tour choisi. Nous avons donc déplacé notre visite de Dharavi de cet après-midi pour la jumeler demain avec un tour de ville. Si vous le désirez voir le site web: www.realitytoursandtravel.com
Afin de pouvoir payer notre tour en argent comptant nous sommes allés au guichet automatique et tout allait bien jusqu’à ce que nous ayons à confirmer la transaction. Imaginez notre tête de voir les instructions dans une langue qui nous est inconnue et avec une calligraphie qui nous est tout à fait étrangère! Où est le yes?

Nous allons à Dharavi

Hier après-midi alors que nous cherchions Reality Tours And Travel, une ONG qui organise des visites dans le bidonville Dharavi, nous avons dû retrouver nos capacités de flairer une vérité un peu biaisée pour ne pas dire une arnaque. Il faut s’attendre à cela. Chacun cherche à se faire une place et à gagner sa vie. Nous ne trouvions pas l’organisme en question et une autre agence offrait ses services sur le même bout de rue. Je savais que nous n’étions pas à la bonne agence mais rien ne nous disait que celle que nous cherchions étaient encore active…les informations dans les guides de voyage datent parfois…Dharavi est un des bidonville de Mumbai et le film Le pouilleux millionnaire y a été tourné. Plusieurs agences offrent maintenant cette visite.

Bien sûr notre allure ne trompe pas et nous avons eu bien des offres d’aide de personnes bien intentionnées qui ont reconnu les touristes que nous sommes. Et nous savons que chacun d’entre eux nous aurait probablement dirigé vers une compagnie qu’il connaissait afin peut-être d’y recevoir un pourboire…peut-être que nous serions tombé sur un bon samaritain mais nous ne le savons jamais d’avance alors nous avons appris à nous débrouiller. Mais cela n’est pas facile quand on se promène avec un guide de voyage à la main! Mais bon, il faut s’assumer.
Et c’est par hasard, en retournant sur nos pas que nous avons trouvé. Une petite enseigne, bien discrète, un bureau bien caché en haut d’un petit magasin, un escalier escarpé menant à un minuscule bureau. Nous y étions!
Je tenais à cette ONG car elle verse la grande partie des recettes aux organismes du bidonville. Et nous prenons le train pour nous y rendre…pas une voiture climatisée. Le rendez-vous est pris pour cet après-midi. Pas de photos mais de bons souliers et le cœur bien accroché..

Il y a plusieurs années j’avais assisté à une conférence de Nicholas Reeves, le fils de Hubert Reeves, sur l’apparition et le développement d’un bidonville. Cet urbaniste fascinant nous avait entretenu sur les valeurs et les réalités de ce milieu de vie. Aujourd’hui j’aurai l’occasion d’en apprendre davantage…

Mumbai enfin!

 

IMG_3660

Vue de l’hôtel, à ses pieds commence un immense bidonville. Avec l’aide d’un employé de l’hôtel, nous y achetons des adaptateurs pour nos appareils électroniques. Nous retrouvons avec bonheur l’Inde et ses contrastes. Mumbai, Inde

Nous sommes arrivés à Mumbai depuis une journée et déjà, dès les premières minutes j’ai retrouvé les odeurs, les bruits et le brouhaha que j’ai tant aimé lors de notre premier voyage. Hier midi, alors qu’un taxi nous emmenait à notre hôtel à Colaba, nous avons pu découvrir un Mumbai caché en partie par la pollution bien sûr, mais aussi une ville effervescente, pleine de contrastes, de contradictions et surtout pleine de vie.
Après nous avoir posé toute une série de questions sur notre pays, notre chauffeur nous a parlé de lui et de sa vie. À 62 ans il travaille encore pour sa survie et celle de sa femme, il raconte qu’ils ont deux enfants dont une fille qui n’est pas encore mariée. Il ajoute que la dote demandée par la famille du prétendant est élevée, trop élevée pour lui mais il ajoute qu’il travaille fort pour faire des économies. Par contre son ton nous indiquait un grand doute de pouvoir y arriver.
Nous avons pris notre premier bain de foule en après-midi et cela nous a rappelé nos stratégies pour ne pas être envahis par les gens qui veulent nous offrir des services, nous vendre quelque chose, nous demander de l’argent ou tout simplement nous offrir leur aide et jaser. Comment dire non avec un sourire, fermement tout en restant poli? C’est un art, croyez-moi!
Nous avons aussi retrouvé une ambiance inégalée…des voitures partout, des motos, des vélos tout cela parmi les passants, les vendeurs et les familles assises sur le bord de la rue. Et des klaxons! Et quelle circulation! Traverser une rue n’est pas une mince affaire!
Les femmes en sari sont toujours aussi belles et gracieuses pour la plupart. Pas toujours propres mais dignes…presque tout le temps. Il y a aussi ce petit signe de tête propre aux Indiens, un hochement de tête presque qu’il faut apprendre à interpréter selon le contexte. Cela peut être un oui, un non ou un peut-être. Il faut apprendre à décoder…
Bienvenue dans ce pays déroutant que nous souhaitons découvrir un peu plus. Vous venez avec nous?