Le Triangle Culturel: Polonnaruwa et Aukana

Le site de Polonnaruwa est plus récent que celui d’Anuradhapura et ses vestiges sont donc un peu mieux conservés. La cité ancienne qui date du XIe et du XIIe siècles n’est plus active sur le plan religieux mais il convient quand même de se déchausser en entrant dans certaines ruines.

Nous avons commencé par visiter le musée afin de bien comprendre l’histoire de cette cité et les maquettes qui reconstituaient les édifices de Polonnaruwa nous ont ramenés à une autre époque. Jamais je n’aurais imaginé que des constructions de plusieurs étages existaient déjà! Le musée offre aussi aux visiteurs l’occasion d’admirer de magnifiques bronzes anciens qui témoignent du savoir-faire des artisans de la région.

Nous avons marché avec bonheur à travers les vestiges d’un autre âge malgré quelques averses de pluie chaude. Nous avions dû noter les noms des ruines qui nous intéressaient lors de la visite du musée afin de bien les associer aux vestiges sur le terrain: Lankatilaka avec son immense Bouddha de brique, le Vatadage avec ses quatre escaliers et ses Bouddhas, le Tivanka Image House avec ses fresques. Nous ne voulions absolument pas les manquer!

Un peu en retrait, le Gal Pota a attiré notre attention. C’est une immense dalle de granit de plus de huit mètres de long où sont relatés les exploits du roi Nissanka Malla qui a régné presque dix ans sur Polonnaruwa. La dalle aurait été ramenée de Mihintale…Puis nous avons continué notre visite à travers les temples, les stupas et les palais sous la pluie qui nous laissait à peine assez de répit pour nous sécher un peu.

Un peu plus loin, le Kalu Gal Vihara nous a offert dans un magnifique écrin de verdure de gigantesques Bouddhas sculptés dans le roc.

Finalement, notre chauffeur nous a ramenés sans histoire à notre hôtel à Sigiriya. Imaginez vous que le matin, une fois bien engagé sur la route, il nous a annoncé que nous étions ses premiers clients dans sa voiture neuve et qu’il n’avait pas encore les enregistrements…Il a ajouté que s’il se faisait arrêter par les policiers, il voulait dire que lui avions offert la voiture en cadeau! Heureusement que tout a bien été malgré la longue route car nous n’aurions pu mentir! Il était quand même comique à voir car il ne tenait pas en place et il était tout sourire. À chaque fois qu’il rencontrait une de ses connaissances, celle-ci s’exclamait sur son nouvel achat. Croyez-moi, cet homme a beaucoup d’amis et nous nous sommes arrêtés souvent! Notre chauffeur se considérait comme le plus heureux au monde: il se mariait dans deux jours! Une nouvelle vie s’ouvrait à lui…Du fond du cœur, nous lui avons souhaité la meilleure des chances mais nous lui en avons un peu voulu de nous avoir mis dans cette situation!

Notre visite à Aukana  a été plus simple mais elle en valait aussi la peine. D’entrée de jeu, nous avons dû déposer nos chaussures  et continuer pieds nus. Au Sri Lanka, nous devons nous déchausser à l’entrée du site et non seulement à l’entrée du temple. Nos pieds ne sont pas habitués à ces parcours et c’est parfois douloureux. De plus, les pantalons de Robert n’ont pas passé le test de la longueur et il a dû couvrir ses genoux avec une pièce de tissu comme le portent encore certains Cinghalais.

Le Bouddha valait le déplacement, c’est un des plus grands Bouddha du monde et il est entièrement taillé dans le roc. Malheureusement des échafaudages sont montés autour de cette magnifique pièce et je crois que cela augure la construction d’un toit pour protéger le Bouddha des éléments de la nature. C’est dommage, la vue sans les échafaudages devait être spectaculaire…

 

Le Triangle Culturel: Anuradhapura et Mihintale

Depuis notre départ de Colombo nous avons fait le tour du Triangle Culturel couvrant ainsi un ensemble de sites archéologiques reconnus par l’UNESCO. Parmi ces endroits, notre choix s’est porté sur les principaux: Anuradhapura, Mihintale, Polonnaruwa, Dambulla et l’imposante Sigiriya dont je vous ai déjà parlé bien sûr. Nous avons visité ce qu’il reste aujourd’hui des cités anciennes mais aussi de magnifiques temples toujours fréquentés par les cinghalais.

Pour visiter Anuradhapura et Mihintale, nous avons demandé les services d’un guide pour nous conduire en « tuk tuk » parce qu’Anuradhapura s’étend sur une dizaine de kilomètres et que Mihintale est située dans un village voisin. Il nous a aussi raconté l’histoire de l’ancienne cité et expliqué les usages dans les temples. Nous avons beaucoup appris sur les principes et les prières bouddhistes.

Les vestiges d’Anuradhapura datent de plusieurs siècles avant notre ère et plus d’une centaine de rois s’y seraient succédés. Déjà à cette époque le réseau d’aqueduc était connu  ainsi que des systèmes sophistiqués de filtration sous les urinoirs. Nous avons aussi vu les restes d’hôpitaux réservés aux moines avec des bains thérapeutiques sculptés dans la pierre. La médecine ayurvédique existait déjà à cette époque!

Les lieux de prière sont toujours fréquentés par les dévots et le plus grand respect est de mise. Je suis toujours impressionnée par ces personnes toutes vêtues de blanc qui viennent en famille pour faire une demande ou pour tout simplement pour remercier pour une faveur obtenue. Ils se présentent pieds nus avec leurs offrandes dans les mains, se recueillent le temps d’une petite prière. Le tout se passe doucement car nous sommes dans un lieu sacré.

Nous avons beaucoup apprécié la visite au Sri Maha Bodhi Tree où une branche d’un arbre de plus de 2000 ans est traité avec le plus grand respect. Son unique branche est soutenue par  des piliers en métal et elle est protégée par une clôture. Les dévots déposent à ses pieds de petites prières soit sous la forme d’un morceau de tissu attaché à l’aide d’un nœud ou de phrases écrites sur une pièce de tissu.

Nous avons vu plusieurs Bouddha couchés et admiré des stupas dont l’intérieur est peint de scènes de la vie de Bouddha. Pour terminer la visite, notre guide nous a fait visiter un ensemble de grosses pierres qui servaient de lieu de méditation des moines. Robert a même essayé un lit taillé dans la pierre pour la méditation couchée!

Le lendemain après-midi, à Mihintale, nous avons gravi les escaliers qui mènent à la cité monastique en compagnie de pèlerins de tous les âges.Nous avons remarqué que la plupart montaient avec des briques dans les mains. Cela nous a impressionnés car la montée à elle seule était assez éprouvante sans compter que la dernière partie s’effectue pieds nus. Nous avons compris plus tard que l’un des édifices de la cité était en réparation. Quel exemple d’entraide et d’implication sociale!

Notre chauffeur-guide a même pris soin de nous. Nous étions très enrhumés et il nous a emmenés dans une pharmacie pour nous aider à bien choisir ce qui nous soulagerait. Même si avions acheté des médicaments la veille, il nous a fait acheter une poudre ayurvedique. À notre arrivée à l’hôtel il s’est assuré que le manager nous aide à préparer notre breuvage chaud. Même chose pour le lendemain matin, notre manager nous a encouragés à reprendre le médicament au lieu de notre thé. Curieusement nous nous sommes sentis mieux rapidement et le goût est délicieux! Peu importe si c’est le résultat ou non de la médication ayurvedique, nous avons bien apprécié être entourés par autant de gentillesse!

 

Un dimanche à Kandy

Un soleil magnifique et un ciel sans nuage, que demander de plus pour une visite au plus beau jardin botanique du Sri Lanka, le Peradenyia Botanical Garden. Nous avons marché lentement parmi les fleurs avec les cinghalais qui profitaient eux-aussi de ce beau dimanche en famille ou entre amis. À l’heure du repas du midi, plusieurs étaient installés sous un arbre, refuge parfait pour faire un pique-nique. Les enfants couraient et s’amusaient sur les grands espaces gazonnés. Plus loin, des jeunes jasaient tranquillement sous un grand arbre sans âge. Lire la suite

Sigiriya

Partis de Montréal depuis deux mois, nous sommes maintenant à Sigiriya au Sri Lanka, dans une région appelée le Triangle Culturel. Plusieurs sites anciens  classés au patrimoine de l’UNESCO s’y trouvent.

La partie basse de la cité de Sigiriya, était située à la base d’un immense rocher de deux cent mètres, très escarpé et des plus spectaculaires. Il ne reste plus que des ruines de cette ville ancienne du Vième siècle mais nous pouvons encore apercevoir les restes de ses fondations, de ses jardins et de ses plans d’eau. La cité devait être magnifique! Le pied du rocher a été littéralement habillé d’un véritable labyrinthe de murs et de terrasses reliés par les escaliers. La ville forteresse était entourée d’un grand canal où vivaient des crocodiles. Encore aujourd’hui, des enseignes nous interdisent la baignade en raison des crocodiles mais ni Robert ni moi n’avons eu le goût d’essayer pour voir si c’est vrai! Lire la suite

Le Sri Lanka…

Hier matin, nous sommes partis de Trivandrum une ville au sud du Kerala pour nous rendre à Colombo, la capitale du Sri Lanka. C’est une nouvelle étape de votre aventure qui commence. Un autre pays à découvrir, une autre monnaie à apprivoiser et une autre culture pour s’émerveiller. Pour moi, c’est presque un rêve de petite fille car un des premiers livres que j’ai lu enfant se passait au Ceylan, aujourd’hui le Sri Lanka. J’ai toujours rêvé de voir ses jungles…

Notre trajet n’est pas totalement déterminé mais je crois que nous aurons un bel équilibre entre des temples et leur belle architecture, les plages, les musées, les marchés et bien sûr, les contacts avec les gens du pays.

Nous avons acheté nos billets d’avion en ligne et téléchargé nos passes d’embarquement sur nos IPhones. Nous avons fait nos demandes de visas en ligne et nos réponses sont arrivées dans les minutes suivantes.Lors d’un voyage comme le nôtre, les connexions WiFi sont très importantes. Et nous choisissons notre hébergement en conséquence. Nous avons besoin d’une bonne connexion pour réserver nos hôtels et pour télécharger des cartes Google que nous pouvons ensuite consulter hors ligne grâce au GPS de nos appareils. Nous apprécions aussi garder le contact avec toutes les personnes qui nous sont importantes. Malheureusement, depuis quelques semaines, les connexions ne sont pas suffisamment efficaces pour que nous utilisions Facetime ou Skype…

Nous verrons bien comment cela se passera au Sri Lanka. Nous nous sommes remis à la lecture de nos guides de voyage pour préciser nos destinations car le Sri Lanka offre tant de possibilités et nous n’y serons qu’un mois, la durée de nos visas. C’est le bon côtė de voyager avec nos sacs à dos, nous pouvons réajuster notre trajet selon les besoins! Nous serons deux jours à Colombo et nous résidons dans un vieux quartier du marché Pettah. C’est très animé!

Notre visite au Sri Lanka a bien commencé car l’avion qui nous a amenés ici est parti plus tôt que prévu! Et pour ceux qui sourient déjã…nous avons pris le bon avion!

Ça devait arriver

Et oui! Cela devait arriver un jour ou l’autre…avec  le nombre de trains et d’autobus que nous avons pris depuis 16 ans de voyages d’aventure et si l’on considère que l’information en Inde n’est pas la plus claire surtout quand il s’agit des trains…

Il fallait s’attendre à ce qu’un jour ou l’autre nous prenions le mauvais train!

Cette journée là nous devions nous rendre à Trivandrum par le train puis emprunter un rickshaw pour nous amener à notre destination finale: Kovalam.

Plusieurs trains se rendent de Kollam à Trivandrum à tous les jours. Nous avons donc acheté nos billets directement à la gare peu avant le départ car il n’y a pas d’achalandage sur ce trajet d’à peine plus d’une heure. Notre billet précisait l’heure du départ et la destination, c’est tout. Pas le nom du train ni son numéro. Comme ce n’était pas clair, j’ai demandé des précisions à quatre reprises et à chaque fois l’information me semblait cohérente avec la précédente.

Et oui, il arrive parfois que les informations soient contradictoires et il est sage de valider plutôt deux fois qu’une!

À l’arrivée à la gare, lorsque les billets sont réservés d’avance, une liste de noms  et le numéro du siège est affichée avec le nom du train et son numéro, cela confirme la réservation. Ensuite nous retrouvons une liste de noms collée sur le wagon du train où nous devons nous installer. Toute cette recherche se fait à travers les bagages de toutes les sortes, les vendeurs de nourriture et de breuvages ainsi que les employés de la gare qui font le ménage ou qui transportent de la marchandise. Comme le train ne s’arrête souvent que quelques minutes, il ne faut pas perdre de temps avant d’embarquer avec nos bagages. Les quais sont souvent très longs et il est difficile de se frayer un chemin à travers la foule pour trouver le bon wagon. Pour sortir du train c’est aussi difficile puisque les gens s’empressent de monter avec leurs bagages et nous risquons d’être refoulés à l’intérieur du train avec nos propres bagages! Habituellement cela se passe quand même bien.

Dans le cas qui nous intéresse, il n’y avait pas de siège attitré et l’on nous disait de nous asseoir où nous le voulions. Le prochain train devait être le nôtre et nous y sommes monté…

Après trente minutes, le train s’est arrêté, nous avons été informés que c’était la fin du trajet et qu’en plus, nous n’étions pas à Trivandrum!  Calmement mais incrédules nous avons rassemblé nos bagages, mis nos sacs à dos sur nos épaules et nous sommes dirigés vers le chef de gare sous le chaud soleil d’après-midi. Après avoir fait une marche de plusieurs minutes le long du quai presque désert et emprunté la passerelle au dessus de la voie ferrée pour nous rendre à la gare, le chef de gare nous a confirmė que nous n’étions pas à Trivandrum. De plus, le seul  bus qui aurait pu nous y amener venait juste de quitter!

Je commençais à me dire que nous n’aurions pas d’autre choix que de dormir dans le petit village où nous étions. Le chef de gare s’est un peu gratté la tête puis nous a proposé une alternative.  Nous n’étions pas très loin de Kovalam. Il a fait venir un chauffeur de rickshaw et nous a négocié un trajet directement à Kovalam sans passer par le centre-ville de Trivandrum comme l’aurait fait le trajet d’autobus ou le train.Nous avons accepté. Cela nous a coûté à peine plus cher que le trajet prévu et nous sommes arrivés plus tôt que prévu à Kovalam!

Cela devait arriver un jour …

Un bel intermède

Depuis le début de notre voyage nous avons la chance et le privilège de rencontrer des personnes toutes spéciales. À Kumarakom nous avons connu une famille qui tient le petit gîte où nous avons habité pendant plusieurs jours, le Backwater Breeze. Lorsque nous réservons en ligne il est difficile de bien évaluer l’impact de nos choix et même si nous consultons l’avis des autres voyageurs sur des sites spécialisés, la réalité est partfois une surprise. Dans ce cas-ci, la surprise a été très agréable.

Backwaterbreeze.com

Nous avons été reçus par Ajish venu en moto pour nous accueillir à une croisée du chemin. Nous n’avons pas tardé à rencontrer sa très jolie épouse qui est venue s’assurer de notre confort dès notre arrivée. Notre chambre était très simple mais propre avec un balcon de rêve, exactement comme la photo de la publicité! Nous étions situés juste en avant du canal et nous pouvions y observer la vie de notre balcon, bien installés sur nos chaises de bambou tout en dégustant le délicieux thé préparé par l’épouse d’Ajish.

J’aimerais bien revenir un jour pour êcrire…le seul hic est que le réseau WiFi est un peu lent, il est suffisant pour vérifier nos courriels mais pas assez rapide pour accéder à notre blogue. Je n’ai donc pu publier pendant notre visite.

Ajish est une mine de renseignements. Il n’est jamais à court d’idées et il trouve facilement des solutions à tout. Combien de fois il nous a dit: « Vous êtes nos invités » alors que nous le remercions de ses services. Cela semblait si  naturel! C’est lui qui m’a expliqué comment la terre a été récupérée du lac Vembanad pour devenir des rizières et il nous a même amenés voir les vannes qui ont été installées entre Kochi et Kottayam pour assurer de l’eau fraîche aux rizières.

Mis à part le déjeuner, les repas étaient servis sur le bord de l’eau, les deux pieds sur la terre battue, sous les arbres dans un endroit bien aménagé avec des plantes. Nous pouvions commander notre repas au cuisinier et il s’ensuivait une discussion sur l’heure où serait servi le repas. C’était toujours délicieux et surtout servi avec un grand sourire.

 

Nous avons appris que le restaurant appartient à un des oncles de Ajish. C’est un peu une histoire de famille…Nous avons rencontré des gens qui travaillent très fort pour gagner leur vie. Ils ont tout fait pour assurer notre confort. Nous garderons d’eux un excellent souvenir et si nous revenons dans la région nous n’hésiterons pas à retourner à leur hôtel, un petit coin de paradis tenu par des gens charmants.

 

Les rizières de Kumarakom

Les rizières de Kumarakom et des alentours sont situées plus bas que le niveau de la mer, un phénomène unique dit-on. En lisant cela, j’ai tout simplement cru que c’était dû à une formation naturelle.La nature nous joue parfois de ces tours…Mais  non! Pas du tout.

Le vaste réseau des canaux des backwaters est bien dû à des fantaisies de la nature mais l’accès à la terre pour les rizières ne l’est pas! C’est Ajish Varghese, notre hôte au Backwater Breeze qui m’a expliqué comment l’homme est intervenu il y a de cela plusieurs centaines d’années pour développer plus de terres de culture pour la population. Un grand projet a ceinturé et divisé les abords du grand lac Vembanad en petites sections pour en retirer l’eau afin d’avoir accès aux terres jusqu’alors inondées. J’imagine que la profondeur de l’eau n’était pas si grande pour que le projet fonctionne!

Aujourd’hui, lorsque nous nous promenons sur les canaux, le niveau de l’eau sur lequel nous navigons est surélevé de plusieurs mètres au dessus des rizières. Un jour en passant en bateau nous avons eu la chance de voir comment les eaux des rizières sont retirées avant les plantations.

Cela donne un paysage magnifique! Les canaux sont bordés de petits sentiers ou de routes justes assez larges pour laisser passer une petite voiture. Une rangée de cocotiers et de petites maisons séparent les champs de riz et les canaux alors qu’une clairière inattendue nous laisse entrevoir de magnifiques étendues vertes où travaillent plusieurs personnes souvent sous un soleil ardent.

Un jour alors que je faisais remarquer à Ajish que les eaux des canaux sont tellement plus propres que celles de Cochin, il m’a expliqué que les autorités de la région ont installė des cloisons sous certains ponts de la région pour empêcher les eaux de la mer d’entrer dans les backwaters des environs. Les rizières sont alors assurées d’un apport d’eau fraîche qui provient de la pluie ou du lac Vembanad. Dans le cas où une sécheresse se ferait sentir, il suffirait d’ouvrir les vannes pour irriguer le tout!

Pour moi, les rizières de la région de Kumarakom et de Kottayam sont parmi  les plus belles que je n’ai vu jusqu’ici!

Une ballade en bateau

À Kumarakom, nous allions le découvrir, les habitants vivent à même la nature. La lessive, la vaisselle et souvent les ablutions se font dans le canal près d’un petit escalier aménagé à cet effet.Une agréable ballade en petit bateau nous a permis de découvrir les environs mais aussi de participer à la vie de ce village.

À toutes les heures de la journée nous pouvons apercevoir des personnes qui marchent dans un petit sentier qui longe les canaux. Une femme qui se promène avec une charge sur la tête, d’autres qui font la jasette, un homme qui réajuste son dothi en marchant et des étudiants qui reviennent de l’école.


Les canaux servent aussi de moyens de transport de toutes les sortes. Pour le bonheur des touristes bien sûr mais aussi pour transporter du bois, de la boue enlevée du canal, des légumes et même des briques. Parfois les embarquations sont tellement chargées qu’elles dépassent à peine de quelques pouces le niveau de l’eau!

Quelques petits ponts permettent de traverser d’une rive à l’autre et à certains endroits  de petites barques assurent le passage aux résidents du coin. Nous avons même vu des hommes installer leur moto sur l’une de ces embarquations! Il y avait même deux motos côté à côte! L’histoire ne dit pas comment s’est terminée l’aventure…

Au fil d’un détour, un pêcheur lance son filet, un autre pêche à la ligne installé juste devant sa maison. Les abords des canaux sont très vivants à toute heure du jour.

En fin d’après-midi,nous avons vu une maman traverser le canal dans une petite barque de bois pour aller chercher ses enfants sur l’autre rive alors qu’ils revenaient de l’école. Ici, les enfants ne traversent pas les rues, ils traversent les canaux.

Pour terminer notre douce ballade, un magnifique coucher de soleil nous a fait ses salutations au dessus du lac Vembanad, tout près. Merci la vie…

 

 

Kumarakom

Robert et moi cherchions un endroit tranquille pour nous reposer quelques jours et visiter les backwaters quand mes recherches m’ont menée à un petit village appelé Kumarakom. Ce village, situé sur la rive du lac Vembanad, est  un point de départ pour les backwaters et j’ai lu que sa population est conscientisée sur la protection de l’environnement. Cela nous plaisait bien car le Kerala est un peu victime du succès de ses  backwaters. Les houseboats se sont multipliés depuis plusieurs années et la pollution s’est accrue, nous cherchons à y contribuer le moins possible.

La région de Kumarakom a servi d’inspiration à Arundhati Roy pour son roman « Le Dieu des petits riens » un best-seller international qui a gagné The Booker Prize Citation en 1997. Je désirais ardemment découvrir cet univers d’autant plus que je venais de trouver le livre à la Biennale de Kochi après l’avoir vainement cherché au Québec.

C’est avec beaucoup de curiosité que nous avons pris le train à Kochi pour un trajet de deux heures à travers les rizières. Négocier un rickshaw a été un peu compliqué à Kottoyam car notre gîte ne semblait pas très connu. Les chauffeurs se sont consulté entre eux et après une discussion très animée en malayalam, l’un d’eux a téléphoné au Backwater Breeze  pour avoir des indications pour se rendre. C’est donc avec un grand sourire que notre conducteur nous a invités à prendre place dans son rickshaw pour le 30 minutes de route qui devait nous amener jusqu’à Kumarakom. Ajish, notre hôte, nous attendait en moto à la croisée d’un chemin pour guider le chauffeur du rickshaw sur la route étroite qui longe les canaux. Heureusement car nous avions l’impression de nous rendre au bout du monde! Derrière les palmiers nous pouvions deviner les champs de riz puis être surpris au prochain détour de la route par la vue d’un houseboat accosté sur le bord du canal. Le soleil de l’après-midi tapait fort et le paysage semblait endormi dans la moiteur de l’heure la plus chaude de la journée.

Émerveillés nous avons dėcouvert notre gîte, juste en avant d’un canal, une odeur de fleur parfumée flottant dans l’air. Nous étions au paradis…